BOUES ROUGES : LES CONSÉQUENCES DE L’USINE CELA SUFFIT.

10 Avr

Le dimanche 08/04/2018 par vent d’Est une envolée de poussières rouges a envahi les habitations dans un rayon de plus de 500 m.

Récemment, le 27/10/2017 un même phénomène par temps de Mistral. Il en faut pour tout le monde y compris vers mon domicile même léger.
Les riverains et habitations sont violement impacté des évènements répétitifs ce qui est la suite logique du déversement à compter du 01/01/2016 de 300 000 t. an qui sont mis en décharge.
Les rejets en mer avaient un avantage, cacher de la vue les éléments toxiques, les eaux troubles des profondeurs de la fosse de Cassidaigne.
Nos autorités connaissent dans le détail la situation pour les avoir maintes fois alertées sur l’ensemble des risques, santé, environnement, économique, financier.
A terre, en mer cela devient intolérable, radioactivité, nocivité, toxicité, un cocktail pour nos eaux de baignades, nos politiciens nationaux et locaux ….
Le 08/04/2018.

Le 27/10/2017 par Mistral, la proximité des habitations.

Urbaniser ce secteur autour d’une décharge créer en 1906 apparait insensé dès l’instant où cela ne s’est pas accompagné de la fermeture de ce lieu.
Cerise sur le gâteau M. le Maire actuel de Bouc Bel Air lors de son mandat de député déposera un texte rectificatif de la Loi de Finance 2012 réduisant la redevance sur l’eau (principe pollueur/payeur) de 11 millions d’euros.
La Ciotat, la décharge de boues rouges du Mentaure dès l’action de G. Rivoire en concertation avec le maire M. Boré a été très vite arrêté et recouverte de terre.
L’exemple d’un maire soucieux de la protection de sa population.
Ce sujet fera l’objet d’une question écrite du député Premat en janvier 2016 auprès de M. Macron ministre des finances qui ne répondra pas. Son successeur M. Sapin donnera son avis en mars 2017, « secret fiscal » le verrou de Bercy….
Malgré cela, les comptes sociaux ne se sont pas améliorés de 2013 à 2016 soit 56 millions de pertes, une linéarité surprenante. Allez comprendre
Les conditions d’exploitation ont totalement été modifiées conformément à l’Enquête Publique et l’Arrêté du 28/12/2015, les rejets solides à Mangegarri :
– ANSES saisies le 07/05/2015 par la DGPR, la conclusion de l’étude à la signature de M. Marc Montureux :
o « En l’état, l’ANSES conclut que les résultats de la modélisation ne peuvent être considérées comme valide. Cette conclusion vaut de fait également pour la caractérisation des risques sanitaires.
o De manière opportune et au regard des enjeux de santé publique, l’ANSES recommande que l’évaluation liés aux envols de poussières s’intéresse simultanément aux deux sites, géographiquement proches l’un de l’autre, liés à la même activité industrielle, la fabrication d’alumine (déclinée avec plusieurs rubriques ICPE) et conduite par le même exploitant. »
Une étude épidémiologique est en cours.
Pour la radioactivité :
Algade spécialiste en contrôles radiologiques est intervenu, expertise déchets bauxaline, rapport du 15/02/2005 (source Alteo), confirmations :
– En fonction de l’origine (c’est le cas pour la Guinée) le minerai peut contenir des éléments de chaines naturelles de l’uranium et thorium.
– Ce qui détectable indique la présence de radionucléides (un grave danger pour les poumons).
– Des mesures sont imprimées, sans commentaires et comparaisons.
