BOUES ROUGES : VÉRITÉ SCIENTIFIQUE UNION CALANQUES LITTORAL SON AVIS.

22 Juin

Le Parc National des Calanques dont dépend le CSIRM, des experts désignés et dont les coûts d’études, c’est la règle, sont payés par le pollueur Alteo en toute indépendance…

Le rapport CSIRM a été signé le 20/05/2019 et rendu publique après la clôture de l’enquête publique du 07/06/2019. Le texte de notre avis que le journal Marsactu refuse :

Rejets industriels dans les eaux du parc national des calanques

La vérité sur la responsabilité de l’usine d’alumine de Gardanne

(Marseille le 18 juin 2019)

Déficience des études officielles par manque de moyens financiers.

 Les investigations concernant l’impact des rejets industriels d’Alteo dans la partie marine du Parc national des Calanques sont difficiles et complexes. L’examen des résultats obtenus par les organismes officiels le montre parfaitement.

De nombreux aspects fondamentaux concernant l’empoisonnement de la flore et de la faune marines n’ont pas été pris en compte. Pour ne donner que quelques exemples : le caractère rémanent de nombreux polluants, le phénomène additif continu dans le temps de ces substances, leur concentration le long des chaînes alimentaires et des réseaux trophiques, la sensibilité particulière des stades initiaux (œufs, larves, spores, juvéniles, etc.), dont la mort coupe les cycles de développements, n’ont pas été pris en compte.

Il en est de même de la dispersion des effluents de densité plus faible que l’eau de mer qui peuvent menacer l’ensemble des écosystèmes du PNC. Ces aspects sont traités en détail plus loin.

Cette déficience des études n’est pas due, loin s’en faut, à l’incompétence des équipes de chercheurs et d’experts, tous très titrés et très au fait des connaissances en océanographie et molysmologie. Elle résulte d’une insuffisance notoire de financement nécessaire pour aller plus en profondeur et plus près de la réalité dans les investigations.

Faux espoirs des filtres-presses.

 Après des dizaines d’années de réflexion, de saccage et d’empoisonnement de la mer, face aussi à la réprobation générale grandissante, l’industriel a enfin mis en place des filtres presses présentés comme une avancée majeure pour résoudre le problème des rejets des boues rouges.

Il faut, en effet, reconnaître que cet appareillage constitue un progrès indéniable, sans pourtant résoudre le problème environnemental, ainsi que nous le verrons plus loin. De quoi s’agit-il exactement ?

Ce sont des unités de filtrage sous pression qui séparent deux fractions des boues rouges : la partie boueuse de la partie liquide. La fraction boueuse est déshydratée et le matériau sert alors à fabriquer un produit appelé de façon pompeuse « bauxaline ».

Cette bauxaline aurait des débouchés dans le bâtiment et dans le recouvrement des routes. Il parait cependant que l’industriel a du mal à écouler ce produit, dont les excédents, sans cesse en augmentation, sont stockés à Mange-Garri.

D’après l’industriel, la bauxaline serait dépourvue de produits toxiques ; certains groupements disent le contraire (l’association Bouc Bel Air Environnement, par exemple).

Fier de sa trouvaille, l’industriel s’est alors engagé à arrêter tout rejet en mer au 31 décembre 2015. Nous disons bien « tout rejet », tel que cela est écrit dans la plaquette « Les as de Gardanne », publiée par Alteo, numéro spécial d’octobre 2012, Alteo s’y engageait sans retenue. On peut y lire, en effet, sans aucune ambiguïté, « L’usine de Gardanne s’est engagée à arrêter les résidus de bauxite en mer fin 2015.

La promesse sera tenue ». Cet engagement figure également dans l’arrêté préfectoral du 1er juillet 1996. Cet arrêté stipule bien en toutes lettres, « qu’Aluminium Péchiney » cessera tout rejet en mer le 31 décembre 2015.

Etre parjure ne semble pas émouvoir l’industriel ! En fait, la subtilité était de comprendre l’arrêt des résidus épais. En effet, comme il ne savait que faire des eaux sortant des filtres presses, il a trouvé une bonne solution de facilité en demandant l’autorisation de les rejeter en mer par la même canalisation et au même endroit que les boues rouges.

Mais, entre-temps avait été créé, en 2012, le Parc national des Calanques, obligeant l’industriel, selon la législation, à demander à celui-ci, sans vergogne, l’autorisation d’y rejeter ses filtrats pollués ! Nous y reviendrons dans un prochain chapitre.

Ainsi, depuis le premier janvier 2016, la fraction liquide, qui sort des filtres presses, est injectée au même endroit, à la même profondeur et par la même canalisation, dans les eaux du Parc national des Calanques.

L’industriel a l’outrecuidance de déclarer que ces eaux ne sont pas toxiques pour la vie marine ou si peu ! L’étude de l’ANSES* (décembre 2015) a démontré le contraire. En effet, cet organisme a mis en évidence, sans aucune contestation possible, la contamination de la chair des poissons testés, par les métaux lourds contenus dans les eaux industrielles. Cela signifie que les mécanismes naturels de protection de ces poissons (fèces, urine, hépatopancréas, etc.) ont été débordés.

Inventaire des polluants.

L’industriel lui-même a donné une liste des polluants contenus dans les effluents sortant des filtres presses ; inventaire qui a été complété par l’ANSES en 2015.

La liste de ces substances est impressionnante (82 polluants), autant que leur pouvoir toxique : soude (toxique), aluminium (toxique, perturbateur neurologique, perturbateur cellulaire), fer (perturbateur de la reproduction et de la croissance), arsenic (forte toxicité), vanadium (désordres respiratoires, digestifs, sanguins et neurologiques), titane (toxique pour le plancton), molybdène (perturbateur endocrinien), bore (toxique), chrome (toxique), sélénium (toxique), manganèse (toxique), plomb (saturnisme, perturbateur sanguin, dysfonctionnement reins, foie, système nerveux), cuivre (algicide, atteinte à la base des chaînes marines trophiques), zinc (perturbateur photosynthèse et respiration, cancérigène), antimoine (toxique, possibles lésions hépatiques, rénales et cardiaques), cadmium (maladie Itaï, déformation du squelette), étain (ravageur des parc d’aquaculture), uranium (toxique), lithium (effet possible sur la fonction rénale), nickel (toxique, perturbateur du développement larvaire), cobalt (toxique), argent (toxique sur les stades larvaires), mercure (névropathie, paralysie fonctionnelle, destruction des reins) phénols, 16 hydrocarbures aromatiques polycycliques (forte toxicité, dysfonctionnement cellulaire, cancérigènes), 7 polychlorobiphényles (réduisent l’immunité naturelle, cancérigènes), 7 dioxines et 10 furanes (seuil de toxicité très bas, dysfonctionnement hépatique, nerveux, endocrinien, cancérigènes), 6 composés benzéniques (aberrations chromosomiques, cancérigènes), 1 phtalate (possibles effets sur le foie et les reins, le système reproducteur mâle, possible perturbateur endocrinien), 4 alkylphénols (perturbateurs endocriniens) et 2 polybromodiphenyléthers (perturbateurs endocriniens), 3 organoétains (perturbation de la reproduction et du système immunitaire, malformations morphologiques. Leur utilisation dans les peintures antifoulings des coques de bateaux a eu des effets dévastateurs sur les parcs d’aquaculture des moules et des huîtres).

La réalité sur les quantités déversées.

La présentation, par l’industriel, des résultats de dépollution sous forme de tableau de pourcentages masque la réalité. Si on applique ces pourcentages aux volumes d’eau rejetés, comme l’a fait l’ANSES, on s’aperçoit que les quantités sont considérables. En effet, l’Agence fait état, en 2015, de rejets annuels évalués à 2880 tonnes pour l’aluminium, 26 tonnes pour le vanadium, 9 tonnes pour le titane, 4 tonnes pour l’arsenic et le molybdène, 700 kg pour le chrome, 30 kg pour le plomb, 8 kg pour le cadmium (p. 24 du rapport du 2 février 2015) !

Cet aspect fondamental n’est pas pris en compte !

Est-il vraiment nécessaire de réaliser des investigations molysmologiques et d’y consacrer un budget conséquent, connaissant la grande toxicité de ces substances et les quantités rejetées dans un milieu aussi sensible ? Il aurait été plus utile de consacrer ces budgets à la mise en place de traitement de dépollution performants permettant d’arrêter le rejet.

 D’ailleurs, si la charge polluante était négligeable, comme le prétend l’industriel, on peut se demander pourquoi on continue le rejet en mer ! Le recyclage de ces eaux pour la recharge des nappes phréatiques et l’irrigation permettrait d’éviter un gaspillage scandaleux de l’eau si précieuse dans la perspective du changement climatique qui a commencé.

Facteurs d’aggravation de la toxicité et de l’impact.

1/Nature de l’effluent.

 Les boues rouges avaient une densité supérieure à l’eau de mer, ce qui explique leur écoulement dans le canyon de Cassidaigne jusque vers les grands fonds. Par contre, la fraction liquide, qui a remplacé ces boues, a une densité plus faible que l’eau de mer.

Ces eaux ont donc tendance à remonter vers la surface et à être dispersées par les vents et les courants sur l’ensemble de la partie marine protégée du Parc national et au-delà. L’un de nous a eu la curiosité de poser la main à midi sur la partie de la canalisation terrestre qui est exposée au soleil brûlant de l’été : le métal était évidemment chaud !

La partie sous-marine de la canalisation parcourant plusieurs kilomètres avant d’arriver à la zone des 12-13 degrés, le refroidissement complet de l’eau à l’intérieur de la canalisation est impossible. Ce qui veut dire qu’à la différence de densité avec l’eau de mer, s’ajoute pendant plusieurs mois, presque toute la journée, la différence de température entre l’eau rejetée et celle des fonds marins qui est autour.

Personne ne nous contredira si nous rappelons que cette eau polluée plus chaude n’aura pas le bon goût de stationner au fond, un principe élémentaire de physique la fera remonter !

D’autre part, un simple coup d’œil au régime des vents de la baie de Cassis montre que le vent d’est, le vent de sud-est, la brise de mer, le labé (vent de sud-ouest), le ricochet de la largade (ouest) et du mistral sur les îles et le Cap Canaille, se ligueront pour pousser les eaux polluées vers le littoral, c’est-à-dire dans la partie la plus riche des peuplements marins benthiques du Parc national des Calanques.

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

1/Phénomènes de cumul.

Il est un aspect qui n’a pas été abordé, ni pris en compte, par les études et pourtant capital pour toute investigation sérieuse. En effet, un grand nombre des polluants contenus dans ces effluents industriels sont peu ou pas biodégradables.

C’est le cas, notamment, des métaux et métalloïdes qui sont des éléments, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas, par définition, être décomposés en partie plus petites. C’est le cas aussi des PCB, dioxines, furanes, de certains hydrocarbures aromatiques, etc.

On a donc à faire à de nombreux produits quasi indestructibles. S’ils ne sont pas éliminés par les phénomènes naturels, ils vont donc avoir tendance à s’accumuler au fur et à mesure des arrivées journalières et continue de l’effluent, au débit horaire considérable (270 m3/heure) !

Ce phénomène augmente la gravité de l’impact toxique de ces eaux sur la flore et la faune du voisinage et, par dispersion, accroît la charge polluante des eaux marines du Parc national et de la Méditerranée.

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 3/Concentration le long des chaines alimentaires.

De même, il n’est pas tenu compte non plus de l’important phénomène de la concentration de nombreux polluants le long des chaînes alimentaires et des réseaux trophiques (Augier 2008).

C’est un gros reproche que l’on peut faire au groupe Alteo, mais aussi à de nombreuses investigations toxicologiques en France.

A chaque passage d’un maillon à l’autre la concentration du produit augmente. Ainsi un polluant peut se trouver à l’état de trace dans l’eau de mer et à des concentrations de plus en plus élevées depuis le phytoplancton jusqu’aux gros poissons, en passant par le zooplancton, les petits poissons et les moyens poissons, selon le schéma suivant :

Eau de mer → Phytoplancton → Zooplancton → Petits poissons planctonophages → Moyens poissons → Gros poissons → Thons → Humains.

Le drame des pêcheurs de Minamata, au Japon (Augier 2008), constitue un exemple édifiant. Les « experts » et les autorités dites responsables avaient donné leur autorisation à un industriel nippon pour un rejet en mer contenant du méthyl-mercure.

