BOUES ROUGES : L’USINE PROIE OU VICTIME DU MODÈLE CHINOIS ? QUE PÈSE GARDANNE ?

3 Mai

Une petite PME de 211 millions de chiffre d’affaires dont 80 % à l’exportation et qui se prend encore pour une multinationale, l’épopée Pechiney est terminée, un groupe de 30 000 emplois, tombé en quasi faillite. Le résultat de nos brillants cerveaux… Alors …

Pollueur probablement, payeur certainement pas, les données économiques sanctionnent les réalités d’une gestion désastreuse à l’inverse des avis dits scientifiques ou les mystères des profondeurs règnent en maître de la pensée unique. Toxique ou inerte ?

Pour les autorités tout est sous contrôle sauf que les études épidémiologiques à Gardanne et environs ne sont pas complètes, elles posent toujours questions.

Les associations ont été dans l’impossibilité de financer des expertises indépendantes permettant de s’opposer aux rapports à géométrie variable des organismes d’Etat (ANSES, BRGM, DREAL etc.) bien utile à l’habillage politique des décisions.

Boues rouges, la marque made in Provence mondialement reconnue :

– 30 millions de tonnes  tapissent la baie de Cassis/La Ciotat.

– Décharge, 5 millions de m3 plus 300 000 t. par an depuis le 01/01/2017.

Le citoyen doit-il fermer les yeux face aux puissants de la filière aluminium qui n’ont pas d’amis mais des intérêts à préserver ? Règle n° 1 pour ce milieu avide de dividendes.

Une filière, mines, usines, produits finis qui appartenait pour  70 % à deux trusts Rockefeller et Rothschild (Rio Tinto, Rusal, Glencore etc.) via des montages sophistiqués, optimisés sous formes de  participations directes ou indirectes est en pleine restructuration avec l’arrivée massive et persuasive des « chinois ».

L’actualité devient réalité, les rapports d’importances et récents rendus publiques :

  • Le 11/04/2017, remis à Paris lors de la visite du président Condé, en présence du président Hollande et Mme Royal, réception à l’Elysée voir vidéo, par les professeurs d’économie français Christian de Boissieu et Patrice Geoffron auteurs du rapport « Recommandations pour une valorisation équitable et soutenable de la bauxite guinéenne ». A consulter…
  • Avril 2016, Inventaire des services de la République de Guinée :
    • Etude stratégique environnementale et sociale (ESES), réforme du secteur minier. Rapport final de 435 pages.
    • Initiative Transparence des Industries Extractives (ITIE), réformes du Code Minier, environnement et lutte contre la corruption en Guinée.
  • Mars 2016, prix de transfert du minerai de bauxite, études NRGI.

Le contenu des contributions depuis 2 ans abordaient ces questionnements, le retournement de la situation qui se joue en Guinée, le rôle de la Chine, le choix  produire de l’alumine localement ou exporter le minerai, pour plus de détail se reporter au blog.

Les effets cumulatifs, l’implosion du marché,  les objectifs de gestion par HIG et de son équipe ne sécurisent pas l’avenir de Gardanne :

  • Des résultats financiers désastreux, depuis 2013 soit 60 millions € de pertes.
  • Risques sur l’emploi faute de projets de reconversion élaborés.
  • Echéance des autorisations et dérogations aux normes pour 2018 et 2021.
  • Recours auprès du Tribunal administratif de Marseille, pour fin 2017.
  • Saisine de la Commission Européenne, plainte contre l’Etat Français.
  • Les conséquences de la vente de 3 usines sur quatre au 01/01/2017.
  • Réduction de 50 % du capital, retrait d’une partie de la mise de fonds initiale le fruit de l’opération de cession d’usines rentables.
  • Les questions au gouvernement concernant les modalités d’achat du minerai ne sont toujours pas tirer au clair. Le secret fiscal a été imposé par l’Etat.
  • Dans ces conditions une information auprès du Parquet National Financier aurait toute sa pertinence.

