BOUES ROUGES : CSPRT DU 22/12/2015 ENFIN LE P.V.

26 Mai

A la demande expresse de Maître Benoit Candon avocat de l’Union des Calanques et de 4 autres associations exerçant un recours contentieux, le compte rendu de la séance a été mis en ligne le 25/05/2016, habituellement elles le sont automatiquement.

Il est instructif, les participants ont bien conscience que l’usine est condamnée et qu’il faut penser à la reconversion du site. L’avis de l’ANSES du 21/12/2015 pour les rejets en mer et du 07/10/2015 pour Mangegarri mettent en cause les résultats des nombreuses études remises par l’industriel tout comme les critiques scientifiques en leur temps sur le rapport CREOCEAN de 1993.

Un constat on retrouve de la part des participants des interrogations sur les sujets de ce blog  notamment financiers et économiques la position de Mme Royal introductif aux débats si elle devait se confirmer permettrait peut-être de créer une usine moderne à l’occasion d’un transfert régional.

La mise en œuvre d’études complémentaires est actées. Retour pour septembre 2016.

Obliger les propriétaires actuels ou à venir à investir comme le souhaite les représentants syndicaux de l’usine ou emploi, environnement et santé humaine ne sont pas incompatibles.

L’échéance de 2021 correspond à la date de renouvellement de la mise en décharge et 2017 la durée de vie du FCPR propriétaire d’Altéo. Manifestement l’explication des liens financiers par le président Ramé est un peu courte ce qui mériterait des investigations des services de l’Etat, les questions au Gouvernement du député Christophe Prémat du 19/01/2016 y trouve toute leurs actualités.

Les rejets atmosphériques, Rio Tinto Alcan a obtenu une dérogation en 2010 dont l’échéance est 2018 concernant le NOX et les particules. Le seuil est pulvérisé de 1000 fois. L’industriel avait jusqu’au 31/12/2015 pour réaliser des travaux et mettre en place un système de co génération en utilisant le gaz naturel. Cet équipement n’a pas été réalisé ce qui met l’industriel en infraction avec l’arrêté préfectoral de 2014 préconisant ces modifications d’exploitation de l’usine.

En l’état actuel après l’annulation de l’enquête publique de Mai 2016 l’industriel pourra t il encore solliciter une dérogation ?  Pour plus de détail, un regard vers la contribution spécifique me parait indispensable.

Le lien pour prendre connaissance du procès-verbal afin d’éviter toute interprétation :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/CR_CSPRT_20151222_publie.pdf

Commentaires :

Le 20/12/2015, une réunion des collectifs a eu lieu à Toulon afin de définir la stratégie à défendre le 22/12/2015. Le jour de mon anniversaire, invité je suis resté en famille.

Contre toute attente, la décision prise, la politique de la chaise vide en interdisant toute participation aux deux représentants prévus.

Les égos présents n’ont pas trouvé de solutions à savoir qui allait se retrouver au Ministère il a été décidé qu’un représentant ferait le voyage de Paris à savoir François Pecqueur que je ne connais pas.

Malgré de nombreuses demandes, je n’ai pas obtenu le texte ci-après, la position des collectifs repris au procès-verbal de la séance ne pouvait emporter aucune adhésion sur ces bases obsolètes.

Les rejets solides « boues rouges « la seule argumentation des années 1990/2000 qui n’a plus court,  on ne pourra pas dépolluer et elles resteront au fonds pour des décennies comme de nombreux autres rejets en Méditerranée devra-t-on continuer à consommer le poisson de la zone ?

Pourtant les éléments de compréhension permettant des questions, en accès libre  sur ce blog, les modalités de la cession partielle d’actif de juin 2012 entre Rio Tinto Alcan et Altéo comme support.

Les rejets liquides objet de l’enquête publique ne représentent que 3 lignes et c’est la question posée pour accorder une dérogation.

Aucun travail actualisé, pertinent sur la problématique d’aujourd’hui à savoir une dérogation de 6 ans pour 6 paramètres dont 3 seraient en passe d’être réglé, industriel et CSS.

Comment être entendu avec ce piètre plaidoyer et entrainer l’adhésion des participants de plus en omettant de se prononcer sur un délai ?