Selon ces scientifiques, le rejet devait être dispersé sans problème et disparaître dans les immensités océaniques. Il fallait compter sur le phénomène de la bioconcentration, mal connu à l’époque. Le polluant, dosé à l’état de trace dans l’eau de mer, fut concentré le long des chaînes alimentaires, menant aux thons.

En consommant les thons contaminés par le mercure, à tous les repas, les pêcheurs contractèrent la maladie dite de Minamata. C’est une névropathie très sévère qui se solda par une centaine de morts et de paralysés à vie. Les bébés étaient contaminés par leur mère avant de naître, le mercure n’étant pas arrêté par la barrière du placenta.

Tout le monde devrait avoir lu le livre de Gigon (1975) pour comprendre l’intensité de ce drame. Heureusement, nous n’en sommes pas encore là en France.

Mais nous pouvons porter témoignage ici que les dauphins (prédateurs en bout de chaines alimentaires), recueillis morts sur les rivages méditerranéens français, disséqués et analysés dans notre laboratoire, présentaient des teneurs élevées en métaux lourds et notamment en mercure (Augier 1998, 2008, Augier et al. 1993, 1994, 1998).

Leur mort était probablement due à une névropathie semblable à celle des pêcheurs de Minamata et aggravée par d’autres troubles occasionnés par les autres polluants concentrés dans le foie, les reins et l’encéphale. Comme les pêcheurs de Minamata, ces dauphins consommaient des poissons à tous leurs repas.

 Cet aspect n’est pas pris en charge !

 4/Addition des charges polluantes.

Le rejet industriel d’Alteo n’est pas isolé. Il s’ajoute à la pollution de la Méditerranée (« bruit de fond »), à l’apport du fleuve Huveaune détourné artificiellement dans les calanques et aux rejets urbains massifs de l’agglomération marseillaise, dans la crique de Cortiou, insuffisamment traités par la station d’épuration « Géolide ».

Ainsi les poissons analysés par l’ANSES sont contaminés non seulement dans la zone d’influence du rejet industriel, mais également dans la zone témoin ! La somme de ces apports peut s’avérer suffisante pour faire franchir des seuils de toxicité irréversibles pour la flore et la faune marines.

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 1/Sensibilité particulière des formes juvéniles, interruption des cycles de vie.

 Les seuils de toxicité sont essentiellement estimés pour les organismes adultes. On néglige ainsi les stades juvéniles de très nombreuses espèces, dont le seuil de toxicité est beaucoup plus bas. Il s’agit des œufs, spores, larves, alevins, etc.

La mort par intoxication de ces formes juvéniles tronque le cycle de vie et raréfie les populations adultes.

 L’oursin comestible (Paracentrotus lividus) constitue un exemple édifiant à ce sujet qui mérite d’être développé. Le cycle de développement de cet échinoderme rappelle un peu celui du papillon.

Les gamètes émis par les mâles et les femelles donnent des œufs qui ne vont pas se développer directement en petits oursins. Ils donnent naissance à une larve (le plutéus), comme les oeufs du papillon donnent une chenille. La chenille se métamorphose en papillon, de même que le plutéus se métamorphose en petit oursin.

Or, de nombreuses expériences toxicologiques ont montré que la larve de l’oursin était extrêmement sensible aux polluants métalliques, à des concentrations considérablement plus faibles que pour les adultes (Augier 1998, Augier et al. 1994, 1995, Kobayashi 1980 et 2004, Lee et Xu 1984, Parish et al. 2012, Warman et al. 1996).

La larve est donc irrémédiablement tuée et le cycle de développement de l’oursin interrompu. Un tel constat permet d’expliquer, en partie, la raréfaction des populations d’oursins le long du littoral de Marseille et des calanques

Or le cycle de vie de la plupart des espèces marines, y compris les poissons, les crustacés et les organismes du plancton, comporte, au début de leur existence, un tel stade d’extrême sensibilité à la pollution (Jezierska et al. 2008).

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 Note.

 La déclaration, par l’industriel, de l’arrêt du rejet en mer des boues rouges à la fin décembre 2015 suscita une grande satisfaction qui allait vite se transformer en colère et indignation à l’annonce que le déversement des boues rouges allait être remplacé par celui des effluents liquides pollués sortant des filtres presses !

L’industriel avait déjà empoisonné les grands fonds au large des calanques, il allait maintenant empoisonner les petits fonds et les eaux au cœur de la partie marine du Parc national.

L’impact sur la vie marine sera aussi important, sinon plus, que celui des boues rouges ! On a vu en effet que la toxicité de ce rejet était aggravée par un certain nombre de phénomènes liés aux propriétés de la sphère biologique à ce niveau.

L’industriel, les autorités locales, nationales et gouvernementales sont restés sourds à ces appels de détresse et portent donc une lourde responsabilité.

Le traitement au dioxyde de carbone doit être suivi d’un procédé de finition.

 La mise en place prochaine d’une unité de traitement par le dioxyde de carbone constitue un effort incontestable de dépollution de l’effluent, mais non encore suffisant.

L’industriel annonce un abattement des valeurs concernant certains métaux lourds, métalloïdes et le pH. Il s’exprime, là encore, en termes de pourcentages et non en quantités réelles déversées en mer qui devraient rester élevées.

Par ailleurs ce procédé est reconnu, par l’industriel lui-même, comme n’étant pas très performant pour réduire les quantités de matières organiques en termes de DCO et de DBO5 (paramètres retenus par le Tribunal administratif de Marseille).

Aussi faut-il considérer que les remarques exprimées plus haut concernant les facteurs aggravants et leur impact restent valables sur les effluents traités au dioxyde de carbone.

Pour dépolluer entièrement ces effluents et arrêter le rejet dans le Parc national des Calanques, le traitement au dioxyde de carbone doit être suivi d’un traitement de finition « Pollution zéro ».

Les techniques existent et ont fait leurs preuves. Le problème majeur vient que leur coût est élevé et que l’industriel aura du mal à réunir un tel budget si on tient compte du résultat d’exploitation.

Il se caractérise par des pertes financières chroniques pour les cinq dernières années, en dépit des nombreuses aides publiques, notamment de l’Agence de l’Eau.

L’achat du minerai de bauxite en Guinée et son transport plombent les finances. La situation est encore aggravée par la concurrence de six usines (bientôt neuf) récemment implantées en Guinée et qui bénéficient, non seulement du minerai sur place mais aussi d’une main d’œuvre bon marché.

Objectifs d’Union Calanques Littoral.

 Ils sont clairs et sans discussion possible : Pollution zéro, suppression du rejet en mer, recyclage des eaux épurées.

Ces objectifs sont assortis d’un délai donné à l’industriel pour les atteindre, notamment par l’installation d’une station d’épuration performante.

Une façon de répondre aussi au chantage à l’emploi brandi par l’industriel. Fidèle à sa méthode, UCL dénonce le massacre des milieux naturels mais apporte toujours des solutions.

Dans le cas d’Altéo, nous sommes à l’origine d’une rencontre entre les responsables de l’usine de Gardanne et ARISTOT, une société amie, de rang international, spécialisée sur la dépollution industrielle.

Actions nationales et européennes d’UCL.

  Dépôt d’un référé, par notre avocat, au Tribunal Administratif de Marseille d’annulation de l’arrêté préfectoral du 28 décembre 2015. Nous venons d’obtenir une demi victoire particulièrement encourageante. Le tribunal a décrété, lors de sa séance du 20 juillet 2018, une réduction de 2 ans de la dérogation préfectorale accordée pour les rejets de 6 substances prioritaires dépassant les seuils de sécurité.

Cette décision porte l’échéance au 31 décembre 2019 et non plus en 2021. Alteo a fait appel à ce jugement et a été débouté. Nous demandons l’arrêt total du rejet en mer d’ici deux ans, laps de temps nécessaire et suffisant pour installer une unité de dépollution totale.

. Interpellation de l’ancien gouvernement de François Hollande : président, premiers Ministres (Manuel Vals et Bernard Cazeneuve), Ministre en charge de l’environnement (Ségolène Royal), sans résultat.

. Interpellation du Ministre Nicolas Hulot en charge du Ministère de la transition écologique et solidaire. Il ressort de l’actualité que la seule mesure prise par le Ministre, concerne l’ordre donné au Préfet de scinder la Commission de Suivi du Site (CSS) en deux sous-commissions (terre et mer) et de nommer un observateur garant du bon déroulement des séances. Cette décision n’a apporté aucune amélioration à la situation.

. Interpellation du Parquet National Financier, le 6 mars 2018 sur les modalités et les conditions d’achat du minerai de bauxite en Guinée, soupçonné d’être payable dans le paradis fiscal du Delaware, aboutissant à un refus d’information par « avis de classement » le 19 juillet 2017.

. Interpellation du Premier Ministre Edouard Philippe, qui nous a aimablement répondu qu’il en alertait le Ministre en charge de l’environnement (Nicolas Hulot), sans résultat.

. Interpellation du Président de la République Emmanuel Macron. Son chef de Cabinet, Monsieur François-Xavier Lauch, a transmis notre dossier au Ministre de l’environnement Monsieur De Rugy, le 9 octobre 2018.

. Interpellation de Monsieur François de Rugy, Ministre de la transition écologique et solidaire, par lettre en date du 6 septembre et réponse décevante du 6 novembre 2018, nécessitant l’envoi d’une information précise sur la situation réelle et les solutions proposées (le présent dossier).

. Plainte à Bruxelles contre l’Etat Français. La probabilité d’aboutir est élevée comme ce fut le cas pour l’Etang de Berre.

Une situation scandaleuse.

 Cette situation est inadmissible, intolérable, scandaleuse et incompatible avec la loi qui régit les Parcs Nationaux, le code et les lois de l’environnement et les accords internationaux signés par la France.

Nous sommes à l’ère de l’illogisme le plus flagrant. Créer un espace ultra protégé pour sauvegarder l’ensemble de ses richesses d’une exceptionnelle valeur et, à l’opposé, autoriser de les empoisonner au seul profit d’un industriel peu lesté de scrupules, avec la bénédiction de certaines autorités locales et nationales !

On ne peut tolérer que les Calanques soient le seul Parc National au monde discrédité par un permis de polluer et de tuer le vie marine.

 Henry Augier Président d’UCL

Maître de conférences honoraire, docteur d’Etat

Professeur honoraire à l’École Nationale des Travaux Publics de l’État

Ex-directeur du laboratoire de biologie marine fondamentale et appliquée et du

Centre d’Etudes, de Recherches et d’Informations sur la Mer (CERIMER)

à la Faculté des sciences de Marseille-Luminy

Ex Conseiller scientifique au Parc National de Port-Cros

Ex Conseiller scientifique au Conseil de l’Europe à Strasbourg

Expert international consultant

Plongeur professionnel breveté d’hyperbarie

Lanceur d’alertes et auteur de nombreux ouvrages grand public sur notre environnement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BOUES ROUGES : IMPACT REJETS EN MER. LA SCIENCE S’EXPRIME. PAR H. AUGIER.

15 Juin

Faux espoirs des filtres-presses.

Lecture entre les lignes et déclarations d’Altéo  » il apparaît que les prestations Recherches et Développements, propriété des filtres presses tout un ensemble a été externalisé faute pour Altéo de ne plus posséder les compétences en son sein ainsi que les moyens financiers.

Globalement les aides publique versées à Altéo par l’Agence de l’eau représente 16,7 millions d’euros par contre la propriété des brevets n’apparaît pas dans son patrimoine?

 Après des dizaines d’années de réflexion, de saccage et d’empoisonnement de la mer, face aussi à la réprobation générale grandissante, l’industriel a enfin mis en place des filtres presses présentés comme une avancée majeure pour résoudre le problème des rejets des boues rouges.

Il faut, en effet, reconnaître que cet appareillage constitue un progrès indéniable, sans pourtant résoudre le problème environnemental, ainsi que nous le verrons plus loin. De quoi s’agit-il exactement ?

Ce sont des unités de filtrage sous pression qui séparent deux fractions des boues rouges : la partie boueuse de la partie liquide. La fraction boueuse est déshydratée et le matériau sert alors à fabriquer un produit appelé de façon pompeuse « bauxaline ». Cette bauxaline aurait des débouchés dans le bâtiment et dans le recouvrement des routes. Il parait cependant que l’industriel a du mal à écouler ce produit, dont les excédents, sans cesse en augmentation, sont stockés à Mange-Garri. D’après l’industriel, la bauxaline serait dépourvue de produits toxiques.

