BOUES ROUGES : RENAÎTRE OU DISPARAÎTRE – L’AVENIR DE LA BAUXITE.

14 Mar

Le 15/03/2018, Altéo dévoilera à la presse et au public, sa solution, « unique au monde » après 3 années de recherches en laboratoire et 6 millions d’euros d’investissements pour continuer à exploiter dans ses alumineries sa licence Bayer sans déchets toxiques.
Orbite (Canada) a développé son process opérationnel incompatible avec le Bayer (annexe jointe), la filière aluminium mondialisée est en pleine mutation.
Un petit oubli dans la présentation, aides publiques de l’Agence de l’eau pour 2 460 136 soit 40 % versées à Altéo suivant la Commission des aides du 25/10/2017, rapport n° 40 19192 pour une station de traitement d’effluents liquides par neutralisation au CO2.
Le coût prévisionnel (100 %) lors de la demande 6 703 540 € avec les appréciations :
– Taux d’abattement visé de 98 % sur l’aluminium.
– En revanche aucun abattement ne sera généré par la futur station sur la pollution oxydable dissoute, qui nécessitera quant à elle la mise en œuvre ultérieurement d’une filière de traitement spécifique plus adaptée.
L’Union des Calanques Littoral, Commission de Suivi mer du 17/11/2017, l’intervention suivant compte rendu de séance par son président le professeur H. Augier, présent à cette séance j’ai confirmé :
« Pour obtenir des résultats, il faut donner les moyens de réaliser une station d’épuration efficace et obtenir l’aide de l’Etat à cette fin «
Aucun élément d’information à notre disposition permettait d’anticiper, notre position responsable, professionnelle, constructive dans le monde associatif est unique, nous connaissons les difficultés, nous combattons mensonges et manipulation.
Un avis positif du député F.M. Lambert présent ce qui est plutôt rare à notre égard.
Questions (Augier) en état de la prise de connaissance de la méthode qui sera dévoiler :
– Métaux enlever, combien en reste-t-il dans le rejet, quantités gr. kg. t.
– Métaux retirés, se retrouverons-t-il dans la partie boueuse, bauxaline.
– Suppression aussi une partie des autres polluants ou leur totalité.
– Si le procédé permet d’éliminer tous les poisons, alors c’est une bonne nouvelle et on peut supprimer les rejets en mer.
– La méthode est elle aussi performante sur l’ensemble de la charge polluante.
– Il serait scandaleux que la toxicité des dépôts à terre soit augmentée d’autant au détriment de la santé des riverains.
Quelques éléments d’appréciations :
HIG/Alteo
Pechiney/Alcan/Rio Tinto.
Exercices sociaux 2012/2016 2004/2011
Pertes cumulées 56 195 958,67 58 900 000,00
Pertes estimées 2017 14 000 000,00 néant.
Redevance eau. 55 000 000,00(non payé) 17 000 000,00 (payé)
Performance pertes 125 000 000, 00 (6 exc.) 58 900 000,00 (8 exc.)

Cette récapitulation, une démonstration significative de l’octroi de faveurs avec le paiement de la redevance sur l’eau pollueur/payeur) il aurait fallu recapitaliser.
Les capitaux propres d’origine à fin 2017 seront totalement consommé.
Le chiffre d’affaires est constant autour de 205 millions d’euros, une PME qui se prend pour une multinationale à qui on ne refuse rien dont 78 % à l’exportation et 100 % de pollution made in France, l’alumine fourni est de qualité certes mais Altéo n’est pas fabricant d’appareils de technologies modernes ce que l’on tente de suggérer.
La structure du compte d’exploitation est représentée :
80 % par les achats :
– Contrat d’approvisionnement à long terme par le fournisseur exclusif, exploitant minier en Guinée, Rio Tinto Alcan.
– Halco mining et CBG sont les entreprises propriétaires de ces mines, le siège social est le paradis fiscal du Delaware.
o Depuis 1963 l’état Guinéen possède 49 % et le consortium 51 % à l’origine se trouvait Pechiney, Rio Tinto Alcan est associé.
o Les exportations du minerai représentent 20 millions de t. an avec des réserves pour 3 siècles sur la concession de Boké.
o Jouer sur le prix d’achat permet une optimisation, des royalties.