Extrait du procès-verbal :

François PECQUEUR (collectif anti boues rouges) précise que Messieurs AUGIER,

expert, et CARRODANO, pêcheur, membres de la Coordination des collectifs anti

boues rouges, n’ont pas pu se déplacer ce jour.

En effet, ils se réunissent en urgence en réaction à l’annonce du préfet selon laquelle l’arrêté serait pris dès réception de l’avis du CSPRT.

François PECQUEUR donne lecture de la déclaration suivante, au nom de la Coordination des collectifs anti boues rouges :

« La véritable question posée aujourd’hui, à notre sens, est celle de la toxicité des

boues rouges et des produits valorisés à base de boues rouges.

Les différents propriétaires de l’usine de Gardanne ont choisi, pour des raisons

économiques, de rejeter en mer Méditerranée des dizaines de millions de tonnes de

boues rouges.

 Pour faire accepter ce choix, dans les années 60, l’industriel Péchiney, alors propriétaire de l’usine, a dû manoeuvrer, pour persuader l’opinion publique, que la mer ne deviendrait pas rouge et que les boues étaient inoffensives.

 Péchiney réalisa à cette époque des expériences avec l’Office français de recherche

sous-marine du Commandant COUSTEAU qui déboucha sur un rapport favorable.

 Pour contrer une éventuelle mobilisation anti boues rouges, l’industriel a défini avec

l’aide de l’agence de communication Havas, une stratégie en trois temps visant à

persuader l’opinion publique de l’innocuité et de l’invisibilité des boues rouges.

 La première bataille fut d’ordre sémantique et consistait à remplacer

systématiquement l’appellation « boues rouges » par « limons ferriques » ou

« résidus inertes ».

 La seconde fut d’ordre médiatique : il est bien entendu indispensable de, sinon

conditionner, du moins neutraliser l’ensemble de la presse régionale (cf. rapport

d’Havas).

 La troisième était de convaincre l’opinion publique avec des médiations faussement

scientifiques comme celle consistant à reproduire le rejet de boues rouges en mer

sous la forme d’une maquette présentée de ville en ville, avec un renfort de

brochures éditées à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.

 Chacune des entreprises qui ont exploité le site de Gardanne depuis le début,

affirment que les boues rouges sont inoffensives, voire bénéfiques pour

l’environnement, et communiquent en conséquence.

 Cette thèse est contredite par plusieurs scientifiques, rapports, analyses et articles à

l’appui : le rapport Créocéan, les publications de Giovanni PAGANO, les publications

d’Yves LANCELOT, ancien directeur de recherche au CNRS du Centre

d’océanologie de Marseille, les analyses de la CRIIRAD, le rapport IFREMER de

Bruno ANDRAL, les études indépendantes récentes du laboratoire Analatyka sur la

bauxaline et le rapport de l’ANSES.

Tous prouvent la toxicité des boues rouges et

vont à l’encontre des dires d’Alteo, de Rio Tinto ou de Péchiney qui ont clamé

l’innocuité des boues rouges et des produits dérivés.

 Les boues rouges et les produits dérivés ne sont pas des résidus inertes. Ce sont

des produits toxiques qui impactent l’environnement et la santé des environnements.

Par exemple, dans le rapport de l’Agence de sécurité sanitaire sur les boues rouges,

la contamination du poisson par l’arsenic, le plomb, le mercure et l’exposition

alimentaire pour les citoyens est 10 à 1 000 fois supérieure à celle rendue par

l’industriel.

 Le rapport Créocéan établit que les boues rouges sont toxiques pour plusieurs

espèces. Même à très fortes dilutions (0,1 gramme par litre), les boues rouges

entraînent la mort des oursins et des huitres testés et impactent leur reproduction et

leur développement larvaire ; une génotoxicité transmissible de génération en

génération.

 Ce rapport gênant est protégé par une clause de confidentialité et non divulgable

pour une durée de dix ans.

 Entre 1994 et 1995, Péchiney se dote d’un Comité scientifique de suivi pour contrôler

les rejets en mer. Ce comité a été renouvelé quatre fois depuis sa constitution. Ce

conseil scientifique a publié environ 200 études prouvant l’innocuité des boues

rouges pour diluer les résultats scientifiques indépendants prouvant l’inverse.