Les modalités, conditions de la cession partielle d’actif de mai 2012 par Rio Tinto au Fonds Communs de placements à risques dénommé HIG Capital France associé unique et propriétaire de la nouvelle raison sociale Alteo laissent apparaitre vraisemblablement une opération sophistiquée de « portage » initiée par le vendeur :

  • RT n’a jamais caché sa volonté de désengagement de France afin de ne pas supporter les coûts de démantèlement et de réhabilitation des sites.
  • Un paiement sur 4 ans par le vendeur de 32 millions de dollars.
  • Aucune responsabilité environnementale avec l’accord du gouvernement.
  • Propriétés des brevets environ 800 à Rio Tinto et non pas Altéo.
  • Limitation de la redevance sur l’eau à 3,5 millions, sinon fermeture, paiement effectif depuis la loi de finance 2012, moins de 2 millions € au lieu de 13 millions € auparavant, le constat de la Cour des Comptes.
  • Reconduction de l’équipe dirigeante de Rio Tinto.
  • Une durée d’investissement prévue de 4 à 5 ans par le FCPR.
  • Une reprise considérée comme non viable par SECAFI remis en 2012 aux syndicats vents debout aujourd’hui publiquement silencieux.
  • La cascade sociétale, Holding, AS Management, Altéo Arc et Alufin ces trois dernières usines sur les 4 vendues au 01/01/2017 à Imerys.

En temps utile se posera la question du remboursement des aides publiques directes et indirectes soit sur 5 ans  près de 50 millions € une estimation.

Le contrôle des comptes sociaux par l’administration fiscale  une nécessité absolue.

L’urgence, bouger l’Etat, élus, décideurs, industriels » pour réfléchir à un projet français voir Européen de reconversion du site ce qui passe par la création d’une unité moderne en PACA, le choix de l’importation d’alumine au lieu du minerai associé à la collecte d’aluminium un métal indéfiniment recyclable.

Ne pas retrouver des familles dans de grandes difficultés sur le chemin de la précarité, en cause un modèle économique désastreux d’une filière corruptive et qui a prospéré dans l’indifférence générale sans que l’on se préoccupe de solutions de remplacement.

Le FCPR et ses investisseurs continueront-il à perdre  leurs fonds sans se rembourser ? Une usine qui n’a rien coûté autre que le financement des stocks (bauxite, soude,) ou bien quittera-t-il Gardanne brutalement sans avoir dépollué tout en ayant organisé son insolvabilité ? Rien ne se fait ou ce défait dans ce marché aux mains de ces groupes.

Un Monopoly industriel hors de contrôle. Alors Gardanne qu’elle intérêt stratégique réel ? – La valeur de l’usine, ce qui est valorisable :

  • Les brevets passés et nouveaux (Rio Tinto et non pas Altéo).
  • Le savoir-faire de qualité des ouvriers, alumines techniques.
  • La valeur des terrains, centre-ville usine démantelée, dépolluée.
  • L’ensemble restant représente une  non-valeur au tarif de la ferraille mais un cout à la charge de l’industriel ?

Données de la raffinerie du minerai de bauxite de Gardanne face au modèle chinois

Production :

Le plan de l’usine a été calibré pour obtenir 530 000 tonnes d’alumine à partir de 2014 pour cela il est nécessaire de traiter 1 million de tonnes environ  de minerai ce qui correspond aux statistiques d’importation de la douane.

En deçà de ce seuil se pose la question de son maintien en activité.

  • 530 000 tonnes d’alumine (poudre blanche).
    • 400 000 t. 3 usines vendues à Imerys le 01/01/2017.
    • 130 000 t. pour les alumines de spécialités entrant dans les technologies de pointe y compris parait-il de défense nationale.
      • 80 % de la production à l’exportation.
    • 300 000 tonnes de résidus solides « déchets boues rouges « élément variable en fonction de la composition du minerai, des procédés de filtration mis en décharge en totalité depuis le 01/01/2016.
    • 100 000 tonnes rejets en mer par 3 millions de m3 d’eau pour séparer des résidus solides, obtention d’une liqueur depuis le 01/01/2016.

La production et la fourniture d’alumine pour les usines cédées à Imerys sera-t-elle maintenu et pour combien d’années ?

Emplois :

  • 386 directs annonce lors de l’enquête publique.
  • 250 indirects estimations variables suivant les publications.