Les salaires et charges 10 %.
La question au Gouvernement du député Premat en janvier 2016 auprès de M. Macron trouve toute sa pertinence : conditions et modalités d’achats du minerai de bauxite ? Restée sans réponse. En mars 2017, M. Sapin opposera en une ligne ce que l’on appelle le verrou fiscal de Bercy qui fait débats actuellement, secret fiscal, c’est plus facile.

Gardanne son avenir ses handicaps au sein de la filière mondialisée de l’aluminium.
Sa taille, capacité de production dont les 3 usines vendues au 01/01/2017 soit 1 000 000 de t. pour 500 000 t. d’alumine et 300 000 t. de déchets à terre et 270 m3 d’effluent dont 140 m3 d’eau propre du canal de Provence afin d’assurer la pression du tuyau.
Une production pour Gardanne seule compromettrait irrémédiablement son avenir avec 500 000 t. de minerai, une usine calibrée pour fonctionner avec le double.
L’implantation d’aluminerie, au plus près des mines le marché d’usines clés en mains, et fourniture du minerai, évite des surcoûts logistiques sur 50 % du tonnage, des conditions d’exploitation favorables, salariés, environnement moins regardant.
Rio Tinto Alcan, incontournable après les différents Monopoly, sa stratégie et ses décisions pour Gardanne arrivent à leurs termes :
– L’organisation et les méthodes retenues lors de la cession partielle d’actif de juin 2012, de fait s’apparente à une opération de portage avec HIG/Altéo.
o La consultation des documents, notarié, traité d’apports, certification des comptes sociaux, des engagements réciproques plus qu’ambiguë.
– Mise au point process industriel, un marketing vendeur se met en place.
– Propriété des brevets et licence Bayer.
– Vente du minerai à un tarif imposé, Gardanne seule n’a pas la capacité de peser et présente peu d’intérêts par son volume.
– Le sort de Gardanne est probablement scellé, reste à fixer le calendrier, par le seul décideur.
Les pertes comptables abyssales sans aucune perspective d’améliorations, en l’état actuel qu’elle type d’investisseur pourrait s’intéresser à l’usine.
Gardanne était déjà condamnée dès 2012 son utilité pour le siège de Montréal, mise au point du process en exploitation industrielle, obtenir des aides publiques, des méthodes de communication pour se hâter lentement et pour berner les autorités ce qui serait grave y compris pour la sauvegarde de l’emploi.
Le fonds d’investissements, HIG management d’Altéo serait-il un piètre gestionnaire ?
Certainement pas mais l’application scrupuleuses de directives du vendeur Rio Tinto Alcan, la mission de 2012, Altéo a reçu 32 millions de $ sur 4 ans, échéance 2016.
Pechiney et successeurs, un historique de 120 ans qui agrège, complexité, technicité du dossier, industriel, scientifique, financier, économique mis en musique au fil des années par une armée de spécialistes, avocats, fiscalistes afin d’optimiser par tous moyens les stratégies et objectifs de groupes mondialisés tout en creusant les déficits en France.
La politique de l’entre soi la règle, on achète on vend un véritable Monopoly, un seul objectif ne pas rendre responsable le dernier possédant des dégâts environnementaux.
Les règles de prudence comptable inexistante, concernant l’environnement aucune provision n’est constituée pour démantèlement, d’investissements de dépollution, des pertes abyssales devraient alerter les autorités aucun contrôle sévère de l’Etat.
Des professionnels de la gestion financière ne s’embarrasse pas d’un outil en manque de rentabilité sauf pour de bonnes raisons.
La « carambouille » politique de 2012 concernant la redevance sur l’eau, le maire de Bouc Bel Air pourrait utilement éclairer les citoyens de sa commune concernant sa décharge qui existe depuis 1906, privilège pour les riverains il a été permis de construire autour.