o Les niveaux mesurés sur la bauxaline recouverte de terre végétal (sans indication d’épaisseur) sont semblable à ceux mesurés dans le milieu local naturel
– La conclusion :
o Présence de radio nucléides dans le produit. (Dangerosité).
 Le rayonnement radioactif est secondaire en rapport à l’ingestion par nos voies aériennes de particules fines.
 Radioactivité bauxite de Guinée :
 Thorium 232 soit 529 Bq/kg. Uranium 495 Bq/kg.
o Un calcul sur la durée d’exposition suit afin de démontrer l’absence de risque à partir de laquelle un travailleur est considéré comme exposé aux rayonnements ionisants, le résultat 2380 heures soit 1000 jours ou 4 années consécutives.
Aucun calcul d’impact, pour les riverains qui séjournent en permanence dans ce secteur ainsi que la distance des habitations par rapport à la décharge.
Les avis du BRGM, de l’Association Robin des Bois, nos recherches sur le sujet en l’absence d’études complètes menées par les autorités permettent de préciser :
– Radionucléides avérés dans les poussières, Thorium et Uranium.
– Lagunage sur 50 ha, pollution supplémentaire par la soude et éléments métalliques des ressources aquatiques environnantes, ruissèlement.
– Envols de poussières, vents d’Est et Mistral, des sens inverses.
– Un riverain respirant 2000 h/an un air chargé de 0,1 mg/m3 de poussières de boues rouges est supposé recevoir un impact de 100 mSv/an, scénario publié en 2000 par la Commission Européenne.
– La bauxaline, les livraisons à la décharge d’Entressen ont déclenchées les balises de détection de la radio activité.
– La valeur 0,42 µSv/h c’est beaucoup pour un matériau considéré comme inerte et appelé selon l’industriel (rentabilité) à jouer un rôle de protection en matière de déchets.
En mer, volume déversé depuis 1966, 30 millions de tonnes, 2500 km 2, distances 50 km de longueur sur une langue de 20 km, sa composition par H. Augier.
Les rejets ont toujours été entouré de secrets, une organisation méthodique avec des serviteurs zélés de toutes natures y compris d’un Conseil dits scientifiques.
La radioactivité n’a jamais été abordé par ces spécialités de la recherche de budgets que de vérités scientifiques, l’objectif de ces personnages « concentrer les compétences sur l’inertie maintes fois affirmés des éléments métalliques ».
L’ingestion des radionucléides présents au point de rejet (moins 320 m.) en se mélangeant à l’eau de mer sont captés par la faune marine, se transmettre à la chaine alimentaire (poissons etc.).
Dossier Enquête Publique Tome 1 page 227, les eaux de process ont une activité supérieure à 750 Bq/L. Ce qui n’émeut pas nos autorités constituées.
Par ailleurs, le bruit de fonds (pour les spécialistes) il s’agit des déversements en méditerranée en provenance du Rhône et du courant Ligure qui est de 12 Bq/L.
Tous va bien, baignez vous tranquille, bronzage à Mangegarri, tourisme pour admirer le rouge sur la ville de Gardanne et respiration de l’air ambiant. Une grande tristesse.
Alors que la réalisation d’une usine moderne est réalisable, importer de l’alumine, étudier le procédé 0rbite/ Véolia ce qui condamne le procédé de 120 ans, la licence Bayer.
Guinée, l’extraction du minerai pour que vive Gardanne mérite une attention en matière de désastre écologique, la misère des populations. A méditer.