Fier de sa trouvaille, l’industriel s’est alors engagé à arrêter tout rejet en mer au 31 décembre 2015. Nous disons bien « tout rejet », tel que cela est écrit dans la plaquette « Les as de Gardanne », publiée par Alteo, numéro spécial d’octobre 2012, Alteo s’y engageait sans retenue. On peut y lire, en effet, sans aucune ambiguïté, « L’usine de Gardanne s’est engagée à arrêter les résidus de bauxite en mer fin 2015.

La promesse sera tenue ». Cet engagement figure également dans l’arrêté préfectoral du 1er juillet 1996. Cet arrêté stipule bien en toutes lettres, « qu’Aluminium Péchiney » cessera tout rejet en mer le 31 décembre 2015.

Etre parjure ne semble pas émouvoir l’industriel ! En fait, la subtilité était de comprendre l’arrêt des résidus épais. En effet, comme il ne savait que faire des eaux sortant des filtres presses, il a trouvé une bonne solution de facilité en demandant l’autorisation de les rejeter en mer par la même canalisation et au même endroit que les boues rouges.

Mais, entre-temps avait été créé, en 2012, le Parc national des Calanques, obligeant l’industriel, selon la législation, à demander à celui-ci, sans vergogne, l’autorisation d’y rejeter ses filtrats pollués ! Nous y reviendrons dans un prochain chapitre.

Ainsi, depuis le premier janvier 2016, la fraction liquide, qui sort des filtres presses, est injectée au même endroit, à la même profondeur et par la même canalisation, dans les eaux du Parc national des Calanques.

L’industriel a l’outrecuidance de déclarer que ces eaux ne sont pas toxiques pour la vie marine ou si peu ! L’étude de l’ANSES* (décembre 2015) a démontré le contraire. En effet, cet organisme a mis en évidence, sans aucune contestation possible, la contamination de la chair des poissons testés, par les métaux lourds contenus dans les eaux industrielles. Cela signifie que les mécanismes naturels de protection de ces poissons (fèces, urine, hépatopancréas, etc.) ont été débordés.

Inventaire des polluants.

L’industriel lui-même a donné une liste des polluants contenus dans les effluents sortant des filtres presses ; inventaire qui a été complété par l’ANSES en 2015.

La liste de ces substances est impressionnante (82 polluants), autant que leur pouvoir toxique : soude (toxique), aluminium (toxique, perturbateur neurologique, perturbateur cellulaire), fer (perturbateur de la reproduction et de la croissance), arsenic (forte toxicité), vanadium (désordres respiratoires, digestifs, sanguins et neurologiques), titane (toxique pour le plancton), molybdène (perturbateur endocrinien), bore (toxique), chrome (toxique), sélénium (toxique), manganèse (toxique), plomb (saturnisme, perturbateur sanguin, dysfonctionnement reins, foie, système nerveux), cuivre (algicide, atteinte à la base des chaînes marines trophiques), zinc (perturbateur photosynthèse et respiration, cancérigène), antimoine (toxique, possibles lésions hépatiques, rénales et cardiaques), cadmium (maladie Itaï, déformation du squelette), étain (ravageur des parc d’aquaculture), uranium (toxique), lithium (effet possible sur la fonction rénale), nickel (toxique, perturbateur du développement larvaire), cobalt (toxique), argent (toxique sur les stades larvaires), mercure (névropathie, paralysie fonctionnelle, destruction des reins) phénols, 16 hydrocarbures aromatiques polycycliques (forte toxicité, dysfonctionnement cellulaire, cancérigènes), 7 polychlorobiphényles (réduisent l’immunité naturelle, cancérigènes), 7 dioxines et 10 furanes (seuil de toxicité très bas, dysfonctionnement hépatique, nerveux, endocrinien, cancérigènes), 6 composés benzéniques (aberrations chromosomiques, cancérigènes), 1 phtalate (possibles effets sur le foie et les reins, le système reproducteur mâle, possible perturbateur endocrinien), 4 alkylphénols (perturbateurs endocriniens) et 2 polybromodiphenyléthers (perturbateurs endocriniens), 3 organoétains (perturbation de la reproduction et du système immunitaire, malformations morphologiques. Leur utilisation dans les peintures antifoulings des coques de bateaux a eu des effets dévastateurs sur les parcs d’aquaculture des moules et des huîtres).

La réalité sur les quantités déversées.

La présentation, par l’industriel, des résultats de dépollution sous forme de tableau de pourcentages masque la réalité. Si on applique ces pourcentages aux volumes d’eau rejetés, comme l’a fait l’ANSES, on s’aperçoit que les quantités sont considérables. En effet, l’Agence fait état, en 2015, de rejets annuels évalués à 2880 tonnes pour l’aluminium, 26 tonnes pour le vanadium, 9 tonnes pour le titane, 4 tonnes pour l’arsenic et le molybdène, 700 kg pour le chrome, 30 kg pour le plomb, 8 kg pour le cadmium (p. 24 du rapport du 2 février 2015) !

Cet aspect fondamental n’est pas pris en compte !

Est-il vraiment nécessaire de réaliser des investigations molysmologiques et d’y consacrer un budget conséquent, connaissant la grande toxicité de ces substances et les quantités rejetées dans un milieu aussi sensible ? Il aurait été plus utile de consacrer ces budgets à la mise en place de traitement de dépollution performants permettant d’arrêter le rejet.

 D’ailleurs, si la charge polluante était négligeable, comme le prétend l’industriel, on peut se demander pourquoi on continue le rejet en mer ! Le recyclage de ces eaux pour la recharge des nappes phréatiques et l’irrigation permettrait d’éviter un gaspillage scandaleux de l’eau si précieuse dans la perspective du changement climatique qui a commencé.

Facteurs d’aggravation de la toxicité et de l’impact.

1/Nature de l’effluent.

 Les boues rouges avaient une densité supérieure à l’eau de mer, ce qui explique leur écoulement dans le canyon de Cassidaigne jusque vers les grands fonds. Par contre, la fraction liquide, qui a remplacé ces boues, a une densité plus faible que l’eau de mer.

Ces eaux ont donc tendance à remonter vers la surface et à être dispersées par les vents et les courants sur l’ensemble de la partie marine protégée du Parc national et au-delà. L’un de nous a eu la curiosité de poser la main à midi sur la partie de la canalisation terrestre qui est exposée au soleil brûlant de l’été : le métal était évidemment chaud ! La partie sous-marine de la canalisation parcourant plusieurs kilomètres avant d’arriver à la zone des 12-13 degrés, le refroidissement complet de l’eau à l’intérieur de la canalisation est impossible.

Ce qui veut dire qu’à la différence de densité avec l’eau de mer, s’ajoute pendant plusieurs mois, presque toute la journée, la différence de température entre l’eau rejetée et celle des fonds marins qui est autour.

Personne ne nous contredira si nous rappelons que cette eau polluée plus chaude n’aura pas le bon goût de stationner au fond, un principe élémentaire de physique la fera remonter !

D’autre part, un simple coup d’œil au régime des vents de la baie de Cassis montre que le vent d’est, le vent de sud-est, la brise de mer, le labé (vent de sud-ouest), le ricochet de la largade (ouest) et du mistral sur les îles et le Cap Canaille, se ligueront pour pousser les eaux polluées vers le littoral, c’est-à-dire dans la partie la plus riche des peuplements marins benthiques du Parc national des Calanques.

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 1/Phénomènes de cumul.

Il est un aspect qui n’a pas été abordé, ni pris en compte, par les études et pourtant capital pour toute investigation sérieuse. En effet, un grand nombre des polluants contenus dans ces effluents industriels sont peu ou pas biodégradables.

C’est le cas, notamment, des métaux et métalloïdes qui sont des éléments, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas, par définition, être décomposés en partie plus petites. C’est le cas aussi des PCB, dioxines, furanes, de certains hydrocarbures aromatiques, etc.

On a donc à faire à de nombreux produits quasi indestructibles. S’ils ne sont pas éliminés par les phénomènes naturels, ils vont donc avoir tendance à s’accumuler au fur et à mesure des arrivées journalières et continue de l’effluent, au débit horaire considérable (270 m3/heure) !

Ce phénomène augmente la gravité de l’impact toxique de ces eaux sur la flore et la faune du voisinage et, par dispersion, accroît la charge polluante des eaux marines du Parc national et de la Méditerranée.

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 Concentration le long des chaines alimentaires.

De même, il n’est pas tenu compte non plus de l’important phénomène de la concentration de nombreux polluants le long des chaînes alimentaires et des réseaux trophiques (Augier 2008).

C’est un gros reproche que l’on peut faire au groupe Alteo, mais aussi à de nombreuses investigations toxicologiques en France. A chaque passage d’un maillon à l’autre la concentration du produit augmente.

Ainsi un polluant peut se trouver à l’état de trace dans l’eau de mer et à des concentrations de plus en plus élevées depuis le phytoplancton jusqu’aux gros poissons, en passant par le zooplancton, les petits poissons et les moyens poissons, selon le schéma suivant :

Eau de mer → Phytoplancton → Zooplancton → Petits poissons planctonophages → Moyens poissons → Gros poissons → Thons → Humains.

Le drame des pêcheurs de Minamata, au Japon (Augier 2008), constitue un exemple édifiant. Les « experts » et les autorités dites responsables avaient donné leur autorisation à un industriel nippon pour un rejet en mer contenant du méthyl-mercure. Selon ces scientifiques, le rejet devait être dispersé sans problème et disparaitre dans les immensités océaniques. Il fallait compter sur le phénomène de la bioconcentration, mal connu à l’époque.

Le polluant, dosé à l’état de trace dans l’eau de mer, fut concentré le long des chaînes alimentaires, menant aux thons. En consommant les thons contaminés par le mercure, à tous les repas, les pêcheurs contractèrent la maladie dite de Minamata.

C’est une névropathie très sévère qui se solda par une centaine de morts et de paralysés à vie. Les bébés étaient contaminés par leur mère avant de naître, le mercure n’étant pas arrêté par la barrière du placenta. Tout le monde devrait avoir lu le livre de Gigon (1975) pour comprendre l’intensité de ce drame.

Heureusement, nous n’en sommes pas encore là en France. Mais nous pouvons porter témoignage ici que les dauphins (prédateurs en bout de chaines alimentaires), recueillis morts sur les rivages méditerranéens français, disséqués et analysés dans le laboratoire de l’un de nous (Henry Augier), présentaient des teneurs élevées en métaux lourds et notamment en mercure (Augier 1998, 2008, Augier et al. 1993, 1994, 1998).

Leur mort était probablement due à une névropathie semblable à celle des pêcheurs de Minamata et aggravée par d’autres troubles occasionnés par les autres polluants concentrés dans le foie, les reins et l’encéphale. Comme les pêcheurs de Minamata, ces dauphins consommaient des poissons à tous leurs repas.

 Cet aspect n’est pas pris en charge !

 Addition des charges polluantes.

Le rejet industriel d’Alteo n’est pas isolé. Il s’ajoute à la pollution de la Méditerranée (« bruit de fond »), à l’apport du fleuve Huveaune détourné artificiellement dans les calanques et aux rejets urbains massifs de l’agglomération marseillaise, dans la crique de Cortiou, insuffisamment traités par la station d’épuration « Géolide ».

Ainsi les poissons analysés par l’ANSES sont contaminés non seulement dans la zone d’influence du rejet industriel, mais également dans la zone témoin ! La somme de ces apports peut s’avérer suffisante pour faire franchir des seuils de toxicité irréversibles pour la flore et la faune marines.

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 Sensibilité particulière des formes juvéniles, interruption des cycles de vie.

 Les seuils de toxicité sont essentiellement estimés pour les organismes adultes. On néglige ainsi les stades juvéniles de très nombreuses espèces, dont le seuil de toxicité est beaucoup plus bas. Il s’agit des œufs, spores, larves, alevins, etc. La mort par intoxication de ces formes juvéniles tronque le cycle de vie et raréfie les populations adultes.

