BOUES ROUGES : GESTION DES DÉCHETS – LA PROBLÉMATIQUE.

19 Avr

La pollution des consciences a été déclarée d’Utilité Publique le 04/01/1966.

Les habitants de Bouc Bel Air découvrent-ils l’existence de la décharge, pourtant en service depuis le début du siècle passé ?

Les autorités étaient engagées depuis 1996 après la signature de la Convention de Barcelone et après avoir souscrit des engagements précis : ne plus rejeter en mer de déchets solides au 01/01/2016.

Ce délai n’était-il pas suffisant pour imposer par l’Etat la construction d’un sarcophage béton, la mise en œuvre des meilleures techniques d’arrosage elles seront réalisées dans l’année soit trois ans après l’enquête publique.

Faute de ces réalisations immédiates, la fermeture de Mangegarri s’imposait, recevoir 300 000 t. de déchets solides de boues rouges dans de mauvaises conditions ne mettait pas en sécurité les riverains ni la nappe phréatique.

Un choix, le moins coûteux pour combattre l’envolement : le nettoyage.
L’épisode spectaculaire d’envolement de poussières du 08/04/2018 ne doit pas occulter ce qui se passe à chaque instant en mer, dans nos eaux à l’abri des regards, déchets toxiques, nocifs pour les uns, inertes pour les industriels.
Ce qui a là aussi prévalu pour la réalisation de la canalisation, le moindre coût.

Soyons clair et exigeants que ce soit à terre comme en mer, indemniser, réparer les nuisances causées est incontournable par Pechiney et successeurs voir l’Etat.
Le nettoyage est un moindre mal pour l’industriel, les réalités à affronter la fermeture de l’usine de 120 ans et de la décharge en milieu urbanisé se pose, dépollution des sites, démantèlement canalisation, reconversion des emplois.

Quelques rappels :
Lors de l’enquête publique de Septembre 2015, le dossier de présentation apportait quelques éclaircissements encore fallait-il faire l’effort de décrypter.
Le registre des remarques de Bouc Bel Air que l’on peut consulter était bien « maigre ». La décharge ouverte dès 1903 allait être réactivée fortement avec le dépôt annoncé de 170 000 t. an par 8500 camions.
Alors qu’il s’agit depuis de 300 000 t. ce qui est plus vraisemblable (détail si après qui reste à vérifier) le transport depuis l’usine est réalisé par 15 000 camions entre l’usine en passant par le pont de Morandat, les traces rouges sont visibles.
Les déclarations du Maire lors de l’épisode d’envolées de poussières précise de 7000 à 8 000 t. an avant l’arrêt des rejets solides en mer. Ce qui justifie à ses yeux l’absence d’anticipation sur ce qui allait se développer sur sa commune, près de 30 ans d’élu local et 10 années au plus haut niveau à l’Assemblée ne lui ont pas permis de voir clair ? Nous cherchons des explications plausibles.

La lecture du PV n° 00711 du 09/04/2018, déposé par le maire R. Mallié :
– Zone concernée, chemin de Tuileries, Valabre, Toupins et jusqu’à l’école de la Bergerie. (C’est-à-dire dans l’alignement est de la décharge).
– Absences d’actions préventives et de réactions du gestionnaire. (Qui est aussi propriétaire du terrain).
– Equipe municipale de nettoyage à l’école afin de la nettoyer et de limiter les risques sanitaires potentiels.
– Le gestionnaire se doit de limiter la volatilité des poussières par arrosage. On déplore l’absence de toute anticipation en relation avec la météo.

Une action contentieuse sera-t-elle mise en œuvre par la commune ? En l’état ce n’est qu’un arrangement amiable pour le plus grand bien des parties.
Maire de la commune depuis 1989 directement ou indirectement il reconnait « qu’il y a beaucoup à faire ». Un seul accroc en 2002, son inéligibilité pour un an, confirmée par le Conseil d’Etat à savoir : trop de dépenses financées par lui-même. (Source fiche Wikipédia).

