BOUES ROUGES / RIO TINTO ALCAN- LE LEURRE HIG ? – CLAP DE FIN ?

26 Août

Après l’annonce de l’entrée en négociation exclusive avec le groupe Imerys pour la vente de 3 usines, Gardanne restera seule propriété du FCPR HIG.

La cause des pollutions, en mer malgré une opposition de 50 ans, de 120 ans pour son environnement immédiat à terre, eaux souterraines et atmosphériques au nom de l’emploi, la finance noyée dans le poison des profondeurs … surnagera t- elle aux décisions prochaines qui se profilent ?

Pour les lecteurs de ce blog consacré en grande partie à un modèle économique désastreux que nul n’ignorait  n’est pas une surprise.

Le tableau des manœuvres « portage probable depuis 2012 par HIG » pour le compte de Rio Tinto Alcan a été transmis aux autorités. Sans réponses…

Le fournisseur de minerai à Gardanne est Halco Mining, exploitant sous le nom de CBG les mines de bauxite de Boké en Guinée, son siège dans le paradis fiscal du Deleware (USA) elle est propriété à 51 % d’un consortium, Rio Tinto Alcan possède 45 % est incontournable, Alcoa 45 % et Dadco 10 %, l’état Guinéen, le partenaire docile possède le reste 49 % de l’entreprise.

L’exploitation de la mine, du chemin de fer pour l’acheminement du minerai brut à l’usine située au port de Kamsar telle est le fournisseur exclusif de Gardanne qui bénéficie des conditions et modalités du transfert des contrats d’approvisionnements à long terme de 20 à 40 ans, origine Pechiney et Rio Tinto à des prix avantageux.

La « promesse unilatérale de vente » jamais régularisée par le notaire parisien auprès du centre des impôts d’Aix en Provence lors de la cession de juin 2012 précise les engagements réciproques. Cet ensemble fait l’objet d’une question au gouvernement par le député C. Prémat du 19/01/2016 et d’un échange de courrier en juin 2016 avec Altéo resté sans réponse à ces points.

 La dépêche Reuters de fin juin 2016 ainsi que le résumé de l’investissement proposé préparer par la SFI précisent :

Objet : Extension des capacités de l’usine de transformation du minerai de bauxite en alumine dans la ville portuaire de Kamsar en Guinée.

  • Prêt de 1 milliard de dollars.
  • Capacité de 14,5 millions de tonnes actuelle à 18,5 millions de tonnes en A l’échéance 2027, 28, 5 millions de tonnes.
  • Le lien, http://www.yatigui.net/?p=1951

Le marché, la concurrence s’active :

China Honggiao a démarré son usine d’alumine en Guinée en 2015.

Plusieurs autres projets de même nature sont en développement, le marché de la production de l’aluminium  s’implante au plus près des mines.

Le rapport, 10 t. de roches pour 4 t. de minerai soit deux tonnes d’alumine.

Les coûts logistiques d’importation en France du minerai à partir d’une matière première à bas prix pas plus de 15 euros la tonne ne rendent pas compétitive cette option. De sources internes, le prix officiel serait de 30 € !!!

70 % des couts de fabrication hors salaires sont constitués par le minerai et les énergies nécessaire à la transformation et à son cortège de pollution ;

Remarques Gardanne seule :

  • Importation 1 million de tonnes de minerai.
  • Extraction de 600 000 tonnes d’alumine.
  • Cession d’environ 400 000 tonnes d’alumine aux 3 usines.

Dans le cadre de la vente à Imerys est ce qu’il existe une clause de fournitures exclusif d’alumine par Gardanne ou bien Rio Tinto Alcan pourrait-il fournir directement à partir d’usines situées à l’étranger ?

Il n’y a aucune surprise, l’engagement de HIG sur 4 à 6 ans a été annoncé en son temps, nous y sommes. Il s’agit de business  éloigné des préoccupations des salariés, de la protection de l’environnement et des riverains.

Le désastre écologique visible s’aggrave en Guinée,  perdure en PACA, investir massivement dans des technologies propres ne va pas de pair avec le retour sur investissements, la rentabilité, les méthodes d’optimisation et c’est bien la problématique de « la finance sans visage ».

L’ensemble de la filière aluminium mérite des réformes profondes, un suivi fiscal et financier, des contrôles, le respect de l’éthique et de la transparence.

Investir en France dans une usine important de l’alumine et non pas du  minerai de bauxite n’est pas une utopie afin de conserver une production nationale de qualité mais un challenge… qui s’impose aux décideurs.

Gardanne ne pourra pas rester bien longtemps dans la situation d’un modèle économique dépassé, de pertes abyssales qui conduisent au dépôt de bilan.

L’usine, ce n’est plus depuis bien longtemps l’appartenance à des multinationales, Pechiney, Rio Tinto Alcan mais une PME détenue « artificiellement » par un Fonds de Placements à Risques (FCPR).

La tête pensante est à Miami, la direction opérationnelle Paris agrée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) on n’en connait rien malgré les demandes et questions.

Gardanne seule représentera au mieux 160 millions d’euros de chiffre d’affaires après l’opération cession des 3 usines et de nombreuses zones d’ombre concernant les accords d’approvisionnements en alumine à Imerys.

En période pré-électoral, aucune déclaration de nos politiciens locaux si prompt à monter aux créneaux pour Altéo, obtenir un avis concernant l’opération, le silence des profondeurs.

Seul un article de La Provence interrogeant le président sur le sujet pour rassurer du développement futur de Gardanne, l’avenir nous dira s’il s’agit d’une communication du mensonge dans l’attente des prochaines élections législatives ou un député ardent défenseur est sur la ligne de départ.

Malheureusement, les indices accumulés, les performances économiques, le marché ne laissent aucune chance à la vieille dame de 120 ans.

Une nouvelle fois le monde du travail paiera la note si on ne fait rien.

Imposer la création d’une usine moderne avec les technologies correspondantes, les surfaces de terrain, la mise en place de financements, une reconversion du site la seule voie digne pour l’ensemble des parties.

La recherche d’un industriel « authentique »  le passage obligé.

Ensemble, nous pouvons et devons l’exiger auprès des autorités.

 

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