 L’oursin comestible (Paracentrotus lividus) constitue un exemple édifiant à ce sujet qui mérite d’être développé. Le cycle de développement de cet échinoderme rappelle un peu celui du papillon. Les gamètes émis par les mâles et les femelles donnent des œufs qui ne vont pas se développer directement en petits oursins.

Ils donnent naissance à une larve (le plutéus), comme les oeufs du papillon donnent une chenille. La chenille se métamorphose en papillon, de même que le plutéus se métamorphose en petit oursin.

Or, de nombreuses expériences toxicologiques ont montré que la larve de l’oursin était extrêmement sensible aux polluants métalliques, à des concentrations considérablement plus faibles que pour les adultes (Augier 1998, Augier et al. 1994, 1995, Kobayashi 1980 et 2004, Lee et Xu 1984, Parish et al. 2012, Warman et al. 1996).

La larve est donc irrémédiablement tuée et le cycle de développement de l’oursin interrompu. Un tel constat permet d’expliquer, en grande partie, la raréfaction des populations d’oursins le long du littoral de Marseille et des calanques

Or le cycle de vie de la plupart des espèces marines, y compris les poissons, les crustacés et les organismes du plancton, comporte, au début de leur existence, un tel stade d’extrême sensibilité à la pollution (Jezierska et al. 2008).

 Cet aspect n’est pas pris en compte !

 Note.

 La déclaration, par l’industriel, de l’arrêt du rejet en mer des boues rouges à la fin décembre 2015 suscita une grande satisfaction qui allait vite se transformer en colère et indignation à l’annonce que le déversement des boues rouges allait être remplacé par celui des effluents liquides pollués sortant des filtres presses !

L’industriel avait déjà empoisonné les grands fonds au large des calanques, il allait maintenant empoisonner les petits fonds et les eaux au cœur de la partie marine du Parc national.

L’impact sur la vie marine sera aussi important, sinon plus, que celui des boues rouges ! On a vu en effet que la toxicité de ce rejet était aggravée par un certain nombre de phénomènes liés aux propriétés de la sphère biologique à ce niveau. L’industriel, les autorités locales, nationales et gouvernementales sont restés sourds à ces appels de détresse et portent donc une lourde responsabilité.

Le traitement au dioxyde de carbone doit être suivi d’un procédé de finition.

 La mise en place prochaine d’une unité de traitement par le dioxyde de carbone constitue un effort incontestable de dépollution de l’effluent, mais non encore suffisant.

L’industriel annonce un abattement des valeurs concernant certains métaux lourds, métalloïdes et le pH. Il s’exprime, là encore, en termes de pourcentages et non en quantités réelles déversées en mer qui devraient rester élevées.

Par ailleurs ce procédé est reconnu, par l’industriel lui-même, comme n’étant pas très performant pour réduire les quantités de matières organiques en termes de DCO et de DBO5 (paramètres retenus par le Tribunal administratif de Marseille).

Aussi faut-il considérer que les remarques exprimées plus haut concernant les facteurs aggravants et leur impact restent valables sur les effluents traités au dioxyde de carbone.

Pour dépolluer entièrement ces effluents et arrêter le rejet dans le Parc national des Calanques, le traitement au dioxyde de carbone doit être suivi d’un traitement de finition « Pollution zéro ».

Les techniques existent et ont fait leurs preuves. Le problème majeur vient que leur coût est élevé et que l’industriel aura du mal à réunir un tel budget si on tient compte du résultat d’exploitation. Il se caractérise par des pertes financières chroniques pour les cinq dernières années, en dépit des nombreuses aides publiques, notamment de l’Agence de l’Eau.

L’achat du minerai de bauxite en Guinée et son transport plombent les finances. La situation est encore aggravée par la concurrence de six usines (bientôt neuf) récemment implantées en Guinée et qui bénéficient, non seulement du minerai sur place mais aussi d’une main d’œuvre bon marché.

Les calanques sont le seul Parc national au monde discréditées par un permis de polluer et d’empoisonner la flore et le faune marines. Il est temps d’arrêter un tel scandale !

 

Henry Augier, docteur d’Etat, professeur, directeur de laboratoire à la faculté de Luminy, de nombreux ouvrages sur ces sujets et président de l »‘Union Calanques Littoral.

 

 

 

 

BOUES ROUGES : ENQUÊTE PUBLIQUE OCCASIONS MANQUÉES – L’ESSENTIEL

14 Juin

L’enquête publique a été clôturé le 07/06/2019 nous avons produits nos questions tout autant volumineuses que les classeurs Altéo et de plus factuelles, rien n’est inventé :

 Scientifiques, impact des rejets industriels dans les eaux du Parc National des Calanques et impact du dépôt à terre des déchets industriels à Mangegarri.

Economiques et financiers, la responsabilité de l’Etat pour carences fautives.

Les actionnaires successifs de Gardanne un véritable Monopoly, une probabilité dans avenir pas très lointain, la cessation d’activité, Pechiney puis Alcan, puis Rio Tinto absorbera Alcan et en 2012 le choix d’un fonds d’investissement de Miami HIG pour la gestion de l’usine par Alteo, résultat un capital social consommé à 72 % (2017).

Condenser les innombrables documents, acte notarié, certification des comptes sociaux depuis 2013, Traité d’apport partiel d’actif, 200 études scientifiques, des avis innombrables, d’expertises etc. des enjeux de dépollution, de démantèlement des sites non provisionnés dans les comptes avec un coût de plus de 200 millions d’euros.

J’ai procédé depuis 4 ans à des investigations à partir de documents officiels que chacun peut se procurer, analyse des éléments factuels ce qui me permet de poser les questions en Comité de Suivi du Site face au préfet sans obtenir les réponses des Autorités.

La Loupe de Simiane Collongue, vous permet  de parcourir  nos questions déposées au titre de l’Union Calanques Littoral auprès des Commissaires Enquêteurs.

Leurs avis aux autorités, le 07/07/2019.

Quelques semaines de silence volontaire durant l’enquête, les fidèles et curieux en mal d’idées interrogeaient le site, 50 000 visiteurs, 117 contributions. Aux Simianais d’abord, de découvrir les réalités de l’usine que l’on nous dissimule et ce au plus haut niveau.

J’ai accepté la mission proposée par Union Calanques Littoral de représenter cette association et je m’en félicite il y a déjà 4 ans au moment de nos saisines de la justice.

La Commission de Suivi du Site Altéo, un lieu où mes échanges sont musclés avec le préfet du 13. Le professeur d’Etat Henry Augier a su me convaincre de travailler en complément entre la science son domaine, la finance et l’audit le mien.

Voisin des nuisances de l’usine de Gardanne sur le versant sud de la colline des Molx, je perçois les poussières rouges sur l’ensemble du terrain et murs en partie mes motivations, mon engagement citoyen constant pour tenter d’alerter de la situation.

La responsabilité de l’Etat pour carence fautive, manquement dans l’exercice des polices ICPE des sites, particulièrement celui de la décharge de Mangegarri.

  • Pour la mer, l’Etat a été moins irresponsable dans ses démarches de contrôles et d’obligations, une action serait moins recevable.
  • Nos nombreuses alertes, restées sans effet auprès de la Présidence de la République, des Ministres de l’Ecologie, du Préfet du 13, de débats à sens unique lors des Commissions de Suivi du site Altéo.
  • Les causes de la situation sont un lien direct avec le non-respect des prescriptions réglementaires qui s’imposaient à l’exploitant depuis de longues années.
  • La carence avérée de l’Etat à intervenir pour mettre un terme à la violation des prescriptions, l’inadaptation de son suivi dans ses missions de contrôle.
    • Il apparaît nécessaire de souligner, malgré les pouvoirs que confère aux services de l’Etat les textes, ils n’ont pas détecté et se sont abstenus de sanctionner véritablement des défaillances visibles et prolongées de l’exploitant des sites vis-à-vis des industriels successifs.

Ces carences à terre sont fautives et de nature à engager la responsabilité de l’Etat, les fautes de l’exploitant n’exonère en rien celle propre de l’Etat. La justice se prononcera.

Nos sources, documents factuels et officiels publiques, rien n’est inventé :

  • Synthèse, analyse financière, économique (11 pages M.M.)
  • Précisions et compléments afin d’expliciter la synthèse (28 pages M.M.)
  • Responsabilité de l’Etat, carence fautive, manquement suivi ICPE (MM)
  • Impact des rejets industriels par le professeur d’Etat H. Augier.
    • Eaux dans le Parc National des Calanques, 82 polluants de plus.
    • Dépôt à terre des déchets à Mangegarri et leurs conséquences.
  • Les propos du ministre A. Montebourg en 2014, estimation du coût pour démantèlement et dépollution des sites 200 millions et 50 millions € pour la modernisation de l’outil.
  • Quand un exploitant cesse son activité il a l’obligation de remettre le site en état (théorie) l’application du principe pollueur/payeur.
    • Contractuellement ce n’est pas le cas pour Altéo (acte notarié).
      • La garantie financière de 7 335 000 instauré par la loi de 2011 ne permet que d’assurer le coût d’un gardiennage, à échéance vers 2030, dégressivité de la garantie chaque année.
    • 300 000 sites en déshérence, face à un industriel insolvable, cela devient très problématique.
    • Deux législations sont appliquées : Installation classée et celles des déchets.
    • Les industriels renoncent bien souvent à vendre leur terrain n’étant plus maître du futur usage tout en restant responsable de la pollution, donc des coûts à mettre en œuvre.
      • Un sujet qui mérite des éclaircissements :
        • Garanties réelles à mettre en œuvre. Montant à déterminer.
        • Expertise à réaliser, l’avis du ministre sera ainsi actualisé.

Jugement du 20/07/2018, n°1610282 14 demandeur UCL, Cour Administrative d’Appel de Marseille. Aucune ambiguïté sur notre engagement permanent, l’absence de reconnaissance généralisée envers nos actions est regrettable et pourtant cela permet à tous de s’exprimer aujourd’hui grâce aux juges et nos demandes.

D E C I D E :

Article 1er : L’arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 28 décembre 2015 est réformé en son article 4.4.6 (page 41) et en son article 4.5.2 (page 43), la durée de la dérogation accordée en ce qui concerne les valeurs limites d’émission de l’arsenic, de l’aluminium, du fer, du pH, de la DBO5 et de la DCO, étant ramenée au 31 décembre 2019, en lieu et place du 31 décembre 2021.

 

Il est précisé qu’est attendu un arrêté préfectoral visant à réduire les valeurs limites d’émission des substances DCO, aluminium, arsenic et fer, avec suppression de la dérogation relative au fer, arrêté qui a été soumis à la consultation du public du 18 mai au 18 juin 2018, pour le début du deuxième semestre de l’année 2018.

Article 2 : Il est sursis à statuer sur le surplus des conclusions de la requête.

Article 3 : Le préfet des Bouches-du-Rhône devra justifier de l’injonction à l’exploitant de compléter l’étude d’impact sur l’appréciation des dangers et inconvénients environnementaux et sanitaires cumulés de l’usine d’alumine de Gardanne et des installations de stockage de déchets de résidus minéraux situées au lieu-dit « Mange-Gàrri », sur le territoire de la commune de Bouc-Bel-Air, puis, une fois cette étude produite, de la réalisation d’une nouvelle consultation du

Public sur ce même point, en vue, le cas échéant, de l’adoption d’un arrêté préfectoral contenant des prescriptions complémentaires, le tout à réaliser dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n’est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu’en fin d’instance

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l’association Sea Shepherd France, à la Ligue française pour la protection des oiseaux, à l’association Surfrider Foundation Europe, au ministre de la transition écologique et solidaire, au préfet des Bouches-du-Rhône et à la SAS Altéo Gardanne.

Délibéré après l’audience du 14 juin 2018, où siégeaient :

Mme Haasser, président de chambre, Mme Jorda-Lecroq, premier conseiller,

  1. Le Bianic, conseiller, Assistés de M. Benoist, greffier.

Lu en audience publique, le 20 juillet 2018. Le rapporteur, Signé K. JORDA-LECROQ Le président, signé A. HAASSER

Conséquences :

L’enquête publique, « complément études d’impact » est terminée, de nombreuses questions et remarques risques de se retrouver « hors sujet » les autorités refuseront d’y répondre clairement. L’analyse des résultats financiers, les perspectives économiques des sujets tabous, une chappe de plomb s’abat sur UCL, nos interlocuteurs y compris en Commission sont inaudibles en prétextant :

La finance classée hors sujet au règlement intérieur de la Commission alors que c’est tout le sujet qui conditionne l’avenir.

