BOUES ROUGES : L’AVENIR -CREATION-RECONVERSION DE L’USINE.

22 Fév

 CRÉATION D’UNE USINE MODERNE ? IMPORTATION D’ALUMINES ? ABANDON DU ROUGE  OU LA GUINEE   RECONVERSION DU SITE UN ACTE INCONTOURNABLE ?

Plus une société s’éloigne de la vérité, plus elle hait ceux qui la disent. (G. Orwel).

Une vérité n’est pas difficile à tuer, alors qu’un mensonge bien présenté est immortel (M. Twain).

« L’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie de mon opinion, afin de ne pas tomber dans la fausse précision, ma ligne d’indépendance et du droit de savoir par la recherche des faits.

La certitude de ne pas avoir toujours raison, je partage mes convictions avec l’esprit ferme sans l’avoir rigide le fruit de mes investigations.

L’appétit de la preuve malgré la complexité du dossier me permet d’apporter aux lecteurs un regard différent, la population étant systématiquement et ouvertement induite en erreur. «  par de grands professionnels de la finance.

La période électorale passée, les autorités élues imposeront telle la prise en charge par l’industriel de ses propres conséquences d’exploitation, des coûts aujourd’hui « cadeaux » comme la redevance sur l’eau, TGAP, les taxes de décharges.. :

  • HIG Paris/Miami, avec leur donneur d’ordre probable Rio Tinto Alcan se trouve dans l’obligation de réfléchir et décider du sort de l’usine.
  • Son modèle économique, les coûts, santé et environnement, un manque de rentabilité n’engage pas les financiers à continuer l’expérience et ce après la vente de 3 usines en janvier 2017. Gardanne restant seule.
  • Maintenir des emplois, passe par la création d’une usine nouvelle afin de conserver savoir-faire et indépendance industriel dans un cadre national.
  • Une industrie européenne créatrice de matières premières entrant dans les nouvelles technologies de pointes une necessité.
  • Avec la recomposition du marché de la filière aluminium les sujets ne manquent pas, les choix à venir irréversibles, il ne s’agit plus de manipuler les résultats dits scientifiques pour s’en sortir, la sanction qui en résulte est d’ordre comptable la rentabilité de l’usine.

Les « gros soucis » des dirigeants, l’actualité :

  • Les comptes sociaux sous gestion HIG de janvier 2013 à fin 2017 :
    • Pertes cumulées de 60 millions €.
    • Le capital social d’origine consommé mis en place pour financer les stocks de bauxite et de soude etc,  la valorisation de l’usine ayant été considérée pour zéro lors des apports de 2012.
    • Une recapitalisation quand et par qui ?
    • Redevance eau, volontairement limité à moins de 2 millions € an au lieu des 13 millions initiaux. Maximum acceptable 3,5 millions sinon l’usine fermera, acte notarié du 31/07/2012 (dixit).
    • TGAP, la taxe gérée par les douanes de Nice, le dossier de réponse a été transmis à la hiérarchie. Problèmes en cours ?
    • Coût de décharge, gratuité, au sens du courrier de M. Barnier de 1993, à l’époque l’estimation était de 10 millions de francs que ne pouvait déjà pas payer l’industriel.
    • Le niveau des provisions pour démantèlement et réhabilitation des sites, estimations dérisoires, rapports commissaires aux comptes.
    • Maintien de l’emploi incompatibilité avec des pertes.
    • Les coûts de production pour 70 %, l’achat du minerai rendu Fos, transport SCNF, énergie, eau, soude etc. les salaires représentant 10 %. Dans ces conditions aucune marge de manœuvre possible.
    • Un investisseur financier, des membres inconnus pourra-il attendre les dividendes ? Si oui pourquoi, comment ?