Le groupe Pechiney a été nationalisé en 1981, privatisé en 1995, il est impensable que nos hauts fonctionnaires n’est pas connaissance de ses arrangements d’autant plus que dès la livraison en 1974, Pechiney possédait 10 % ainsi que Rio Tinto dans les mines.
Redevance sur l’eau, R. Mallié maire de Bouc Bel Air n’ignore rien de la situation il était à la manœuvre à l’Assemblée Nationale comme questeur pour porter la Loi de Finances rectificative de 2012 qui permettra à Altéo d’obtenir une diminution de la redevance sur l’eau de 11 millions € par an sur un total de 13.
– Question au gouvernement du député C Premat du 11/10/2016 n° 99 755
o Aucune réponse.
– Rapport de la Cour des Comptes 2015 qui épinglera l’artifice mais rien ne sera modifié, mieux la Loi de Finance 2018 exonéra totalement Altéo pour le million restant.
Nota : les engagements notariés prévoyaient un paiement de la redevance au maximum de 3,5 millions d’euros sinon l’usine fermerait (dixit). Il a été donné plus que satisfaction.
Ce qui est annoncé :
– Technologie, injection de CO 2 dans les eaux résiduelles (270 m3/h dont 140 m3 du canal soit 3 millions de m3 afin d’assurer la pression dans le tuyau.
– Objectif, diminuer la concentration des métaux ce qui constitue actuellement et depuis 50 ans la source de pollutions.
o Le taux d’abattement annoncé par l’usine soit 99,95 % de matières solides et de plus de 99 % le rejet des métaux.
o Il s’agit de la première phase à plusieurs inconnues.
– Reste à mettre en œuvre, la seconde et une troisième, il faudra attendre les résultats de la phase 1 qui devra être entièrement définie.
Apparemment nous ne sommes pas dans une technologie aboutie et maitrisé.
Les aides publiques :
– Filtres presses (3) cout 27 millions soit 50 % 14
– Economie redevance sur l’eau 11 M. sur 5 ans 55
– Recherches et développement total 6,3 soit 50 % 3
– Construction unité de traitement CO2 2,6
Aides publique directs et indirects estimé de 75 millions €.
Quelques chiffres, la gestion de l’Agence de l’eau, redevances, aides.
Sources, déclarations d’Altéo, Enquête publique de 2015, statistiques de 2006 à 2015 :
– Investissements entreprise 33 millions €
– Aides publiques 15 millions €.
– Paiement redevance 19 millions €. (Altéo 2 millions).
Bilan pour l’Agence de l’eau, sachant que pour 2018 la redevance à payer sera zéro.
Soit : 4 millions de recettes.
Bilan pour l’entreprise, période 2006/2015, investissements en net 37 M/€.
Soit : redevance 19 – Investissements 33 – Aides publiques 15.
Pour Altéo seul : redevance 2 – investissements 33 – Aides publiques 15. Net 20 millions.
Alertes autorités, auprès du Président Macron, M. Hulot, Préfet, Tribunal Administratif de Marseille.
Commission Européenne, décision en Avril 2018 suite à notre plainte du 11/01/2017.
L’avenir :
Les réalités d’une stratégie, d’un démantèlement planifié à moindre coûts, laissant en place à la charge de la collectivité les restes d’un passé industriel de l’alumine autour de Marseille très visible de nos jours, les décharges de boues rouges sont restées en l’état.
Je ne pourrais pas croire que les autorités, devenues philanthropes, n’ont rien vu venir tout en finançant massivement par des aides publiques et l’octroi de faveurs.
L’Etat serait-il un piètre gestionnaire de l’argent public, doublé de laxisme au regard de la protection de l’environnement et de la santé humaine.
Clairement, Altéo joue la montre en se hâtant avec une lenteur calculée pour tester les différentes hypothèses bien évidemment en donnant le change en fonction d’un business plan et un calendrier défini par Rio Tinto Alcan.