Pour l’enquête de septembre 2019, à l’évidence le préfet va tenter de passer en force, avec astuces pour instruire l’autorisation de renouvellement par anticipation de la décharge de Mangegarri échue en juin 2021. Nous serons prêts à nous opposer par nos arguments.

  • Comment accorder une dérogation pour des paramètres qui ne seront technologiquement pas concluant avant 2025, le procédé n’existe pas à ce jour.

UCL, nos constats,

L’aboutissement de recherches, investigations nos sources les documents légaux, acte notarié du 31/07/2012, Traité d’Apports et Cession partielle d’actif du 29/05/2012, comptes sociaux de 2013 à 2017 en attente 2018.

  • Nos éléments factuels dénoncent la situation et les conséquences de l’usine en termes de pollutions toxiques, la survie de la raffinerie est en cause.
  • La communication de l’’entreprise et ses salariés tentent de nous faire porter la responsabilité d’une éventuelle fermeture, alors que nous nous sommes toujours prononcés pour donner un sursis à l’usine pour protéger l’emploi et se doter d’une station d’épuration digne de ce nom pour un objectif zéro pollution.
  • Le vrai danger beaucoup plus grave concerne la santé financière :
    • Les salariés et syndicats sont bien silencieux laissant à Altéo une communication lénifiante. Pensent ils sauver leurs emplois ?
    • Les éléments que nous avons découverts et que nous signalons, le Comité d’Entreprise n’en n’ignore rien.
      • Rapport SECAFI remis en 2012, il conclut à une opération non viable. C’est le cas. Nous avons demandé une copie en vain.
      • Proposer les modalités d’une reconversion serait efficace pour l’avenir et l’emploi, n’est-ce pas le rôle syndical, pérenniser les emplois leur rôle et obligations envers les salariés.
      • En ne se prononçant pas sur la santé économique plus que fragile de leur entreprise ce n’est aucunement responsable.
      • La politique, tout mois de gagner est bon, une vision à courte vue, comment prétendre à la défense des travailleurs.

De fait, nous alertons en réalisant le travail syndical malheureusement il ne s’agit pas de prédiction mais de réalités contrôlables auprès des instances sociales.

Les salariés auront à juger. Nous ne sommes pas des destructeurs mais des créateurs d’emplois, nous ne cessons d’alerter concernant un développement industriel maitrisé.

N’oublions pas que la création de 2012 concernait 4 usines dont 3 ont été vendues au 01/01/2017 entrainant une réduction de capital de Altéo holding de 50 %. Gardanne devenu seule est encore plus fragile et plus facile à cesser son activité.

Après maintes restructurations et les aides de l’Etat, Gardanne est devenu le seul producteur d’alumine en France dans une zone urbanisé qui n’offre aucune possibilité d’extension pour améliorer l’outil quel que soit la formule à retenir.

Mangegarri : Sa situation en zone, espace boisée au PLU, des maisons à 100 m. Extraits 

Superficie bassin 5-6 et 7 : 30 ha. Capacité du bassin 7 après travaux en cours : 304 000 m3 dont 110 000 m3 étanches et 194 000 m3 non étanches. Antérieurement 96 660 m3.

Quantités, plus de 5 millions de m3 ont été entreposés depuis 1 siècle ce qui s’accélère avec l’arrêt des rejets en mer fin 2015.

  • Hauteur de 47 m du remblaiement, vallons d’Encorse et de Mangegarri.
  • Deux laboratoires indépendants (Analatytika et Criirad) ont constaté :
    • Des taux anormaux de pH à 12,7. Aucune mesure sur le bassin n° 7.
      • Un pH de 7,2 est représentatif des eaux de la région.
    • Les volumes d’eau retournés à l’usine pour retraitement ne sont pas indiqués et pourtant un engagement d’Altéo pour le retraitement.

Les eaux de percolation, infiltration vers la nappe phréatique, elle n’a pas pour origine unique le bassin n° 7 les autres bassins y contribuent massivement.

N’oublions pas que les galeries ennoyées suite à la fermeture de la mine en 2003, les eaux sont récupérées au puits Gerard et drainé par un tuyau pour être rejeté en mer à l’Estaque (Marseille) par la « galerie de la mer ».

Un beau bilan, une décharge gratuite de taxes par les autorités à terre comme en mer.

Nous attendons les réponses avec curiosité de nos constatations, dossiers déposés, 18 questions très précises par nos chimistes de Bouc Bel Air sur la composition des éléments de bauxaline et ce que l’on trouve réellement à mangegarri.

  • Manquements d’analyses récentes en zone sensible.
  • Pollutions cumulatives aggravées et avérées depuis 2016 et bien avant.
  • Résultats d’études incomplètes, tronquées ou détournées.
  • Alteo a présenté le suivi 2016, en occultant les années 2017, 2018, 2019.
  • Idem pour la radioactivité, bilan chaque 5 ans le dernier 2015.
  • Impact radiologique dans les aquifères sous-jacentes du site n’a pas été réalisé (conclusions IRSN N° 2015-00344.
  • La qualité des experts travaillant même indirectement pour Altéo organise la dualité des mots pour profiter d’une réglementation favorable sans que les services de l’Etat y mette fin.
  • L’analyse chimique jointe pour la Commission une véritable démonstration de la supercherie des gestionnaires de l’usine. Accablant.

Les études épidémiologiques sur les conséquences de santé humaine ne sont pas convaincantes faute de moyens mis en œuvre afin d’établir des statistiques fiables. Différents cas sont rapportés, aucun lien incontestable avec la décharge n’est produit par les riverains et plaignants afin de prouver l’origine de leur état de santé. Cancers…

En mer, ce qui se retrouve dans les eaux de rejets et les déchets ont été inventoriés avec précision, remis à l’enquête par le docteur d’Etat et professeur H. Augier.

Les polluants toxiques que l’on retrouve dans les eaux de rejets en mer comme à terre sont au nombre de 82, on ne parle que de 6 paramètres.

  • Derrière les sigles DBO et DCO qui ne seront pas dans les normes se cachent une menace inquiétante pour la mer, la désoxygénation :
    • Le risque des zones entières seront hypoxiques en manque d’oxygène provoquée par les activités humaines et ses nuisances :
      • Vie marine, flore et faune, émissions de gaz à effet de serre…
      • Le réchauffement des eaux de surface empêche l’oxygène d’atteindre la faune qui vit dans les eaux chaudes profondes.
    • L’avis scientifique du CSIRIM du 20/05/2019 publié après la fin de l’enquête concerne la période de suivi de 2016 à 2017. L’avis de ces « experts « très favorable à Altéo précédemment dans leurs avis commence à vaciller.
      • Nous allons répondre prochainement par le professeur H. Augier.

UCL, a obtenu le 20/07/2018 de la Cour Administrative d’Appel de Marseille un jugement qui impose aux autorités et à Altéo de respecter différentes normes pour 6 paramètres à la date du 31/12/2019 au lieu du 31/12/2021.

Malgré l’appel d’Altéo la date butoir du 31/12/2019 a été confirmé par les juges :

  • 4 paramètres devraient être maitrisés, fer, arsenic, aluminium, pH
    • Un traitement au CO ² est opérationnel depuis mars. Il doit être avalisé, vérifié par l’agence de l’’eau (courrier du 20/05/2019).
  • 2 sont des objectifs qui ne sont pas atteints, les technologies n’étant pas disponible et retenue faute de certitude sur leurs aptitudes, ce sont :
    • Demande chimique en oxygène DCO et demande biologique en oxygène DBO5.
    • La construction d’une station d’épuration (DCO et DBO) dont on ne sait quand elle serait opérationnelle, hypothèse 2021 sans certitude.
  • Le juge a ordonné la réalisation d’une étude d’impact complémentaire tout en conservant la date du 31/12/2019 et qui vient de se clôturer son objet :
    • Les effets cumulés de l’usine, rejets effluents en mer et stockage de résidus de bauxite sur le site de Mangegarri.

L’implantation de l’usine à Gardanne avait sa cohérence à une époque mais elle entrainait des risques de pollution et de démantèlement des sites qui devaient être provisionnées et transmis aux successeurs par les différents propriétaires qui en sont responsables, ce n’est pas le cas.

  • Absence de provisions estimé par le Ministre Montebourg en 2014 à 200 millions d’euros. La création le 24/05/2013 du Comité Stratégique sur les industries extractives et de premières transformations » ce montant n’est pas le fruit d’une absence d’analyse ou de propos d’estrade. Un dossier existe au Ministère.
  • Les garanties financières pour Mangegarri sont limitées pour l’essentiel à la mise en sécurité à hauteur de 7 335 000 € avec une dégressivité.
  • Une expertise des sites est incontournable afin d’évaluer la situation, les modalités et une évaluation des montants, en cas de déshérence.

UCL, rejets en mer, 3 canalisations dites de Gardanne, La Barasse, vestiges, nos nombreuses alertes sur les risques, les autorités sont restées muettes :

  • Fuites avérées, nos images via nos plongées.
  • Dossiers de nos constatations sur les risques latents transmis au préfet.

Propriété d’Aluminium Péchiney, filiale à 100 % de Rio Tinto Alcan qui n’a plus qu’une présence symbolique en France avec son laboratoire de Voreppe (38) devrait interpeller qui paie en cas d’obligation de démantèlement ?

  • Réalisation et mise en service 23/05/1966. Renouvellement autorisation utilisation domaine publique maritime pour 19 ans le 01/07/1996.
    • Le Parc National des Calanques, séance du 08/09/2014 le Conseil d’Administration donne un avis conforme à la signature de D.Reault durée 30 ans, délibération n° CA-2014-09.07, prescriptions, extraits :
      • Dans les 2 ans études sur l’état général des ouvrages, transmission régulière, des rapports, données, films issus des inspections de contrôle. Rendre compte chaque année.
      • Différents aspects tentent de justifier cette décision qui plus est dans un Parc National. Aller comprendre.
      • Le CA demande à l’autorité administrative qu’en cas de fin de période de concession, les ouvrages soient laissés en place.
    • En mer, 7, 636 Km, acier recouvert brai à chaud, diamètre 240 mn. Epaisseur 7,92 mm, pression 50 bars.
    • A terre, 47 Km un tracé qui fera l’objet d’une cohabitation avec Valtram.
    • Un coût à l’époque de 23 660 000 € amortissable sur la durée.
    • Une convention d’entretien de l’ouvrage fixe les engagements, secret.

Les risques identifiés et confirmés par les services de l’Etat, effondrement falaises de grandes ampleurs, tsunami, usure du métal suite réaction physico-chimique, nécessité d’actualiser suivant expertise l’état de la canalisation.

Nous n’avons eu de cesse que de réclamer le passage à l’intérieur d’un PIG racleur la seule technologie permettant d’apprécier l’usure du métal. Aucune réponse.

UCL, procédures en cours autres :

  • Plainte contre l’Etat français pour infraction à 6 Directives et de la Convention de Barcelone auprès de la Commission Européennes.
  • Signalement au Parquet National Financier en cours, modalités et conditions d’achats du minerai de bauxite payable au siège de Halco Mining of Delaware.
    • S’agissant de clauses confidentielles l’on ne peut se référer qu’à la littérature sur le sujet des conditions d’achats auprès de sources avisées.
    • Question n° 92 454 JO du 19/01/2016, avec 4 renouvellements, jusqu’au 31/08/2016 date du départ de M. Macron du ministère aucune réponse.
      • Réponse publié JO 07/03/2017 page 2052, du successeur M. Sapin. « En raison des règles sur le secret fiscal il ne peut pas être répondu sur l’affaire particulière citée par l’auteur de la question.»

A/ Arguments déployés par Altéo devant le juge administratif afin d’obtenir le complément d’études d’impact, un concentré d’aveux sur ce que nous dénonçons.