L’avis scientifique du professeur Henry Augier, président d’UCL.

La vérité sur la nocivité des rejets industriels dans le parc national des calanques
Des boues rouges aux effluents liquides polluants.
L’usine d’alumine de Gardanne a arrêté son rejet de boues rouges dans les calanques le 31 décembre 2015, après 50 ans d’impunité ! A cet effet, elle a mis en place des filtres presses qui donnent deux fractions : une fraction boueuse transformée en « bauxaline » et une fraction liquide. La bauxaline aurait des applications dans le bâtiment et la couverture des routes ; elle rejoint aussi les dépôts à terre qui menacent la santé des riverains.
Ne sachant que faire des effluents liquides, l’industriel Altéo a demandé et obtenu l’autorisation, par arrêté préfectoral du 28 décembre 2015, de les rejeter au même endroit et par la même canalisation défectueuse que les boues rouges, et pour longtemps !
Un sacré cocktail de produits chimiques toxiques !
Comme la bauxaline, selon l’industriel, est dépourvue de polluants, cela signifie que les produits toxiques contenus dans les boues rouges ont été transférés en quasi-totalité dans les eaux qui sortent des filtres presses. La liste de ces substances, donnée par l’industriel et complétée par l’ANSES, est impressionnante, autant que leur pouvoir toxique :
soude (toxique), aluminium (toxique, perturbateur neurologique, perturbateur cellulaire), fer (perturbateur de la reproduction et de la croissance), arsenic (forte toxicité), vanadium (désordres respiratoires, digestifs, sanguins et neurologiques), titane (toxique pour le plancton), molybdène (perturbateur endocrinien), bore (toxique), chrome (toxique), sélénium (toxique), manganèse (toxique), plomb (saturnisme, perturbateur sanguin, dysfonctionnement reins, foie, système nerveux), cuivre (algicide, atteinte à la base des chaînes marines trophiques), zinc (perturbateur photosynthèse et respiration, cancérigène), antimoine (toxique, possibles lésions hépatiques, rénales et cardiaques), cadmium (maladie Itaï, déformation du squelette), étain (ravageur des parc d’aquaculture), uranium (toxique), lithium (effet possible sur la fonction rénale), nickel (toxique, perturbateur du développement larvaire), cobalt (toxique), argent (toxique sur les stades larvaires), mercure (névropathie, paralysie fonctionnelle, destruction des reins) phénols, 16 hydrocarbures aromatiques polycycliques (forte toxicité, dysfonctionnement cellulaire, cancérigènes), 7 polychlorobiphényles (réduisent l’immunité naturelle, cancérigènes), 7 dioxines et 10 furanes (seuil de toxicité très bas, dysfonctionnement hépatique, nerveux, endocrinien, cancérigènes), 6 composés benzéniques (aberrations chromosomiques, cancérigènes), 1 phtalate (possibles effets sur le foie et les reins, le système reproducteur mâle, possible perturbateur endocrinien), 4 alkylphénols (perturbateurs endocriniens) et 2 polybromodiphenyléthers (perturbateurs endocriniens), 3 organoétains (perturbation de la reproduction et du système immunitaire, malformations morphologiques.
Leur utilisation dans les peintures anti-foulings des coques de bateaux a eu des effets dévastateurs sur les parcs d’aquaculture des moules et des huîtres).
Un rejet annuel phénoménal !
L’industriel essaye de minimiser l’impact de ces polluants sur la vie marine en arguant de leurs très faibles concentrations dans l’effluent rejeté en mer.
C’est effectivement ce que montre l’examen des tableaux produits par Altéo. Or il ne s’agit pas de raisonner à partir de ces chiffres qui sont minimisés par la dilution considérable de la fraction liquide sortant des filtres presses, au départ de la canalisation, pour un problème de charge dynamique.
Il faut, au contraire, raisonner sur les quantités réelles déversées en mer ; ce qui ne figure pas dans les rapports et c’est pourtant l’essentiel ! On peut être dans les normes de rejet, mais condamnable par les quantités rejetées. C’est le cas d’Altéo.
Cependant les calculs sont rendus difficiles car il n’est pas précisé à quel volume d’eau s’appliquent les taux des différents polluants, ni dans le rapport préfectoral, ni dans celui de la DREAL. Dans le rapport d’Altéo, il est seulement indiqué « suivi des rejets ». Il parait alors légitime de prendre en compte le débit de 270 m3/heure.
Sur cette base et sauf avis contraire, sachant qu’un m3 est égal à 1000 litres, on peut dire que le débit horaire est 1000 x 270 = 270.000 litres. La quantité d’eau polluée journalière s’élève donc à 270.000 litres x 24 (heures) = 6.480.000 litres.

Le rejet annuel devient phénoménal : 6.480.000 litres x 360 (jours) = 2.332.800.000 litres.

Les quantités de polluants sont alors les suivantes :

. Aluminium : 192 mg/l x 2.332.800.000 = 447.897.600.000 mg = 447.897 kg arrondis à 448 tonnes.
. DCO : 139 mg/l x 2.332.800.000 = 324.325.920.000 mg = 324.325 kg arrondis à 324 tonnes.
. DBO5 : 48 mg/l x 2.332.800.000 = 111.974.400.000 mg = 111.974 kg arrondis à 111 tonnes.
. MEST : 3,8 mg/l x 2.332.800.000 = 8.864.640.000 mg = 8864 kg.
. Arsenic : 0,0055 mg x 2.332.800.000 = 128.304.000 mg = 128,3 kg.
. Vanadium : 0,37 mg x 2.332.800.000 = 863.136.000 mg = 863 kg.
. Mercure : 0,0005 mg x 2.332.800.000 = 116.640 mg = 116 kg.

Il faudrait encore multiplier ces chiffres par 6 pour la durée de 6 ans ; on aurait ainsi pour l’aluminium : 448 t x 6 = 2888 tonnes ! Une bagatelle !
Amplification et aggravation de l’impact des polluants sur la vie marine.
Phénomènes de cumul.
La plupart des polluants sont peu ou pas biodégradables et sont donc quasi indestructibles. C’est le cas de tous les métaux et de l’arsenic (car ce sont des éléments) et même d’autres produits comme les redoutables PCB.
Aussi ces poisons ne vont pas cesser de s’accumuler par addition continue dans le temps, proportionnellement au volume du débit horaire (270 m3/h). Cet aspect n’est pas pris en compte !
Concentration le long des chaines alimentaires.

La majorité des investigations sur la pollution de la mer en France, ne prennent pas en compte un phénomène important d’aggravation de la toxicité, celui de la concentration le long des chaines alimentaires et des réseaux trophiques.