Au cours de son mandat de député, questeur en 2012 à la Commission des Finances a milité et obtenu la baisse de la redevance sur l’eau (principe pollueur/payeur) de près de 11 millions €, Loi de Finance rectificatif de 2012.
Ce sujet a fait l’objet d’une question au Gouvernement déposé par le député C. Premat n° 99 755 JO du 11/10/2016 au ministre de l’environnement, malgré les relances aucune réponse des autorités.

Cerise sur le gâteau, la Cour des Comptes dans son rapport 2015, épingle fortement la gestion de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée, l’équité avec le citoyen qui paie sur ses quittances n’a pas été respectée.

Altéo n’a pas pour autant amélioré ses résultats financiers.

Le dossier « Bouc Bel Air, Capitale Française de la Biodiversité 2017 :
Je pensais trouver quelques pistes de réflexions concernant Mangegarri, ce qui me paraissait important dans une démarche de haute qualité intellectuelle et bien rien aucune allusion, quelques précisions via les cartes disponibles :
– PLU 2012 et nouveau PLU, la décharge classée en zone ZNIEFF l’ensemble du massif du Montaiguet zone verte, Espace Boisé Classé (EBC) aucune information concernant les risques et l’avenir.
– Deux filtres presses ont été construits encore récemment et sous quels régimes dans un EBC ? Pour Altéo on signe un permis.

L’absence d’informations aux acquéreurs, étude d’impacts, modélisation de l’envol des poussières, ce que l’on devrait retrouver dans les documents d’urbanisme constitue un manquement grave aux textes.

Les permis de construire pour certains sont récents, la situation connue, des incidents avaient été révélés, des riverains impactés, un recours est pendant.
A l’évidence, la décharge n’a pas fait l’objet d’aménagements et d’investissements suffisants pour garantir une mise en sécurité maximum.

L’aspect médiatique d’un nouvel incident, la recherche du sensationnel ne doit pas faire oublier les réalités, les boues rouges attisent les passions, l’essentiel à retenir aux sources multiples et trop souvent manipulées.

Deux Trusts se partagent 70 % directement, indirectement par participations croisées la filière mondiale de l’aluminium, (usines, technologies, brevets, distribution, recherches scientifiques mis au point de process, engineering) il s’agit de Rockefeller et Rothschild (Rio Tinto Alcan) avant la redistribution des cartes en cours avec comme partenaires les Chinois.

Le groupe et les hommes Rothschild aux petits soins pour Gardanne ?
– G. Pompidou Président, le 04/01/1966 signe la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) autorisant la canalisation sur le domaine public maritime de Cassis. (Ouvrage qui permet les rejets, il menace ruine).

– E. Macron ministre de l’économie et Président,
o Question du député au ministre n° 92454 JO du 19/01/2016 Objet, conditions et modalités d’achats du minerai de bauxite.
 En fonction jusqu’au 31/08/2016, il ne répondra pas.
 Michel Sapin son successeur, répondra le 07/03/2016, une ligne « En raison des règles sur le secret fiscal, il ne peut être répondu sur l’affaire particulière citée par l’auteur »
 Le verrou de Bercy opposé après 15 mois pour la réponse.
o Pour avoir travaillé ces questions avec M. le député C. Premat j’ai donc alerté et relancé notre Président le 17/07/2017 et le 29/11/2017 tout comme M. le ministre Hulot.
 Aucune réponse, lui si prompt à prendre la parole.

L’usine de traitement du minerai de bauxite de Gardanne est sous licence Bayer :
Procédé qui permet d’obtenir des boues rouges pour produire de l’alumine (poudre blanche) destiné à la fabrication de sous-produits et produits de spécialités.
La transformation de l’alumine en aluminium se fait ailleurs (ex Dunkerque).

La Provence, terre de l’alumine dès 1893, proximité des mines de bauxite du Var, charbon, le choix de Gardanne s’imposait, après les fermetures (1970 et 2003).