Extraits et citation :

  • Le jugement litigieux fait courir à Altéo, ainsi qu’à d’autres intérêts qu’il revient au juge administratif de protéger, un risque certain de conséquences difficilement réparables, du fait du raccourcissement soudain de la durée de la dérogation initialement accordée jusqu’au 31/12/2021.
  • D’autre par la nouvelle échéance fixé par le tribunal génère dès aujourd’hui un risque que l’ensemble des financements nécessaires ne soient pas mobilisables dans le délai du fait du risque technique d’échec lie à la poursuite d’une échéance subitement devenue trop proche.
  • D’autre part, la nouvelle échéance fixée par le tribunal génère, en elle-même et du fait de son caractère irréaliste, un risque significatif de non-respect au 31/12/2019, ce qui entrainerait une cessation d’activité, avec les conséquences de plusieurs ordres en raison :
    • De l’absence de toute alternative technique au rejet marin à ce jour, si celui-ci devenait administrativement impossible, faute de stockage alternatif des effluents de l’usine ; un arrêt du fonctionnement – même temporaire- de l’usine de Gardanne conduirait aussi à l’impossibilité d’assurer la gestion des quantités très importantes de liqueurs sodiques contenues dans les installations, ainsi que des différentes sources d’eaux collectées sur les sites, ce qui engendrerait un risque environnemental certain. »

 

  • La conclusion, les motifs : la société requérante conclut à ce qu’il plaise à la Cour administrative d’appel de Marseille, de :
  • SUSPENDRE LEXECUTION du jugement litigieux en tant qu’il dispose en son
  • Article 2 : « L’arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 28 décembre 2015 est réformé en son article 4.4.6 (page 41) et en son article 4.5.2 (page 43), la durée de la dérogation accordée en ce qui concerne les valeurs limites d’émission de l’arsenic, de l’aluminium, du fer, du pH, de la DBO5 et de la
  • DCO, étant ramenée au 31 décembre 2019, en lieu et place du 31 décembre 2021 », le temps que la Cour statue sur la requête d’appel introduite Notamment sur ce même point.

  CONDAMNER les associations défenderesses à payer ensemble à la société

ALTEO GARDANNE la somme globale 3000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

 Des propos d’une gigantesque tromperie, afin d’obtenir du préfet les dérogations. Ce qui n’est pas précisé par Altéo et qui demande contrôle :

  • Quels sont les autres intérêts ? Probablement RTA le « manager ».
  • La phase pilote avec moins de 10 m3 jour est opérationnel grandeur nature depuis Avril 2019 par un traitement au CO².
  • Le courrier du 20/05/2019 de l’agence de l’eau à l’attention UCL, l’organisme qui verse les aides, reste à vérifier les conditions de fonctionnement avant de payer le solde ainsi pour 4 paramètres :
    • « La station physico-chimique au CO ² a été mise en service tout récemment. Il faut encore un peu de temps pour en vérifier les performances sur une période suffisamment significative. »
    • Le rejet en mer est de 270 m3/h en phase active, problématique.
    • Pour DBO et DCO aucune technologie disponible rapidement.

B/ Continuité de l’activité, les réserves des Commissaires aux Comptes 2017, HAF Audit Conseil du 22/05/2018.

« Il appartient à la direction d’établir des comptes annuels présentant une image fidèle conformément aux règles et principes comptables français ainsi que de mettre en place le contrôle interne qu’elle estime nécessaire à l’établissement de comptes annuels ne comportant pas d’anomalies significatives, que celles-ci proviennent de fraudes ou résultent d’erreurs. »

« Lors de l’établissement des comptes annuels, il incombe à la direction d’évaluer la capacité de la société à poursuivre son exploitation, de présenter ses comptes, le cas échéant, les informations nécessaires relatives à la continuité de d’exploitation et d’appliquer la convention comptable de continuité d’exploitation, sauf s’il est prévu de liquider la société ou de cesser son activité. »

Alteo, publication des comptes sociaux, période 2013 à 2017.

Pertes d’exploitation cumul (la mesure de l’activité)             64 599 566.00 euros.

Résultats nets bilan, certifications, pertes cumul             43 539 578,00 euros.

Le capital social d’origine n’a pas été modifié soit 60 millions d’euros.

Le seuil légal de 50 % est dépassé, obligation d’information aux greffes du tribunal de Commerce d’Aix en Provence. Le ratio réel, Capitaux propres / Capital social 72 %.

A notre connaissance cette formalité n’a pas été respectée. Nous attendons la publication des comptes sociaux certifiés de 2018 d’ici début juillet 2019.

L’on comprend mieux les réserves « diplomatiques » des Commissaires aux Compte lors des opérations de certification de 2017 malgré l’artifice de l’abandon de créances une opération qui ne pourra se reproduire en l’état, montant d’origine 25 498 348. €

  • Exercice 2017 13 498 348. € Exercice 2018 le solde.

Constatation de l’incapacité d’Altéo à rembourser ce montant à sa maison mère HIG/Altéo Holding, un retour à meilleur fortune qui devrait poser questions.

Le jeu des actionnaires successifs.

Le coût des achats, minerais suivant statistiques douane NC 8, rendu Fos, Achat assurance, fret maritime, passage portuaire (Carfos/Stocfos) transport terrestre :

Conditions et modalités de paiement chez Halco mining of Delaware : 50 € la t.

Ce prix de minerai de bauxite depuis la Guinée à rendu Gardanne ne peut permettre de rentabiliser et c’est le cas depuis 20 ans (statistiques jointes).

Le marché qui a bien compris s’installe actuellement au plus près des mines. Pechiney avait été l’initiateur dès 1962 avec Fria en Guinée, relancé par un des majors.

Depuis 1973, cette optimisation a été mise au point par Pechiney avec Harvey et elle perdure en 2019 sans que cela gêne nos autorités avisées et qui ne contrôle rien.

De nombreux programmes de réduction drastique des dépenses ont été mise en œuvre sans que cela diminue les pertes, l’essentiel de la structure achats du compte d’exploitation, minerais, soude, Energie n’ayant pas évoluée ainsi que les changements de production. Nos études déposées confirment la situation.

Les inconvénients d’une reconversion du site :

  • Coût d’investissements élevé qui ne semble pas dans la capacité de HIG.
  • Emplois, une usine neuve moderne, technologiquement au point impacterait fortement l’emploi pour la même capacité de production, par exemple en supprimant le côté rouge, la priorité.

Les occasions manquées pour l’usine de Gardanne ?

Dès 1960, la recherche de diminution des coûts (déjà) différentes études :

  • Implantation bord de mer, Dunkerque, Fos.
  • Alumineries au plus près des mines de bauxite, FRIA pour Pechiney.
    • Le Bayer n’a pas été déplacé, reconversion, on continue à fabriquer.

Dès 1970, sur 20 ans le passage aux alumines techniques puis de spécialités après l’abandon d’alumines métallurgiques, un manque de rentabilité, pertes.

  • Aucune transformation en profondeur ne s’impose, faut-il en changer ?

La mise au point d’un projet H. un secret qui n’aboutira point.

1974, Supprimer le Bayer, un constat géologique, on retrouve l’alumine sur la surface terrestre, on peut l’extraire de schistes et argiles sans passer par la bauxite. Une révolution technologique en ce sens pouvait être opérationnel. L’arrêt de sa mise en œuvre est le fruit d’accords internationaux. Guinée ?

  • La question sans cesse posée et renouvelée : Est-ce que Gardanne serait plus rentable et moins polluant sans le Bayer.
  • L’affectation des emplois, une restructuration obligatoire pour « le rouge » :
    • Bauxite-Autoclaves-Dilution-Décantation-Filtration-Décomposition-Concentration Machines- Boues- Nettoyage – Entretien.
      • 200 emplois pour le côté rouge.
      • 220 emplois pour le côté et la direction.

L’on ne doit pas laisser à la finance avec ou sans visage, aux actionnaires d’imposer leurs décisions dans un terme qui se rapproche et pour lequel il nous faut alerter et réagir fortement vers les salariés et défenseur de l’environnement.

Gardanne, son destin est sans cesse remis en question. L’usure du temps, la concurrence mondialisée, l’absence de rentabilité la condamne à une cessation d’activité organisée de main de maître par les actionnaires successifs, des professionnels les conseils de RTA.

Les documents en notre possession en attestent ce que refuse de regarder malgré de nombreuses alertes nos Autorités. Un scandale se profile-t-il ?

La mondialisation financière, Gardanne ne sert que pour présenter un « vernis industriel exportable » aux ordres du tandem Rio Tinto Alcan et HIG Miami.

  • En 2012, annonce présence pour 5 à 7 ans pour HIG. Nous y sommes.

Tout a été minutieusement externaliser, les brevets ne sont pas propriétés d’Altéo, un patrimoine envolé mais les aides publiques de 16,7 millions d’euros versés à l’entreprise.

La présentation par Altéo pour se conformer aux normes :

Une communication à sens unique qui vante les mérites d’un outil en ordre de marche et pourtant très vétuste, devenu un non-sens dans une zone densément habitée de plus présenté sans le moindre risque pour l’environnement et la santé humaine, respectueux de toutes les règlementations, supercherie ou rêve ?

En fonction des résultats de l’Enquête Publique, de celle à venir nous sommes sans illusion, un dossier politique et ce haut au plus haut niveau de l’Etat Français.

Alteo, son rôle unique : gestionnaire de l’usine, HIG le Fonds d’Investissements de Miami « le porteur d’eau » de Rio Tinto Alcan le véritable décideur.

Une PME qui se comporte comme une multinationale, bénéficiant des plus hautes protections qui ne pèse que 220 millions de C.A. ce qui est dérisoire, malgré tout elle impose les objectifs de ses réels propriétaires qui lâcherons à leur convenance.

Pour décider avec clarté du devenir de l’usine, la confection d’un business plan avec des engagements fermes et de garanties certaines dans la durée, l’Etat doit imposer les règles où revenir sur l’ensemble des avantages qui ont été consentis, l’inventaire est douloureux pour Altéo.

La qualité des alumines de spécialités utilisées dans grands nombres d’appareils de nos nouvelles technologies mais dans des petits volumes ce qui ne peut perdurer, que si la production et la vente 300 000 t. d’alumines aux 3 usines vendues se maintien.

Un outil vétuste de 120 ans, polluant et toxique, un site de la préhistoire cohabite avec le modernisme de nos smartphones, écran LCD etc. ainsi va Gardanne !!!

Un manque d’ambition pour notre industrie, le rôle de l’Etat comme fer de lance et novateur est inexistant. Un marché mondialisé de l’aluminium, manque de stratégies, indépendance nationale un leurre, la nécessité d’une reconversion, adaptation aux technologies pour permettre d’entrouvrir les voies de la sagesse.

La fragilité de Gardanne repose aussi sur le manque d’indépendance national quant à obtenir la matière première, l’accès garanti aux minerais, la rupture des contrats d’approvisionnements, des conditions et modalités inconnues, un risque majeur.

Engager une réflexion pour développer un avenir industriel de production, construire un outil moderne respectueux de l’environnement et de la santé humaine, serait ce hors des compétences de nos autorités ? Les citoyens informés attendent des actes pour voter.

Objectifs accessibles avec la volonté, nous possédons les ressources humaines, techniques pour bâtir un vrai projet permettant des emplois stables tournés vers le futur.

Protection de l’environnement, l’impact de santé humaine, faudra-t-il attendre la lente agonie économique et financière inscrite dans les comptes de l’usine pour agir ?

En refusant de regarder en face les réalités la responsabilité de l’Etat est écrasante.

Point positif l’arrêt des nuisances, mais qui paiera le démantèlement et dépollution ?

Pour les actionnaires avec Rio Tinto Alcan comme décideur unique ce n’est que la mise en œuvre de ses stratégies ce que les autorités et les salariés apprendrons par la presse.

Une « accélération écologique « dans les tuyaux du gouvernement ? Une présentation à l’Assemblée Nationale le 12/06/2019 par le gouvernement qui sera suivi d’effets ou pas ?

Michel Mazzoleni.  Représentant UCL Commission Suivi Alteo (CSS) le 14/06/2019.

 

 

BOUES ROUGES : le député LAMBERT un multicarte à géométrie variable…

14 Avr

Union  Calanques Littoral a adressé au journal La Provence « fidèle des thèses d’Altéo » un droit de réponse en date du 13/04/2019. Il nous faut rappeler que nos demandes d’expression dans ce journal ont été refusé.

Mail de François Tonneau « rédacteur influent » dès la suite de leur article de septembre 2016 et après entretien à mon domicile, motif aspect finance  jugé « trop pointu ». dixit.

