BOUES ROUGES : L’AVENIR DE L’USINE DE BAUXITE A GARDANNE ?

18 Mai

Salins de Giraud 1850, la naissance de ce qui deviendra Pechiney. Une multinationale française, forte de 30 000 salariés qui tombera en quasi faillite, ses restes revendus en 2003, depuis une suite de successeurs, les effets d’un Monopoly industriel mondialisé.

Les différentes périodes, nationalisation en 1981 et privatisation en 1995 ont amené des lots de déceptions et de satisfactions en termes économiques, de renommé et de savoir-faire. Dont acte.

La finance sans visage a pris le pouvoir en conservant les équipes en place, ce qui ne trompe personne, des décisions à venir irréversibles mais prévisibles le seul danger pour l’emploi la rapacité de la finance qui n’hésite pas à exercer un chantage.

Cinq années d’une délégation de gestion délivrée à HIG Miami par Rio Tinto :

  • Confirmation d’un désastre économique, des pertes chroniques.
  • L’inaction, refus d’études pour l’émergence d’une nouvelle unité dès 2012.
  • La recomposition de la filière aluminium mondiale impose des choix urgents.
  • Le démantèlement de l’ex mini groupe, la vente de 3 usines à Imerys.
    • Gardanne fournit 400 000 t. d’alumine est-ce pérenniser ? Durée ?
  • La mise au point de « pilotes de traitement » en essais et pas encore opérationnelle en phase de traitement industriel.
    • Les brevets sont et seront propriété de Rio Tinto.

L’aide bienveillante de l’Etat, l’obtention d’un Arrêté de continuation des rejets en mer, les opposants n’ont pas été entendus, l’absence d’expertises indépendantes un handicap dans le cadre des procédures auprès du Tribunal Administratif de Marseille.

Qui sera capable de s’engager sérieusement :

  • Garantie de l’emploi local sur le long terme, reconversion, restructuration.
  • Assumer financièrement les conséquences potentielles de l’effet des métaux lourds sur la santé humaine et l’environnement contenus de façon indiscutables, les normes étant le sujet de controverse, dans les déchets, solides ou liquide en mer comme à terre ainsi que pour les poussières.

Retour en arrière et actualités :

Mai 2012, Le maire de Gardanne et le secrétaire du comité d’entreprise de Rio Tinto  s’exprimant dans un article du journal municipal Energie n° 374 du  25/04/2012  annonçaient  la vente de l’usine à HIG Européan Parterns en s’interrogeant sur l’avenir ainsi les syndicats dès l’annonce de la qualité du repreneur  s’alarmaient et à juste titre.

            « Accompagner le développement de l’entreprise notamment sur les alumines de spécialités à forte valeur ajoutée, le développement des efforts de recherche et développement et le renforcement de la compétitivité. C’est un projet qui n’a pas d’objectifs de restructuration ou de diminution des effectifs.

            Lors du Comité d’entreprise du 04/04/2012, ils ont présenté leur projet, ils sont là pour quatre à six ans en moyenne, puis ils revendent l’entreprise et c’est là qu’ils font leur bénéfice.

            Ils veulent développer les alumines de spécialités, le problème c’est que nous sommes soumis au marché, avec des cycles. On risque donc la mise en faillite si ça ne marche pas aussi bien que souhaité. Aujourd’hui nous n’avons aucune garantie sur rien, ainsi s’exprimait M. Christian Merono porte-parole de l’intersyndicale. »

Le projet de reprise sur 5 ans n’est pas viable rapport SECAFI de juillet 2012 pour le compte du Comité d’entreprises.

L’avis des syndicats après les grèves du 11/06/2012 :

« Ils arrivent les mains vides, pas un euro dans la boîte – les travailleurs à la porte des négociations – la durée de vie du FCPR de 5 à 7 ans – le géant minier veut s’en débarrasser à moindre frais – un plan social envisagé par Rio Tinto etc.. « 

Le député sortant était à l’unisson. La propagande avait pris le relais pour la suite.

2017, un silence assourdissant, aucun avis syndical ne sort de l’enceinte de l’usine et pourtant tous savent, destinataires des comptes sociaux porteurs d’incertitudes.