 

  • Les questions pertinentes posées au gouvernement par le député Premat, l’absence de réponse pour ne pas saisir les services d’enquêtes fiscaux.
    • Pas très compliqué de «  lire le lieu » de paiement de la facture de CBG, les missions de la DGI et des commissaires aux comptes ?
    • Modalités et conditions d’achats du minerai en Guinée auprès de CBG le fournisseur exclusif, siège social dans le paradis fiscal du Delaware (USA). Différence entre les prix de marché et la déclaration douane CAF (Fos) l’écart l’objet de la demande.
    • Demande d’éclaircissements de la facturation export soit 80 % du chiffre d’affaires annuel de 211 millions €.
    • La création d’une commission d’enquête parlementaire sur les aides publiques et avantages consenties à Altéo.
  1. Valls, sa position autoritaire et sans concertation a bloqué la situation tout comme son successeur qui a botté en touche lors d’un courrier récent.

Extraction du minerai de bauxite en Guinée pour que Gardanne vive.

La COP 22 au Maroc, la Guinée a présenté les réalités sans concession sur la nécessaire prise en compte des menaces écologiques de ce secteur et comment sortir le pays de la pauvreté, le paradoxe des ressources disponibles colossales, un pillage organisé met la population à l’écart.

Un vaste sujet, imposer des règles claires ne doit pas être un projet académique de colloque mais un engagement formel des parties à rendre plus juste et équilibré l’exploitation des richesses Guinéennes.

Des conditions d’exploitations dramatiques, extraction y compris sauvage et qu’elle qu’en soit les conséquences humaines et environnementales constituent un grave risque qui se déroule dans l’indifférence.

Le marché aujourd’hui en expansion se tourne vers l’implantation d’usine au plus près des mines, Pechiney avait anticipé dès 1960 avec son usine d’alumine de Fria après de nombreuses vicissitudes revendue par la suite ont amené à sa fermeture en 2012, reprise par Rusal et maintenant  opérationnelle. Meilleurs coûts de production et multiples raisons « financières ».

Il apparait impératif que Gardanne se doit de se reconvertir par la création d’une usine moderne ce qui est tout à fait possible, le seule argument de défense de l’emploi ne suffira plus face aux objectifs de « la finance sans visage ».

En France on ne pollue pas mais en Guinée l’usine polluerait, l’argument des défenseurs de Gardanne, un énorme aveu.

Pillage des ressources, 1 er pays producteur et réserves mondiales, exsangue, corruption,  prédateurs, un manque à gagner colossale pour les Guinéens.

Classé au 9 éme rang des pays les plus pauvres avec moins de 1 $ jour pour vivre.

Comment s’étonner de la volonté à émigrer en France de ces populations qui ont accédé à l’indépendance envers la France en 1958 après avoir combattu et laissé en 1914 36 000 morts et en 1939 18 000. Des centres d’hébergement un avenir ?

Alors que chez eux, un travail sur place est réalisable en partage de production.

Les réalités Guinéenne,  Est-ce tolérable ? Pour que Gardanne vive avec son cortège de nuisances qui ne satisfont que les élus locaux et les autorités ?

Le personnel connait le sursis depuis 2012 avec comme propriétaire et associé unique un Fonds Communs de Placements à Risques (FCPR) Hig capital France.

Quelques pistes de l’économie de la filière aluminium, un marché très structuré (voir les contributions sur ce blog).

  • La Chine le premier producteur d’aluminium malgré l’interdiction d’exporter le minerai pris par :
    • L’Indonésie et la Malaisie,
    • La Guinée a ouvert ses mines, le constat de  graves atteintes à  l’environnement, à la santé humaine.
    • Des populations n’ayant qu’un $ jour pour survivre pendant que les richesses naturelles sont pillés avec l’extraction du minerai.
    • Le marché spot se situe autour de 55 $ la tonne alors que les contrats d’approvisionnements, longue durée entre 20/30 ans chez le fournisseur quasi exclusif CBG le prix serait de 20/25 $.
    • A l’origine et afin d’assurer l’écoulement de la production du minerai, Pechiney et Rio Tinto actionnaires et détenteur de % du capital était une obligation.
    • Un manque à gagner sur 1 millions de tonnes importées de 30 000 000 $ parait à terme improbable.
    • Après la vente de 3 usines à Imerys, le fournisseur exclusif auprès du groupe acheteur d’Altéo Arc et Alufin sera bien Gardanne ?
    • Le marché des lots d’alumine, à des prix plus que compétitifs sont présents sur le marché, pourquoi payer plus cher ?
    • La production de Gardanne, ses tarifs apparaissent hors marché et constituaient en interne une  subvention pour les 3 usines.