Quelques chiffres, calibrage de l’usine, production, déchets :
– Importation du minerai de bauxite de Guinée 1 000 000 t. an.
o 4 tonnes de bauxite, 2 tonnes de résidus, 2 tonnes d’alumine.
o La production moyenne d’alumine est de 400/500 000 t. an.
o Par voie de conséquence, la production de déchets idem.
– Depuis le 01/01/1966, l’affolement dans les tonnages de déchets.
o Il était communément admis 30 millions de t en mer.
o Le graphique Altéo du 01/1966 au 31/12/2012 soit 20 millions t.
o En prenant les préconisations de la filière aluminium et 50 % de déchets au 31/12/2017 on obtient en moyenne 400 000 t.an en cumul on dépasse 200 millions de tonnes de boues rouges.

En mer, le dépôt s’étale sur 2500 km 2, sur une longueur de 20 km (carte titane).
– Dès 1992, le ministre M. Barnier au député Tardito précisent :
o Epaisseur 54 cm devant Cassis, 11 cm devant Toulon.
o A moins de 100 m de profondeur les filets et les poissons sont teintés de rouge.
 La fosse de Cassidaigne, sa profondeur 2200 m.
o Les oursins sous quelques décimètres d’eau contiennent des éléments de boues rouges.
o Courant Ligure, Upwelling bruit de fonds sont à l’œuvre, aurait-il été oublié ? Au même titre que les rejets de toutes natures.

OU EN SOMMES NOUS PRECISEMENT EN 2018 ?

A terre, la décharge serait pleine en 2021 à son échéance, elle renferme 5 600 000 de m3 officiellement des tonnages qui cherchent explications.
– La décharge reçoit 300 000 t., ce qui approche les tonnages en mer, l’enquête publique indiquait un flux de 8000 camions chargé à 20 t. soit 160 000 t alors que la réalité c’est 15 000 camions.
– La plateforme, de 23 ha dans un espace plus grand appartient à Altéo. Elle est quasi plane, remblaiement par les déchets de l’usine depuis l’origine 1903 sur 47 m de hauteur, talweg du Vallon d’Encorse et de Mangegarri. Les déchets n’ont pas disparu, actifs pour des siècles.

M. le maire, votre connaissance de ce sujet, vos compétences, votre pratique du haut niveau devrait concrétiser un objectif, le non renouvellement en 2021 à son échéance, de l’autorisation ICPE de la décharge de Mangegarri.

Le dialogue et le bon sens pourrait-il retenir votre attention pour agir ?

Plusieurs communes avoisinantes sont aussi concernées par les poussières de la décharge et de l’usine elle-même., elles devraient avoir leurs mots à dire.

S O M M A I R E.
Union des Calanques Littoral, dossier détaillé mis à l’ordre du jour, Commission de Suivi mer et plénière de l’usine Altéo, pour les séances de mai et juin 2018.

Pechiney et successeurs :
– Un fleuron, 30 000 salariés effacés.
– Cession partielle d’actif de 2012 entre RTA et HIG.
– Certification des comptes sociaux de 2013 à 2016.
o Modalités et conditions achats minerais de bauxite.
o Redevance sur l’eau, pollueur/payeur.
o Contrat d’approvisionnement long terme bauxite avec RTA.
La raffinerie de bauxite :
– Etat des lieux.
– Caractéristique, calibrage, production.
Les conséquences de la raffinerie de bauxite :
– En mer.
o Nocivité, toxicité, dans le Parc National des Calanques.
o Tonnages solides, effluent industriel.
o La canalisation, un ouvrage qui menace ruine.
– A terre, Mangegarri.
o Nocivité, toxicité, quantités.
o Obligations, échéance.
Les recours contentieux, la situation :
– Tribunal administratif de Marseille. Janvier 2016.
– Plainte contre l’Etat Français auprès de la Commission Européenne.
– Action confidentielle pour mémoire.
Conclusions :
– Ouvrir le dialogue, se comprendre pour agir en préservant l’emploi.
– Arrêter le rejet en mer en mettant en place une station d’épuration performante (épuration à 100 %).
– Œuvrer au non renouvellement en 2021 de l’autorisation ICPE de la décharge de Mangegarri.

Michel Mazzoleni
Simiane Collongue le 19/04/2018

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