Un aspect qui n’intéresse pas les lecteurs mais « le baratin » pour noyer le poison …. et défendre l’industriel dont les comptes sociaux n’inspire aucune confiance.

1/Ci après, le droit de réponse à ce journal à la signature du professeur Henry Augier et Président d’UCL sera t il visible pour les lecteurs de la Provence ? Omerta ..

2/ Une procédure est en cours suite à l’appel d’Altéo concernant Mangegarri et seul UCL est partie. Nous nous employons à faire triompher le droit, la sécurité environnementale et de santé humaine dans une position équilibrée concernant l’avenir de l’usine.

N’en doutons pas, les actionnaires délocaliserons pour de multiples raisons, l’usine de Gardanne après 120 ans est vétuste, obsolète. La mise au point du process abouti, les brevets appartenant à des tiers et non pas à Altéo qui a touché pour cela plus de 16 millions d’euros d’aides publiques. Ce qui méritent des éclaircissements.

Et puis le volet capital pour les actionnaires, un manque de rentabilité chronique depuis 20 ans, l’importation du minerai depuis la Guinée « plombe les comptes » soit un coût de 45/50 euros la tonne. Comment être rentable dans ces conditions ?

Economique, concurrence d’alumineries au plus près des mines, expansionnisme des entreprises chinoises et restructuration de la filière mondialisée etc.

3/ Nous avons terminé un dossier complet sur les coûts de démantèlement et de dépollution des sites d’exploitations estimés en son temps par Arnaud Montebourg ministre du redressement productif en 2014 à 200 millions d’euros et à 50 millions concernant la modernisation de l’usine.

Faute de réponse par le Préfet à ces questions déposées lors de la Commission Plénière du 25/02/2019, nous attentons le PV. nous engagerons une procédure.

4/ Les comptes sociaux de 2018 seront rendus publics en fin juin 2019. L’abandon de créance de plus de 26 millions d’euros constaté sur les exercices 2017 et 2018 sera absorbé.

Altéo Holding aura perdu ce montant, Altéo usine se retrouve à nu pour l’exercice 2019 sans aucune réserve en capital à reconstituer. Un ensemble qui sera crucial en terme de rentabilité et d’obtention des autorisations.

Ces questions nous demandons sans cesse en Commissions qu’elles soient abordées par M. le Préfet qui refuse au prétexte que ce n’est pas prévu dans l’organisation….

DROIT DE RÉPONSE AU JOURNAL LA PROVENCE.

 

UNION CALANQUES LITTORAL

 

Communiqué de presse

Usine d’alumine de Gardanne Pollution de la mer et de la terre

Comment peut-on se réjouir ?

Qu’un industriel défende son usine et use du chantage à l’emploi, cela se comprend, mais qu’il se réjouisse de ce qu’il fait pour l’environnement, dans une déclaration outrancière, n’est pas acceptable.

Rappelons que l’usine de Gardanne est responsable d’une des plus importantes pollutions industrielles de tous les temps : 30 millions de tonnes de boues rouges déversées en mer pendant plus de 50 ans, recouvrant la vie marine profonde d’un mortel linceul de Toulon au golfe de Fos !

Le déversement des boues rouges, arrêté au 31 décembre 2015, a été remplacé par celui des effluents pollués qui sortent des filtres-presses et qui empruntent la même canalisation. Ces eaux, moins denses que les boues rouges, remontent en surface et son dispersées par les vagues et les courants sur l’ensemble de la partie marine du Parc national des Calanques ! La liste des substances toxiques est impressionnante (83 au total !), de même que le débit (270 m3/heure !). Dans son étude officielle, l’ANSES (p. 24 du rapport du 2 février 2015) fait état d’un rejet annuel évalués à 2880 tonnes pour l’aluminium, 26 tonnes pour le vanadium, 9 tonnes pour le titane, 4 tonnes pour l’arsenic et le molybdène, 700 kg pour le chrome, 30 kg pour le plomb, 8 kg pour le cadmium, pour ne citer que les concentrations les plus élevées ! Une bagatelle pour l’industriel ! D’ailleurs, s’il était vrai que le rejet ne contient aucun produit toxique, on se demande pourquoi on continue à déverser en mer des quantités d’eau considérables qui pourraient être recyclées et servir à l’irrigation et à la recharge des nappes phréatiques, dans le cadre du changement climatique !

La justice l’a bien compris, en condamnant l’industriel à réduire de 2 ans l’autorisation préfectorale de rejet concernant les 6 polluants majeurs qui dépassent les normes en vigueur (Tribunal administratif de Marseille, audience du 20 juillet 2018), l’industriel a même été débouté en appel par la cour d’appel de Marseille (audience du 11 janvier 2019).

Particulièrement sensibilisé sur le devenir du personnel, UCL n’a jamais réclamé la fermeture immédiate de l’usine, mais a proposé de donner un sursis de 3 ans à Alteo, lui permettant de mettre en place une station d’épuration suffisamment performante pour arrêter le rejet en mer et recycler les eaux précieuses. Les autorités responsables n’ont pas suivi !

Il n’est pas tolérable que les Calanques soient le seul parc national au monde empoisonné par des rejets industriels. L’usine a eu plus de 50 ans pour arrêter ses nuisances ! Maintenant ça suffit !

 

Marseille le 13 avril 2019.                              Professeur Henry Augier

Président Union Calanques Littoral.

 

 

BOUES ROUGES : MANIFESTATION NOUS ÉTIONS 2000 LE 30/01/2016 ET APRES ?

17 Mar

foule manifestation

meetin rouge colere mm

Ce que nous a appris « cette grand messe  » Union Calanques Littoral a choisi la voie des procédures judiciaires, loin  des agitations qui pourraient discréditer le travail d’associations responsables ce que ne manquent pas de souligner Alteo en engageant des poursuites contre des actions récentes.

Les résultats obtenus par UCL  des encouragements pour notre ligne d’action.

Nos investigations, éléments factuels, notre travail finira par porter ses fruits notamment celui nouveau en préparation avec notre avocat concernant les évaluations de démantèlement et de dépollution des sites.

Aucune provision ne sont constitués dans les comptes sociaux, ce que nous dénoncerons une nouvelle fois lors de l’enquête publique d’Avril 2019 avec comme d’habitude preuves à l’appui.

1/Cour Administrative d’Appel du Marseille jugement du 20/01/2019 confirmation des valeurs de rejets au 31.12.2019. L’industriel obtiendra il une dérogation pour 2 paramètres ce qui n’est pas gagné ?

Les attendus du jugement sont clair concernant un ensemble de 6 paramètres et la mise au point du process CO ². Comment notre préfet va t il procéder ? A suivre.

2/ Notre plainte contre l’Etat Français auprès de la Commission Européenne concerne 6 infractions aux Directives et de la Convention dite de Barcelone. Décision proche suivant dernier mail.

Lors de la Commission Plénière du 25/02/2019 notre préfet relayant notre Président Macron a été très clair et sans que personne des présents »la ramène » :

« Nous devons protéger, l’emploi, Altéo et Gardanne » la priorité.

Pour avoir été actif dès 2014, publié 234 contributions, 43 000 visiteurs, je connais parfaitement le sujet Mangegarri et l’on peut se référer à l’ensemble de mes textes.

Les deux études indépendantes pour alerter les citoyens et qui annonce toxicité et nocivité de la bauxaline ont été fortement décrié fin 2014.

Pour être crédible les mêmes coordinateurs et pour justifier leurs positions, de nouvelles études auraient dû être mise en oeuvre afin de « prouver avec certitude,  rien ne sert d’affirmer pour détenir la vérité. » Il s’agissait d’un manque de protocole, des conditions de prélèvements ce que M. Ramé ne manquera pas de souligner fin 2014.

Les démêles avec la journaliste Barbara Landrevie (le Monde Diplomatique) j’étais présent chez le défunt riverain elle sera dans l’obligation de réaliser un complément d’analyse auprès de l’Hôpital Lariboisière à Paris.

Google vous permettra de retrouver trace des réalités.

Cette décharge n’est pas répertorié comme pollué ou potentiellement pollué à l’inverse des sites de l’ex Pechiney répertoriés et ne fait pas en conséquence l’objet d’une fiche BASOL l’outil incontournable du ministère de l’Ecologie à destination des notaires, urbanismes et renseignements sur un bien.

J’attends des explications de la préfecture concernant cette position. Cette obligation est la conséquence de la Convention d’Aarhus signée en 1998.

Michel Mazzoleni. Représentant UCL commission de suivi du site Altéo en préfecture.

 

Le dernier ouvrage d’Henry Augier. Disponible en librairie en Mars 2019.

6 Mar

Trop nombreux. Trop pollueurs. Trop consommateurs… Où allons-nous ?

La dégradation des conditions de vie sur terre et l’épuisement des ressources ont atteint un tel degré de gravité pour l’avenir de l’homme qu’il faut, sans tarder, envisager une solution plus efficace que celle de doper l’économie à outrance.

Il est indispensable de trouver des substituts aux ressources, de forcer l’application du développement durable ou de décroître.

Cette démarche n’est pas facile; elle passe par la régulation des naissances, la mise au service d’intérêts communs de notre technologie, l’assainissement de nos finances et la condamnation de leurs dérives, ainsi que le bouleversement de nos méthodes de gouvernance.

Certes, cette voie est dérangeante, voire révolutionnaire; elle se heurte à de nombreux tabous, à des croyances, notamment religieuses, à des puissances industrielles, financières et politiques, à des habitudes, au monde capitaliste basé uniquement sur les profits, et peut être même à la nature de l’homme.

Mais elle est pourtant la seule voie possible pour éviter l’effondrement de notre civilisation. Voilà la responsabilité de chacun, dans nos vies personnelles comme dans nos responsabilités sociales.

L’AUTEUR : Docteur d’Etat, maître de conférence honoraire, professeur honoraire à l’Ecole Nationale des travaux publics de l’Etat.

Il était à la tête d’un laboratoire spécialisé dans l’étude des nuisances et expert consultant international sur les problèmes de pollution et de protection de la nature.

Auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique consacrés aux dangers majeurs qui nous menacent.

Président de l’Union Calanques Littoral, Henry Augier a toujours été à la pointe des combats pour la sauvegarde des calanques qui ont conduit à la création du parc national.

Éditeur : Libre et Solidaire 19 rue Ballu 75 009 Paris. Prix 23,00 € et 372 pages.

PS. le professeur m’a fait l’honneur d’insérer 20 pages sur la finance dans le dossier Boues rouges conséquences de l’usine de Gardanne.

La qualité de l’ouvrage me permet de recommander une lecture sans modération. Michel Mazzoleni représentant UCL Commission de Suivi du Site Altéo.

BOUES ROUGES : DÉMANTÈLEMENT ET DÉPOLLUTION DES SITES. COÛTS IGNORES PAR LES ACTIONNAIRES EXPLOITANTS L’USINE DE GARDANNE ET DE SES CONSEQUENCES.

5 Mar

La Commission plénière du 25/02/2019, a permis de constater l’inexistence d’un plan de démantèlement et de dépollution des sites de l’usine et des dépôts de résidus et autre « bauxaline » de traitement de la bauxite, dans l’hypothèse de la fermeture de l’usine.

UCL, confirme, par la présente, sa volonté de discuter de cette question délicate et complexe, qui mérite des réunions de travail. On ne peut, en effet, envisager, que les coûts soient à la charge de la communauté !

On ne peut pas dire aussi que cette question ne concerne pas la CSS ; s’il le faut, nous saisirons, une fois de plus, la justice, avec publicité dans les médias. Nous osons espérer que nous n’en serons pas réduits à cette extrémité !

Monsieur Montebourg, Ministre du Redressent Productif avait estimé, en 2014, l’ensemble à 200 millions €. Un montant que le Préfet Dartout semble ignorer. D’ailleurs, cette estimation sera probablement revisée à la hausse !

En se référant aux éléments factuels signés du président Ramé, nous avons exposé les constatations d’UCL, suivant les deux axes connus depuis 2015 :

Révélations :

. Les garanties financières exposées par la DREAL ne seraient pas le sujet.

. Il n’existe ni inventaire, ni estimations récentes par l’organisme certifié Afnor.

Constat :

. Il n’existe aucune provision dans les comptes sociaux des différents exploitants.