Le savoir-faire  une qualité reconnue, un marché de pointe en forte demande mais en tonnage limité pour un C.A. global de 211 millions €, hypothèse arrêt de la fourniture d’alumine au 3 usines vendues il sera de 150 millions € une petite PME.

Les études en cours afin de tenter de respecter les normes dérogatoires à partir de prototypes de filtration dissimulent aussi vraisemblablement un vaste chantier de mise au point de brevets, de technologies exportables.

Le futur des usines clés en mains, maintenance, un marché lucratif qui s’ouvre chez les pays producteurs de minerai de bauxite. Rio Tinto a conservé en 2012 cette propriété intellectuelle qu’il est nécessaire de valoriser en remplacement de la vétuste usine actuelle qui n’a pas d’autre valeur que le prix de la ferraille.

Par contre démantèlement et réhabilitation qui paiera, Altéo d’après les actes, notarié, certification des comptes, rapport des commissaires aux apports l’entreprise ne devraient supporter aucune responsabilité environnementale. Qui ?

Une décision qui parait incontournable, bâtir une usine en PACA à partir de technologies modernes, pérenniser l’emploi est à ce prix et cela est possible.

Un manque d’études épidémiologiques autour de l’usine et de la décharge, une omerta entretenue par les autorités.

Le rapport FOS EPSEAL de janvier 2017, financé par l’ANSES et le CNRS sur les pollutions industrielles du golf de Fos, un rappel cruel aux réalités, on meurt plus que partout en France de cancers, de diabète, d’asthme : https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/3282/files/2017/01/FOS-EPSEAL-ANSES-16-1-2017-logo-red.pdf

Une enquête épidémiologique incomplète, confirmée par les auteurs eux-mêmes pour la décharge de Mangegarri  (Marsactu février).

A Gardanne, les effets cumulatifs bauxite, biomasse, ciments, la circulation de plus 8000 camions au 01/01/2017 afin de transférer de l’usine à la décharge les résidus solides boues rouges que l’on n’envoie plus en mer.

Pour les riverains on retrouve ces déchets sur la voie publique et dans l’air le long du parcours, commerces, super marché, habitations sont présents, la pluie se chargeant du nettoyage, le réseau pluviale le collecteur, comment s’étonner après cela de la pollution de la Luynes et de maladies dus à une exposition chronique ?

Quelques rappels :

  • L’activité de Gardanne est dépendante de l’extraction du minerai de bauxite en Guinée qui se réalise dans des conditions environnementales déplorables, sans réglementation et contrôle véritable, la corruption est active. Un seul objectif honorer les engagements commerciaux.
  • Au-delà des coûts logistiques, aspect financiers l’adossement de groupes, couplé à des obligations d’éthique écologique permettrait d’apporter un développement aux populations qui vivent avec moins de 1 £ jour.
  • Le pillage des ressources la règle pour que vive Gardanne malgré tout avec ses pertes, le travail sur place la bonne démarche.
  • La Malaisie et l’Indonésie on interdit l’exportation du minerai en 2014, la surproduction en Guinée est à l’œuvre et son impact environnemental bien loin des élus, autorités qui encouragent une production à Gardanne.

Rien n’est simple mais rappeler l’engagement en 1998 de Mme. Martine Aubry alors directrice générale de Pechiney en faveur de l’usine de Dunkerque électrolyse de l’alumine pour fabriquer de l’aluminium elle a vu le jour non sans difficultés, la volonté, la qualité des dossiers d’études ont permis cette réalisation.

A Gardanne ou ailleurs en PACA rien ne s’oppose à importer de l’alumine spécifique permettant les spécialités, le gage du savoir-faire, d’autant plus que des études ont été menées en ce sens en interne, les enjeux connus.

Sauf que l’usine doit être démantelée dans sa configuration actuelle, la suppression de la partie « rouge » dans le jargon industriel représente 2/3 des effectifs.

Un exemple à suivre, la sauvegarde de l’emploi est à ce prix.

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