De mon point de vue le grave danger pour la survie de l’usine n’est pas la bataille pour la défense de l’environnement, mais la rentabilité de l’usine et le terme du mandat du gestionnaire provisoire HIG remplacement prévu par qui comment, conditions ?

Les réalités de ces 5 années, voir les précisions, les publications sur le blog :

  • Réorganisation en cours de la filière mondiale de l’aluminium.
  • Obligations de production en Guinée d’alumine.
  • 60 millions de pertes directes des surcoûts logistiques, énergies.
  • 60 millions d’aides en ne payant pas les justes tarifs. (voir le blog).
  • Le terme de la dime payé par Rio Tinto soit 32 millions de $  en 4 ans, échéance fin 2016.

Fidèle à ses principes de gestion, le fonds HIG de Miami a retiré 50 % de sa mise en revendant (Arc et Alufin ) aux 01/01/2017, à titre de précaution ?

Face à une situation intenable : Que pèsera Gardanne seule ?

A ce stade, on ne parle pas encore des coûts de dépollution, démantèlement, Altéo de par ses engagements contractuels n’est pas responsable des problèmes environnementaux alors qui payent. Le citoyen ? Les intervenants passés et présents organisent une forme d’insolvabilité.

Informer des réalités financières mon obligation avec peut être un manque  dans un dossier complexe, pour y voir clair, l’accès aux documents légaux et officiels que chacun a la possibilité de se procurer avec un peu de travail.

Ne pas retrouver des familles dans de grandes difficultés sur le chemin de la précarité, en cause un modèle économique désastreux d’une filière corruptive et qui a prospéré dans l’indifférence générale sans que l’on se préoccupe de solutions de remplacement.

L’acte notarié du 31/07/2012 régularisé en novembre 2015 apporte de nombreuses précisions et engagements contractuelles entre Rio Tinto l’apparent vendeur et le fonds d’investissements de Miami propriétaire et associé unique.

Il est réclamé aux autorités, le contrôle des faits qui ont été exposé sous forme de questions écrites au gouvernement par le député Premat.

Une réponse laconique après 15 mois et en une ligne « secret fiscal ». Il n’y a rien à voir pour l’Etat, ce qui n’empêche pas des investigations même secrètes.

Des conflits d’intérêts chroniques marquent la vie de cette filière y compris la corruption, la bauxite, la Guinée l’eldorado qui fait saliver et rend fou la finance.

L’actualité de la recomposition de la filière, les publications du blog :

  • Symposium des Mines Guinée 2017, du 09/05/2017 au 11/05/2017, le Président Alpha Condé a décidé la mise en œuvre de différentes réformes du secteur minier afin de conserver le fruit de la valeur ajoutée en Guinée, première réserves mondiales. La déclaration  :

« Nous ne souhaitons pas seulement que la Guinée soit fournisseurs de matières premières. Nous souhaitons que les matières premières soient transformées sur place et que tous ceux qui exploitent la bauxite en Guinée soient obligés de construire une usine d’alumine car nous ne pouvons pas être seulement fournisseurs de bauxite sans aucune plus-value. »

L’application des recommandations du rapport remis le 11/04/2017 au palais de l’Elysée  lors de la visite du président Condé, en présence du président Hollande et Mme Royal pour la réforme du Code minier par les professeurs d’économie français  de Boissieu et  Geoffron auteurs du rapport  « Recommandations pour une valorisation équitable et soutenable de la bauxite guinéenne ».

Le constat des auteurs, la confirmation explicitée dans mes contributions :

  • Aucune maitrise des prix des matières premières, les cours sont fixés à Londres, Washington ou à Montréal.
  • La Guinée un scandale géologique.
  • L’absolu nécessité de développer les infrastructures.
  • Le mode d’exploitation des ressources sauvages, la corruption.
  • Le secteur des mines un moyen de transformation aux profits des autres secteurs de l’économie nationale.

https://www.guinee360.com/11/05/2017/alpha-conde-mines-levier-developpement/

Pechiney dès 1960 avait construit son usine d’alumine à Fria afin d’alimenter ses usines en France ce qui n’a jamais fonctionné pour Gardanne, le choix des rejets en mer par la canalisation des déchets « une monstruosité polluante ou pas «.

http://www.africaguinee.com/articles/2017/05/13/ahmed-kante-ce-qu-il-faut-pour-booster-l-investissement-dans-le-secteur-minier

L’avis (voir le lien) de M. Ahmed Kanté, qui dirige la société guinéenne du patrimoine minier (SOGUIPAMI) recense pour partie les actions en cours.

