BOUES ROUGES : LA PRIMAIRE EELV – LA CARAVANE ESCALE A LA DÉCHARGE.

17 Sep

La bataille entre Mme Duflot et Rivasi pour obtenir les suffrages des militants autorise une communication intensive après l’apéro « au petit rouge » de Matignon semaine dernière.

Des nuisances, des réalités subies depuis de trop nombreuses années par les voisins de l’usine les conséquences de Mangegarri, des poussières le tout dans l’indifférence générale.

Les lecteurs du blog et du dernier article et la une de La Provence savent bien qu’il existe une face cachée que nos politiques et les autorités dans leur ensemble feignent d’ignorer malgré les portées à connaissance.

Après avoir demandé à deux riverains il y a 18 mois de réaliser une expertise médical  indépendante pour tenter d’établir  un lien entre pathologie et les produits en décharge n’a jamais été réalisé semble-t-il.

Ce refus empêche tout recours au pénal, la voie judiciaire indiscutable  pour mise en danger de la vie d’autrui. C’est leurs choix, leurs inquiétudes, apprendre que ce n’est peut-être pas la décharge. Dixit… la réponse à mes interrogations. Il n’est pas trop tard.

L’article de septembre publié par l’Association de Bouc Bel Air la seule sur le canton à se positionner.

Vous apprendrez plus en lisant cette contribution, d’un écologiste actif et non pas d’opportunité.

ADSB Environnement Par : Claude Calvet

 

Le journal de septembre 2015 prédisait que l’industrie de l’aluminium à Gardanne, historiquement intouchable, s’accommoderait des controverses : du stockage nonétanche et non confiné à Bouc-Bel-Air de ses déchets solides, de la résurgence d’eaux polluées à Mange-garri, et de l’enquête publique pour l’autorisation de rejets en mer.

C’est chose faite, avec cependant quelques contraintes et contrôles complémentaires, dus aux contestations locales et nationales, et à un rapport d’Inspection très sévère sur Mange-garri par la DREAL (2015).

C’est la moindre des choses lorsque, sans enquête publique dédiée, on s’autorise à construire en zone boisée, déclassée pour l’occasion, une usine de pressage et un stockage sur site de 2 600 000 M3 de déchets polluants supplémentaires.

La note d’appui scientifique et technique signée (7-10-2015, mais diffusée en décembre) par le Directeur Général de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire est une expertise cinglante pour l’industriel et les autorités.

 C’est une saisine de l’ANSES (n°2015SA0101) du 7 mai 2015 par la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) du Ministère de l’Environnement, « en vue de réaliser une relecture critique de l’étude d’impact sanitaire relatif aux émissions de poussières (risque chimique) issues du centre de stockage de Mange-garri (société Alteo), réalisée par Antéa Group (décembre 2013, actualisée en avril 2015) ».

La conclusion de ce document est sévère pour les études et leurs commanditaires qui ont cautionné l’exploitation de Mange-garri : « En l’état, l’ANSES conclut que les résultats de la modélisation ne peuvent être considérés comme validés. Cette conclusion vaut de fait également pour la caractérisation des risques sanitaires. Signé : Le Directeur Général Marc Mortureux»

 Le 27 juillet 2016 Altéo et le Groupe Imerys annonçaient être en discussions exclusives pour la vente de trois (hormis Gardanne) des quatre usines Altéo qui y trouveraient « des perspectives de développement. »

 Quelles sont les perspectives de la Ville de Bouc-Bel-Air pour la gestion à long terme du fardeau de Mange-garri en fin d’exploitation en 2021 (autorisation préfectorale d’exploiter de 15 ans en 2006) et après épuisement des sommes cantonnées pour un suivi du site de seulement 20 ans (7,235M€ à la charge d’un tiers anonyme/bilan Altéo 2015) ? Sachant que l’Etat met au mieux une clôture, mais souvent de simples panneaux « Zone interdite Danger », sur les friches dangereuses, la revégétalisation prévue ne règlera pas la captation et la poursuite du traitement des eaux polluées après l’arrêt de l’usine!

Il est temps d’exiger des compensations pérennes, comme par exemple, de laisser clé en main sur site une ferme solaire de 30 hectares à la Ville de BBA, aux revenus exclusivement dédiés à financer la dépollution chronique des eaux et le renouvellement de l’investissement compensatoire initial !

Au regard de l’analyse du modèle économique d’Altéo par Michel Mazzoleni (googlez le blog : la loupe de Simiane, et le blog : Médiapart Michel Mazzoleni), il y a du souci à se faire. Cet analyste, concerné par l’enquête publique des rejets en mer, met en garde depuis 2014, sur les investissements à court terme d’un fonds commun de placement à risque, comme d’ailleurs les syndicats de l’usine de Gardanne, qui en 2012 ne voulaient pas de cette solution « financière » et provisoire de 5 à 7 ans… mais les repreneurs industriels ne voulaient pas non plus de l’usine, et apparemment en 2016…

Après l’affaire des résurgences d’eaux polluées de la nappe de Mange-Garri, et peu de temps après l’obtention laborieuse d’une autorisation dérogatoire de rejets en mer

jusqu’en 2021 (quelle coïncidence !), Altéo qui a apparemment les artères de son âge, a vaporisé un nuage de solution sodique sur la ville de Gardanne, puis a reçu une mise en garde comminatoire, pour des rejets en mer hors nouvelles normes dérogatoires. Les « fragilités » avérées de cette vénérable usine, et de sa décharge non étanche de déchets pulvérulents exposés aux vents et à la pluie, laissent à penser que la mariée n’est peut être plus assez belle, et qu’après avoir vendu sa dot par appartement, elle devra impérativement s’adapter, y compris pour ses ressources humaines, alibis de tous ses débordements.

D’après M. Mazzoleni, Altéo n’est pas propriétaire de l’usine et de ses terrains, de la conduite à la mer, et de la décharge de Mange-garri. La promesse unilatérale de vente assez pittoresque n’ayant jamais été régularisée auprès du centre des Impôts d’Aix-en-Pce (confirmation lettre des impôts //relevé de propriété des parcelles urbanisme BBA) le propriétaire de ces installations est « Aluminium -Pechiney », une petite filiale de Rio-Tinto recapitalisée car en pertes chroniques. Serait-elle capable d’assumer ses responsabilités de démantèlement et de dépollution des installations si l’investisseur, faisait brutalement défaut?

 Un rideau de verdure esthétique ?

La phytoépuration par plantations de bambous ne résiste pas à une analyse rapide. Elle s’applique surtout au micro-assainissement domestique et à des sols pollués peu profonds, humides et irrigués. Si des bambous OGM résistant à la forte causticité des boues étaient plantés sur les soixante mètres d’épaisseur de la décharge de Mange-garri, il faudrait irriguer, donc augmenter le phénomène de percolation de la pollution vers la nappe phréatique pour ne traiter au mieux que le premier mètre de profondeur.

Ce lagunage est remis en cause par ceux qui dénoncent avant tout un phénomène de dilution de la pollution, qui est une pratique interdite par les règles de l’art. Si on appliquait cette méthode marginalement au seul bassin de rétention des eaux de ruissellement, il faudrait prévoir un énorme budget de traitement spécialisé des coupes de bambous qui, chargés en métaux lourds (classe C), ne pourraient être traités qu’en incinérateur industriel spécifique aux déchets dangereux. Probablement radioactifs, leur stockage à prix d’or deviendrait incontournable.

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