L’abandon du « rouge « raffinage du minerai de bauxite par le procédé Bayer représente 2/3 des emplois de Gardanne soit 250 environ.

Economie circulaire, la commercialisation des déchets solides sous la marque Bauxaline est très timide, un échec avéré ?

Décharge de Mangegarri saturation prévue en 2021, 5 millions de m3, depuis le 01/01/2016, 300 000 t. par 8000 camions an (enquête publique). Résurgence eau.

Energie, Eau, 3 millions de m3 an (puits de l’ARC/SCP), Gaz, 1 térawattheure (TWh) soit la consommation de 75 000 foyers. Distorsion prix du gaz au sud de plus 20 % avec le nord de la France.  Négociation alignement tarifaire en 2014 (Ramé).

Cogénération, la signature annoncée en 2016 d’un contrat de 12 ans entre ENGIE/ALTEO, a-t-il été concrétisé, les travaux réalisés, la caution mis en place ?

  • Les enjeux atmosphériques :
    • Dioxyde d’azote (N0²) Rio Tinto a obtenu une dérogation provisoire et renouvelable à échéance de 2018.
    • Particules fines, poussières en suspension (PM 10 et 2,5)

Impossibilité d’obtenir les statistiques locales, cancers et autres pathologies.

L’avenir.

La direction est condamnée à décider de la continuité de l’activité et dans qu’elles conditions où demander la protection du Tribunal de Commerce d’Aix en Provence.

Le deuxième semestre 2017 après les élections la période propices aux annonces ?

 

L’hégémonie de la Chine, la fragilité actuelle, les  évidences  de Gardanne.

Réserve géologique :

  • 25 milliards de tonne de bauxite sur terre dont 30 % pour la Guinée.
  • 129 années de réserves d’une ressource non renouvelable.

Les opérateurs, modalités et conditions d’achats du minerai  :

Le détail des accords particuliers de prix conclus n’est pas rendu public, le secret.

  • Commun à tous les opérateurs.
    • Absence d’un prix de transfert équitable et harmonisé.
  • Les autorités, en France connaissent les mécanismes.
    • La réponse de mars 2017 à la question du député Premat « secret fiscal » transparence et éthique un langage inconnu.

Le caractère abusif et arrangé des tarifs est avéré lorsque l’on compare aux statistiques des douanes françaises. Les parties sont liés inévitablement elles  cherchent à fausser l’impôt en Guinée comme en France dont elles sont redevables.

La comptabilité « créative » pour le versement des royalties issues du paiement de la facturation vers le Delaware ajoute aux troubles ce qui mérite investigations.

Une technique qui a cours, minimiser les tonnages extraits afin de payer le moins de taxes. De plus elles sont différentes suivant les concessionnaires et leur puissance difficilement comparable ramenée à la tonne.

Les prix du minerai obéissent à des formules complexes, évolution du cours de l’aluminium, de l’alumine et de la variation des coûts de production.

  • Négociés à l’avance par des contrats à long terme avalisés par leurs propriétaires suite à intégration verticale.
  • La répercussion des hausses est faible.
  • Le prix de la bauxite diminue depuis 1990 suite restructuration régime fiscal et diversification des sources auprès des pays exportateurs.

Création usines, production, les adaptations de la Guinée. :

La prise de conscience des autorités locales a permis la réalisation :

  • Au nombre de Huit pour 24 milliards de € d’investissements.
  • Production annuelle de minerai 61 millions de tonnes en 2024 à comparer aux 17 millions de tonnes actuelles.
  • Entre 16 et 20 millions de tonnes d’alumine dès 2017.

Objectif, devenir un acteur majeur sur le marché mondial après la fermeture des marchés export de minerai en 2014 par l’Indonésie et la Malaisie qui ont décidé de transformer sur place le minerai.

Ce qui a été constaté, les confirmations.

Un rapport très critique sur la surexploitation de bauxite par Pékin souligne la dépendance aigue du pays, risques graves, corruption face à la présence chinoise qui détient 1/3 des réserves mondiales, matière première indispensable à la filière aluminium et dont la chine est le premier consommateur mondial et aussi le premier exportateur de produits finis issus de son industrie.