A chaque passage d’un maillon à l’autre la concentration du produit augmente. Ainsi un polluant peut se trouver à l’état de trace dans l’eau de mer et à des concentrations de plus en plus élevées depuis le phytoplancton jusqu’aux gros poissons, en passant par le zooplancton, les petits poissons et les moyens poissons.

C’est ce phénomène qui est à l’origine de la mort et de la paralysie par névropathie des pêcheurs japonais de Minamata ayant consommé du thon contaminé par du mercure rejeté par une usine de production d’acétylène. Cet aspect n’est pas pris en compte !

Addition des charges polluantes.

Le rejet industriel d’Altéo n’est pas isolé. Il s’ajoute à la pollution de la Méditerranée (« bruit de fond »), à l’apport du fleuve Huveaune détourné dans les calanques et aux rejets urbains massifs, insuffisamment traités, de l’agglomération marseillaise.
Ainsi les poissons analysés par l’ANSES sont contaminés dans la zone d’influence du rejet, mais également dans la zone témoin ! La somme de ces apports peut s’avérer suffisante pour faire franchir des seuils de toxicité irréversibles pour la flore et la faune marines. Cet aspect n’est pas pris en compte !
Sensibilité particulière des formes juvéniles, interruption des cycles de vie.
Les seuils de toxicité sont essentiellement estimés pour les organismes adultes. On néglige ainsi les stades juvéniles de très nombreuses espèces, dont le seuil de toxicité est beaucoup plus bas. Il s’agit des œufs, spores, larves, alevins, etc.
La mort par intoxication de ces formes juvéniles tronque le cycle de vie et raréfie les populations adultes. C’est ainsi qu’on explique, en partie, la raréfaction des populations d’oursins par la mort des larves « plutéus », beaucoup plus sensibles à la pollution que les adultes.
Or le cycle de vie de la plupart des espèces marines, y compris les poissons et les organismes du plancton, comporte, au début de leur existence, un tel stade d’extrême sensibilité à la pollution. Cet aspect n’est pas pris en compte !

Des conditions aggravantes de pollution par la nature de l’effluent.
Les boues rouges avaient une densité supérieure à l’eau de mer, ce qui explique leur écoulement dans le canyon de Cassidaigne jusque vers les grands fonds.
Par contre, la fraction liquide, qui a remplacé ces boues, a une densité plus faible que l’eau de mer. Ces eaux ont donc tendance à remonter vers la surface et à être dispersées par les vents et les courants sur l’ensemble de la partie marine du parc et au-delà. Cet aspect n’est pas pris en compte !
Une situation incompatible avec le droit national et les conventions signées par la France.
Cette situation est inadmissible, intolérable, scandaleuse et incompatible avec la loi qui régit les Parcs Nationaux, le droit européen, la loi littorale, le code de l’environnement et les Conventions internationales signée par la France (Barcelone, Syracuse, Athènes, etc.).

Seule solution : donner un sursis de 2 ans pour que l’usine s’équipe d’une station d’épuration avec pour objectif : pollution zéro, arrêt total du rejet, recyclage des eaux redevenues propres.

Nous sommes à l’ère de l’illogisme le plus flagrant. Créer un espace ultra protégé par son statut de Parc National, et, à l’opposé, autoriser de les empoisonner au seul profit d’un industriel peu lesté de scrupules, à l’usine finissante, avec la bénédiction des autorités locales et nationales !

On ne peut tolérer que les Calanques soient le seul Parc National au monde discrédité par un permis de polluer et de tuer le vie marine.

Marseille le 21 juin 2017.

Professeur Henry Augier
Président d’Union Calanques Littoral

Nota : Précisions concernant le rejet liquide de 270 m3/heure.

Effluent industriel chargé en éléments polluants : 130 m3/heure.

Ajout eau brute du Canal de Provence, 2, 4 millions de m3 an. 140 m3/heure.
Eau destinée à l’irrigation, utile en cas de sècheresse, chargée de PCB,
station d’épuration, traitements phytosanitaires agricoles.

Pourquoi 270 m3/h, une obligation mécanique, maintenir une pression (chasse d’eau) pour l’utilisation de la canalisation un ouvrage qui menace ruine. En deçà de ce débit des risques de rupture sont mis en évidence.

Commission de Suivi Préfectoral pour Altéo
Michel Mazzoleni a été désigné par le Conseil d’Administration pour représenter l’Union des Calanques Littoral.
Les informations via l’Echo des Calanques, une nouveauté pour certain le blog actif 78 contributions « la loupe de Simiane Collongue » exclusif boues rouges.
UCL, 20 ans fédèrent 42 Associations, près de 4000 adhérents. Notre force.

Simiane Collongue le 10/04/2018. Michel Mazzoleni (UCL)

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