Le site de Gardanne un cumul d’handicaps depuis la fermeture des mines du Var et l’importation à partir de 1974 du minerai de Guinée, les principaux :
– Un manque de rentabilité chronique.
o HIG de 2012 à 2017 (estimé) Pertes cumulées 70 millions €.
o Pechiney/successeurs de 2004 à 2011, perte de 57 millions €.
– L’origine des déficits les modalités d’achats du minerai.
o Cout logistique, fret maritime, fer depuis Fos.
o Nébuleuse conditions d’achats de la bauxite en Guinée.
– L’optimisation fiscale, financière une tentation sur ce marché tourmenté.
– Une facturation export de 80 % ouvre la porte à des tentations d’optimisation.
– Les coûts de maintenance d’une usine vétuste, de la canalisation, d’obligations environnementales même allégées.
– L’orientation du marché, l’implantation d’alumineries au plus près des mines.
– La faible capacité de production de l’usine calibrer pour traiter 1 million de tonnes de minerai ce qui ne correspond plus aux standards de la profession, sans aucune possibilité d’extension et de modernisation.
– L’attente de près de 30 ans pour étudier la toxicité et nocivité des rejets.
– L’Agence de l’Eau, ses fiches pour déterminer les aides publiques sont éloquentes et permettent de souligner quelques déficiences dans le système de contrôle des services de l’Etat. Ci-dessus les chiffres, redevance, aides.
o Pechiney et successeurs en payant comme tout le monde la redevance à taux plein aurait consenti bien avant des efforts pour tendre vers zéro pollution.
o En ligne de mire une fermeture économique inéluctable.
o L’industriel a été protégé, rapport Cour des Comptes 2015.
o Des résultats financiers mauvais malgré le non-paiement au taux initial de la redevance en application du principe pollueur/payeur et ce depuis 2012, acté par de sombres arrangements politiques à l’Assemblée Nationale.
– Les dépassements des normes suite aux contrôles inopinés sont-ils accidentels ou le fruit de mensonges ce qui serait très grave.
Le communiqué de presse d’UCL de ce jour, l’usine d’alumine de Gardanne en mauvaise posture face au procédé ORBITE, la fin de la licence d’exploitation du Bayer ?
– Modifications de l’usine improbable, ou création nouvelle unité.
– Une concurrence avec l’annonce de ce jour d’une neutralisation par CO 2.
o Pourquoi ne pas faire des essais à Mangegarri avec Orbite ?
o Qui prendrait en charge le coût de dépollution dans la mesure où ce procédé fait la démonstration de son efficacité ?
Les moyens de production de Rio Tinto Alcan via la licence du Bayer y compris dans ses alumineries (Vaudreuil, etc.) ne permettent pas le transfert via le procédé Orbite.
Une mutualisation de la recherche étant délicate, chacun tente de démontrer son avance technologique prépondérante pour les marchés à venir en développement.
Pour Gardanne, Orbite c’est impossible, le modèle économique actuel désastreux sans possibilité de redressement en l’état l’usine n’offre qu’une visibilité très restreinte, la neutralisation partielle par CO 2 arrive trop tard mais elle devrait avoir de l’avenir.
L’intérêt majeur pour Rio Tinto, prouver à ses futurs clients, que les rejets toxiques sont du passé, Gardanne aura permis de passer d’une phase laboratoire à une exploitation industrielle tout autant que fonctionne la neutralisation par C0 2.
Bilan, des brevets propriété de Rio Tinto Alcan le seul patrimoine ayant de la valeur, l’exploitation Altéo et le fonds de commerce ne peuvent être valoriser que pour zéro à priori, l’entreprise pourrait-elle faire face à ses obligations le moment venu ?
Le blog : La Loupe de Simiane Collongue vous permet de suivre l’ensemble des questions soulevées au cours de recherches et investigations à partir de documents factuels.
L’Union des Calanques Littoral, son dernier journal à la signature du professeur d’Etat Henry Augier « l’usine de Gardanne en mauvaise posture face à Orbite. Alumine sans déchet, environnement sans boue rouge : Renaitre ou disparaitre.
Je vous remercie pour votre attention.

Simiane Collongue le 14/03/2018. Michel Mazzoleni (partenaire UCL).

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