Gardanne, un modèle économique désastreux et non compétitif malgré un savoir-faire. Il est regrettable qu’il n’est pas été mis à profit depuis au moins 2012 à l’avènement de la gestion HIG, l’étude et proposition, reconversion du site.

Le constat, Gardanne est inadapté, coût logistique, éloignement du port, en ville, une décharge sans sarcophage, importation  minerai de bauxite, procédé Bayer.

La création d’une usine à Fos d’intérêt national voir Européen :

  • Importation d’alumine, aucune conséquence boues rouges et rejets.-
  • Production de super alliage (aluminium, tantale, coltan..) un marché à grande valeur ajouté pour l’aéronautique, automobiles, défense nationale, industrie de l’électronique, des emplois en France.
  • Ce qui permettrait de passer les 20 % actuel destiné au marché intérieur, un développement dans des proportions considérables.
  • Unité de recyclage des déchets aluminium.

Faute d’engager rapidement les études indispensables pour une prise de décision les perspectives à venir ne peuvent qu’engager au pessimisme avec une probabilité de se retrouver sous la protection du Tribunal de Commerce.

  • Qui se considérera responsable de la précarité des familles pour ne pas avoir ouvert les yeux ?
  • L’Etat pour ne pas su accompagner et imposer une stratégie.
  • Les élus locaux pour s’arque bouter sur une production exclusif Gardanne, leurs responsabilités avoir fermé les yeux sans bouger malgré les alertes, la pire des politiques pour les travailleurs.

Le fonds d’investissements, c’était dit sera présent pour 5 ans. Nous y sommes.

Il parait inconcevable que les propriétaires  concernant des événements stratégiques, n’est pas au travers de leur « Business Plan » à long terme anticipé.

L’absence de  provisions des coûts  de dépollution et de démantèlement de l’outil  dans les comptes sociaux interpellent.

Rappel historique, le volet pollutions :

La suspicion continue de régner ou comment dans les profondeurs à l’abri des regards l’on noie le « poison rouge »

Empoisonnement, contamination de la vie marine d’un Parc National, n’entraine aucun sursaut de lucidité pour nos décideurs. Les effets à long terme tout comme l’huile remonteront en surface, responsables mais pas coupables, leurs refrains.

Une certitude, suivant le dossier d’enquête publique, la présence de 41 métaux dits lourds à effets toxiques connus se retrouvent dans les résidus et déchets :

Aluminium- fer- vanadium- titane- arsenic- chrome- sélénium- manganèse- plomb- cuivre- zinc- cadmium- étain- uranium- lithium- nickel- cobalt- mercure – thallium- Vous remarquerez des métaux radioactifs dans ce cocktail.

Les fameuses normes, fluctuantes tous comme les expertises publiées ne tiennent pas compte des effets cumulatifs liés à notre mode de vie et d’alimentation.

Les analyses des poissons sur les muscles non compris  les viscères et le cerveau lieu de l’organisme où se concentrent les métaux toxiques de plus aucune  connaissance des conditions de conservation après les prélèvements en mer, on perd très facilement l’ADN. Le poisson pressé est déconseillé c’est évident.

Ces études ont conduit à ne pas prendre de décision de fermeture, c’est le choix des autorités. D’autant plus que les opposants n’ont pas réalisé d’expertise judicaire  afin de contester ou confirmer les résultats des services de l’Etat.

Même l’emploi dans la région PACA ne convient pas et ne sont pas acceptable aux élus de Gardanne ils prennent le risque de tous perdre. Ils ne veulent pas croire à l’incapacité de continuer à produire localement et durablement.