La stratégie chinoise consiste à surexploiter les ressources sans investir dans le développement ce qui soulève des soupçons de corruption concernant la signature des contrats au-delà des questions d’ordre politique jusqu’à importer leur propres ouvriers.

Le marché final de la bauxite est en chine à 56 % pour la transformation en alumine sur le territoire chinois, le phénomène s’accentue avec la fermeture des exportations de l’Indonésie en 2014 et de la Malaisie en 2016 du minerai.

Quelques exemples, Mars 2015, premier accord de china Hongquiao group pour sécuriser les approvisionnements, investissements de 200 millions de $ pour extraire 10 millions de t. SMB crée en 2014, partenaires 2 entreprises chinoises, une guinéenne et l’Etat ainsi que d’autres accords que l’on retrouve en détail dans le rapport.

Cette situation s’accompagne par des privilèges donnés à de gros volumes au détriment des investisseurs plus petits avec des process responsables ne leurs permettent pas de postuler malgré l’engagement mines durables pris à la COP 21.

Globalement la production pourrait s’élever à 42 millions de tonnes d’alumine en 2020.

Les recommandations et actualités :

Une dépendance excessive, il y a lieu de construire des usines d’extraction d’alumine, meilleur valeur ajoutée,  créer des emplois pour une population vivant sous le seuil de pauvreté avec moins de 1 $ par jour, la chine ayant fait le choix d’importer le minerai.

Des usines au plus près des mines afin de minimiser les coûts logistiques, salariaux, les énergies disponibles (chutes eau pour l’électricité) création port, voie ferrée, aides aux populations, formation professionnelle etc.

Le retournement vers la production d’alumine est engagé, confirmé en Guinée.

Demeure l’incapacité à contrôler les quantités de minerais extraites ce qui sert de base de calcul au paiement des redevances payés à l’Etat par les compagnies minières, dans ces conditions les statistiques et comparaison par opérateurs sont obsolètes, une refonte du code minier, transparence, Cop 21 à mettre en œuvre.

L’enrichissement des uns sur la santé des autres, la corruption un phénomène universel, passe droits, népotisme, jalousie, trafic d’influence, la triste réalité.

Il est attendu un doublement de la demande soit 80 millions de tonnes (plus 6,7 %) notamment pour l’industrie, les turbines électrique, allégement des voitures et poids lourds, urbanisation en Asie et substitution du cuivre dans les câbles etc..

Les opérateurs, modalités, incompatibilité, prix de transfert :

Le détail des accords particuliers de prix conclus n’est pas rendu public, le secret.

  1. Commun à tous les opérateurs.
    • Absence d’un prix de transfert équitable dans un pays de 10 millions d’habitants, revenu 1 € jour pour près de 50 %.
  2. Les autorités y compris en France connaissent les mécanismes.
    • La réponse de mars 2017 à la question du député Premat « secret fiscal » transparence et éthique un langage inconnu mais aides publiques les bienvenus sans éthique pas d’aides ?

Le caractère abusif et arrangé des tarifs est avéré, des parties sont liés au capital des entreprises, cherchent à fausser l’impôt à payer dont elles sont redevables, une technique qui a cours, minimiser les tonnages extraits afin de pallier les tarifs exiger en fonction de la puissance du concessionnaire minier.

La comptabilité « créative » pour le versement des royalties issues du paiement de la facturation vers le Delaware ajoute aux troubles ce qui mériterait investigations ?

Les prix du minerai obéissent à des formules complexes, évolution du cours de l’aluminium, de l’alumine et de la variation des coûts de production.

  • Négociés à l’avance par des contrats à long terme avalisés par leurs propriétaires, à la faveur de leur intégration verticale.
  • La répercussion des hausses est faible.

Le prix de la bauxite diminue depuis 1990 suite restructuration régime fiscal et diversification des sources auprès des pays exportateurs.

Face à ces enjeux que représente l’usine de Gardanne ? Cela mérite explications.

Recours contre l’Arrêté préfectoral du 28/12/2015 et ses dérogations.

 Tribunal Administratif Marseille.

26/01/2016, UCL et 4 associations. Mémoire en défense du préfet 06/02/2017.

Commission Européenne Bruxelles.

11/01/2017, Plainte contre l’Etat Français par 3 particuliers et UCL.

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