 Ce conseil est un adepte du « science washing » qui consiste en un ensemble de

techniques concourant à une instrumentalisation de la science permettant de servir

des intérêts privés et d’influencer l’opinion publique.

 En effet, la science reproduit des expériences qui vérifient parfois les mêmes conclusions, même si les expériences ou les protocoles scientifiques sont peu judicieux, voire inappropriés. Les mêmes erreurs seront reproduites.

 Le Conseil scientifique de suivi de l’usine de Gardanne a produit plusieurs dizaines

d’études observant l’innocuité des boues rouges, mais ne fait jamais référence aux

études indépendantes prouvant leur toxicité.

 Plusieurs choix techniques retenus par le Conseil scientifique de suivi sont inadéquats et alimentent le doute sur la toxicité.

 Par exemple, les prélèvements d’échantillons de sédiments de mer, pour mesurer

l’impact des boues rouges sur les écosystèmes, se font selon les directives du

Conseil scientifique de suivi, majoritairement en périphérie du canyon sous-marin et

à des profondeurs allant de 230 mètres à 2 400 mètres.

 Les spécialistes préconisent l’inverse, c’est-à-dire de faire des prélèvements dans l’axe du canyon et de la conduite de rejet des boues, à des profondeurs aux alentours de 320 mètres là où s’accumulent en majorité les boues rouges.

Le choix du lieu des prélèvements du Conseil scientifique de suivi repose donc

principalement sur une théorie datant de 1960, certifiant que les boues, sous l’effet

de la déclivité du terrain, s’entassent au fond du canyon sous-marin à des

profondeurs extrêmes.

 Cette idée fausse est aujourd’hui relayée par Alteo et son Conseil scientifique.

Malgré le manque de pertinence de la technique choisie, le Conseil scientifique de

suivi observe tout de même 40 % de toxicité dans certains sédiments.

 Les résultats d’une campagne scientifique de l’IFREMER ont montré de nouveau les

contaminations chimiques très élevées dans les sédiments du canyon de

Cassidaigne, une toxicité importante au niveau du rejet associée à des

concentrations élevées de métaux lourds pouvant atteindre jusqu’à 100 %

d’immutation de la croissance larvaire des huitres et des moules.

 Les exemples de la sorte sont nombreux et touchent à la courantologie, à la

modélisation des boues rouges et à l’écotoxicologie.

  Dernièrement, les poissons relevés dans le canyon où sont rejetées les boues s’avèrent être des espèces ne vivant pas à la bonne profondeur pour rendre compte de l’impact des boues.

 Le capital confiance dont bénéficie la science est ici détourné pour devenir un outil

de persuasion utilisé pour affirmer l’innocuité des boues rouges. Doit-on faire

confiance à une industrie qui pratique la désinformation à ce point depuis des

décennies ?

Les eaux que l’industriel envisage de rejeter sont tout autant toxiques que les boues

rouges. Elles contiennent des métaux lourds, de l’arsenic et autres produits

dangereux.

Sur les six solutions évoquées, une seule tient la route, en termes de pérennité

environnementale (mais elle n’a pas été retenue) : le recyclage dans le procédé qui

permettrait de ne pas rejeter d’eau vers le milieu naturel.

 La raison, selon nous, n’est pas technique, mais purement économique, car

l’industriel a eu largement le temps, en cinquante ans, de moderniser son installation

pour pérenniser ses emplois et être moins impactant sur l’environnement et la santé,

mais ne l’a pas ou très peu fait.

 Si l’industriel n’avait plus accès à la conduite, il serait contraint d’effectuer à ses frais une remise en l’état primitif du site. »

 François PECQUEUR souligne que le collectif n’a encore jamais rencontré d’habitant

de la région favorable au rejet des boues rouges. Cette question fait l’unanimité

contre elle, au point de susciter de l’exaspération au sein de la population.

Ce dossier est perçu comme un scandale qui a duré trop longtemps. Il est également

perçu dans sa gravité au niveau environnemental. D’autres dossiers de ce type,

comme le gaz de schiste, ont contribué à sensibiliser la population au bien public.

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