Quelques chiffres et faits :

  • Altéo, une PME de 211 millions de chiffre d’affaires dont 80 % à l’exportation.
  • Elle se prend  pour une multinationale, l’épopée Pechiney est terminée.-
  • Le citoyen doit-il fermer les yeux face aux puissants de la filière aluminium.
  • Ils n’ont pas d’amis mais des intérêts à préserver ? Règle n° 1 pour ce milieu avide de dividendes.-
  • Une filière, mines, usines, produits finis qui appartenait pour 70 % à deux trusts Rockefeller et Rothschild (Rio Tinto, Rusal, Glencore etc.) à laquelle s’ajoute l’hégémonie récente de la Chine.
  • Des montages sophistiqués, optimisés sous formes de participations directes ou indirectes, en pleine restructuration avec l’arrivée massive et persuasive des « chinois ».

Les effets cumulatifs, l’implosion du marché,  les objectifs de gestion par HIG et de son équipe ne sécurisent pas l’avenir de Gardanne :

  • Des résultats financiers désastreux, depuis 2013 soit 60 millions € de pertes.
  • Risques sur l’emploi faute de projets de reconversion élaborés.
  • Echéance des autorisations et dérogations aux normes pour 2018 et 2021.
  • Recours auprès du Tribunal administratif de Marseille, pour fin 2017.
  • Saisine de la Commission Européenne, plainte contre l’Etat Français.
  • Les conséquences de la vente de 3 usines sur quatre au 01/01/2017.
  • Réduction de 50 % du capital, retrait d’une partie de la mise de fonds initiale le fruit de l’opération de cession d’usines rentables.
  • Les questions au gouvernement concernant les modalités d’achat du minerai ne sont toujours pas tirer au clair. Le secret fiscal a été imposé par l’Etat.
  • Dans ces conditions une information auprès du Parquet National Financier aurait toute sa pertinence pour y voir clair.

Les modalités, conditions de la cession partielle d’actif de mai 2012 par Rio Tinto au Fonds Communs de placements à risques dénommé HIG Capital France associé unique et propriétaire de la nouvelle raison sociale Alteo laissent apparaitre vraisemblablement une opération sophistiquée de « portage » initiée par le vendeur :

  • RT n’a jamais caché sa volonté de désengagement de France afin de ne pas supporter les coûts de démantèlement et de réhabilitation des sites.
  • Un paiement sur 4 ans par le vendeur de 32 millions de dollars.
  • Aucune responsabilité environnementale avec l’accord du gouvernement.
  • Propriétés des brevets environ 800 à Rio Tinto et non pas Altéo.
  • Limitation de la redevance sur l’eau à 3,5 millions, sinon fermeture, paiement effectif depuis la loi de finance 2012, moins de 2 millions € au lieu de 13 millions € auparavant, le constat de la Cour des Comptes.

En temps utile se posera la question du remboursement des aides publiques directes et indirectes soit sur 5 ans  près de 50 millions € une estimation.

Le contrôle des comptes sociaux par l’administration fiscale  une nécessité absolue.

Le FCPR et ses investisseurs continueront-il à perdre  leurs fonds sans se rembourser ?

Une usine qui n’a rien coûté (1 €) autre que le financement des stocks (bauxite, soude,) ou bien quittera-t-il Gardanne brutalement sans avoir dépollué tout en ayant organisé son insolvabilité ? Récemment un député sortant annonçait lors d’une Garden party dans ma commune que cela couterait au citoyen 1 milliards d’euros.

Rien ne se fait ou ce défait dans ce marché sans ces groupes. Monopoly industriel hors de contrôle. Alors Gardanne qu’elle intérêt stratégique ?

Que peut faire le citoyen afin qu’une partie de la vérité émerge :

  • Saisir le Tribunal Administratif de Marseille. Fait.
  • Saisir la Commission Européenne. Fait.
  • Participer au Comité de Suivi mis en place par le Préfet. Fait.
  • Reste le signalement qui trouve sa pertinence auprès du Parquet National Financier. La reprise des questions reprises en communs avec le député C. Premat, modalités et conditions d’achats du minerai, factures exports.
  • Les autorités nouvellement élues avec Nicolas Hulot auront à décider.

Les candidats aux  législatives dans la 10 éme du 13, se doivent de prendre position, ce blog la référence afin d’appréhender les problématiques.

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