. On ne peut se satisfaire d’un bilan incomplet. Un inventaire précis pour agir est une obligation sur les conséquences à long terme et irréversible des risques environnementaux voire de santé humaine.

Nos questions et demandes permettrons, nous l’espérons, à Monsieur le préfet Dartout, de nous indiquer ses intentions avant l’enquête publique qui devrait démarrer en avril 2019.

On ne compte plus, en France, les cas où les sites pollués, laissés en déshérence, malgré des aides publiques, se sont terminés en « fiasco » ! Il faut empêcher, avec force et détermination, une telle éventualité.

Pour Rio Tinto Alcan et HIG l’avenir de Gardanne parait tracé. Pourtant Altéo communique « tous azimuts », avec deux lobbys afin de rassurer les autorités et accréditer l’idée d’une usine ayant amélioré son process.

Derrière ce jeu se cache de fait les enjeux de la filière mondialisée de l’alu avec des perspectives de mieux exporter l’engineering » au plus près des mines.

Un postulat et choix incontournable en l’état de la concurrence, de la logistique et d’un pays à bas coût la Guinée où 6 alumineries sont investies. Avec qui … ? Rio Tinto Alcan étant omniprésent.

Nous souhaitons convaincre avec nos éléments factuels. En ne participant pas activement aux échanges nos autorités se rendraient complices. Nos interventions répétées sont demeurées sans effets jusqu’ici !

Oser penser que pour Gardanne, le positionnement actuel des actionnaires ne serait pas similaire à ceux concernant Ford (Bordeaux) et Ascoval (Nord) relève du phantasme. Cela conduirait à une vaste tragédie dont il faut se parer en mettant des « gardes fous » financiers et engagements contractuels garantis.

On doit agir avant lorsque l’industriel est demandeur de dérogations.

Nous avons l’opportunité de préciser les obligations, suivant jugement obtenu par UCL le 20/01/2019, afin de faire respecter la décision de justice concernant les 6 paramètres dépassant les normes, à la date du 31/12/2019.

Altéo confirme en Commission qu’il faudra de 1 à 3 ans pour mettre au point cette technologie externalisée auprès de prestataires, Altéo ne disposant pas des compétences en internes sur ce sujet DCO (demande chimique en oxygène) et DBO (demande biologique en oxygène.

Les contrôles inopinés, aussi bien à terre qu’en mer, pour le fer, l’arsenic, l’aluminium et le Ph sont indissociables pour les éléments considérés par l’industriel comme respectant les normes de celles au nombre de 2 présentant un taux anormal.

Nous avons confié l’analyse juridique, avec l’objectif d’introduire toutes actions contentieuses contre qui il appartiendra, à l’avocat d’UCL, Maître Benoit Candon.

Les éléments de nos constations, explicitées par les images : L’usine, le site de Mangegarri, canalisations y compris la Barasse, la situation en mer, la logistique cet ensemble fera l’objet de procédures judiciaires suivant l’opportunité.

Le 6 mars 2019.

Professeur Henry Augier Président et Michel Mazzoleni Représentant UCL.

BOUES ROUGES : UCL PERSISTE ET SIGNE LE PARC NATIONAL DES CALANQUES

2 Mar

Communiqué de presse

Une fois de plus Alteo minimise son impact sur la vie marine du Parc national des calanques

Lors de la séance de la CSS du 25 février 2019, les responsables de l’usine d’alumine de Gardanne ont trouvé une autre façon de déclarer négligeable sinon nul l’impact de leurs effluents pollués sur la flore et la faune marines des calanques.

Cette fois-ci, ils ont comparé la pollution apportée par les eaux du Rhône avec leurs rejets en mer. Comparaison totalement ridicule. Ils en ont oublié, chemin faisant, que ces eaux fluviales sont poussées en direction de l’Espagne par le fameux courant ligure. La réalité est la suivante qui a été exprimée à plusieurs reprises à la CSS, avec dépôt de rapports officiels écrits par UCL mais complètement ignorés.

Le rejet d’Alteo, en baie de Cassis, se fait dans des eaux déjà polluées. C’est ce qui est appelé, par les spécialistes, le « bruit de fond » de la Méditerranée, dont l’origine est multiple.

Si on examine le travail de l’ANSES, on constate que la zone témoin (ZT) et la zone du rejet (ZR) sont contaminées, mais ZR plus que ZT. Si l’on prend maintenant un verre presque rempli d’eau et qu’on ajoute un filet d’eau supplémentaire l’eau déborde, on a franchi le seuil de débordement. Il en est de même du rejet industriel qui, s’ajoutant à la charge polluante de l’eau, va faire franchir des seuils de toxicité.

Ce phénomène est même amplifié par les volumes considérables des rejets et la faible biodégradabilité des polluants qui auront donc tendance à s’additionner. L’expression populaire applique bien dans ce cas précis : « Il faut commencer par balayer devant chez soi ! ».

D’ailleurs, si l’effluent industriel n’est pas toxique, on se demande pourquoi continuer à le rejeter en mer ? On éviterait ainsi un gaspillage considérable (270 m3 par heure !) dans le cadre de sa raréfaction liée au changement climatique qui a commencé. Ce recyclage serait très utile pour l’irrigation et la recharge des nappes phréatiques.

Trouvez l’erreur !

Lors de la Commission plénière du 25/02/2019 notre représentant a qualifié sur les sujets économiques et financiers « le préfet d’amateur et celles de ses service face aux actionnaires d’Altéo.

Les exemples de Ford à Bordeaux et Ascoval dans la nord confirme que si l’on ne prend pas des garanties avant d’accorder de quelconques dérogations ce que le jugement ne permet pas pour DCO et DBO l’on va droit dans le mur sans aucune chance de faire payer pour dépollution et démantèlement des sites la somme de 200 millions d’ euros annoncé par le ministre du redressement productif en 2014.

BOUES ROUGES : Commission plénière 25/02/2019 – Notre vérité scientifique.

28 Fév

Les Pollutions de l’usine d’alumine de Gardanne 

Rejets en mer.

Une façon de masquer la réalité.

Pour minimiser la nocivité des rejets en mer, la société Alteo déclare dans un communiqué, « qu’il n’y a pas d’impact sanitaire des rejets en mer de l’usine ». C’est une façon habile de détourner l’attention sur ce qui se passe réellement dans la partie marine du Parc national des Calanques.

On se trompe de cible.

Au départ, les études de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail) ont montré que tous les échantillons de poissons et autres organismes marins analysés, de la zone d’impact du rejet (ZI) ou de la zone de référence (ZR) sont contaminés, sans exception ! Dans le détail (rapport du 21 décembre 2015), les taux sont supérieurs dans la zone ZI à ceux de la zone ZR pour de nombreuses espèces (congre, rouget, merlu, sébaste, sar, dorade…) pour l’aluminium (p. 13), l’arsenic (p.14), le mercure (p. 18), le manganèse (p. 19), le plomb (p. 21), le titane (p. 22), le vanadium (p. 23).

Même si pour certains les taux sont peu élevés, on mesure l’ampleur de la situation ! Autrement dit, si vous consommez du poisson, vous ne pouvez pas faire autrement que d’absorber une dose de produits toxiques. Heureusement que les experts précisent que les concentrations ne dépassent pas, pour l’instant, les valeurs d’alerte. Effectivement, si on consomme du poisson une fois par semaine et qu’on enlève la tête et les viscères, on ne devrait pas présenter des signes d’intoxication.

En fait une telle investigation était parfaitement inutile. On venait d’enfoncer une porte ouverte, en oubliant l’essentiel.

L’impact concerne la flore, la faune marines et leurs écosystèmes.

L’essentiel n’est pas l’impact sur les humains mais l’impact sur la flore, la faune marines et leurs écosystèmes. Contrairement aux humains, les animaux marins évoluent dans un milieu contaminé et consomment des organismes contaminés à tous les repas et à longueur d’année. C’est cet impact qui est en cause, notamment chez les super prédateurs que sont les gros poissons et les dauphins. Rien de sérieux n’a été fait à ce sujet et ce n’était pas la cible demandée à l’ANSES.

De nombreuses recherches ont mis en évidence des concentrations très élevées en métaux lourds chez les dauphins trouvés morts au rivage et responsables de leur empoisonnement. Même les œufs et les embryons des oiseaux de mer sont contaminés avant éclosion ! Par ailleurs, aucune étude n’a été conduite sur l’impact de cette pollution sur les formes juvéniles (gamètes, œufs, larves, alevins…) généralement beaucoup plus sensibles que les adultes. Les cycles de vie s’en trouvent tronquées, ce qui explique la raréfaction de certaines espèces telles que les oursins par exemple.

La réalité sur l’ampleur des rejets.

 L’ANSES ne se rapporte pas toujours aux tableaux des pourcentages rassurants d’Alteo, mais aux quantités réelles déversées en mer. Par exemple, l’Agence fait état de rejets annuels évalués à 2880 tonnes pour l’aluminium, 26 tonnes pour le vanadium, 9 tonnes pour le titane, 4 tonnes pour l’arsenic et le molybdène, 700 kg pour le chrome, 30 kg pour le plomb, 8 kg pour le cadmium (p. 24 du rapport du 2 février 2015). Est-il vraiment nécessaire de réaliser des investigations molysmologiques et d’y consacrer un budget conséquent, connaissant la grande toxicité de substances telles que l’arsenic et l’aluminium et les quantités rejetées dans un milieu aussi sensible ? Il aurait été plus utile de consacrer ce financement à la mise en place de traitement de dépollution performants permettant d’arrêter le rejet.

Situation préoccupante pour l’avenir.

On peut dire, sans trop se tromper, que la situation est préoccupante car si le rejet industriel devait se poursuivre sur plusieurs années, on assisterait immanquablement à une augmentation continue de la charge polluante pour la simple raison que la plupart des polluants incriminés ne sont pas biodégradables, donc indestructibles.

Les conséquences toxicologiques de cet accroissement de la contamination de l’eau de mer seraient encore aggravées par une concentration accrue des métaux le long des chaines alimentaires et au sein des écosystèmes. L’impact deviendrait majeur pour les prédateurs situés en bout de chaines alimentaires, au premier plan desquels la plupart des poissons !

Dépôts à terreMême déclaration rassurante.

 La société Alteo a déclaré, dans un communiqué : « Ce sont des déchets non dangereux qui ne présentent pas de risque sanitaire », sans faire référence à des investigations précises.

La monstruosité du dépôt de Mange-Garri.

 Les dépôts s’étendent sur une surface de près de 150 hectares, dans une zone anciennement classée « espaces verts » au PLU. Il faut avoir vu ce cloaque, d’un volume colossal de 5.600.000 m3, pour en mesurer la monstruosité. Il s’agrandit au rythme de 300.000 tonnes par an, soit 15.000 camions de 20 tonnes !

Des indices d’impact préoccupants.

 En plus du massacre de cet ancien coin de verdure et de promenade, ces dépôts représentent-ils une menace pour la santé des populations environnantes ?

Les études ne permettent pas de conclure définitivement, mais elles indiquent les voies prioritaires d’investigations complémentaires urgentes.

D’après les chercheurs Noack et Mangebeau, l’analyse d’échantillons de poussières, lors d’envolées par grand vent, a révélé qu’elles transportaient de l’hydroxyde et de l’oxyde d’aluminium. Ce résultat est préoccupant quand on connait le pouvoir toxique de l’aluminium sur les métabolismes cellulaires.

Hexagone a révélé la présence de nombreux métaux dans ces dépôts, dont certains à des taux très élevés, soit, par concentrations décroissantes : fer, aluminium, titane, chrome, vanadium, zirconium, zinc, cuivre, thorium, plomb, nickel, cadmium, uranium.

La CRIIRAD (Commission de recherche et d’impact indépendantes sur la radioactivité) a mis en évidence des quantités anormales de produits radioactifs, notamment la présence de l’uranium 238 (environ 140 Bq/kg) et de thorium 232 (environ 340 Bq/kg).

Air Paca, organisme agréé par le ministère de l’environnement, a réalisé, de février 2017 à février 2018, une étude sur 7 zones de prélèvement. Ce travail a révélé :

.La présence de particules fines en suspension (PM, de l’anglais « Particulate Matter) dont les valeurs s’échelonnent de 16 à 25 µg/m3 pour les particules PM 10 et de 9 à 12 µg/m3 pour les particules PM 2,5.

. L’influence des sites industriels (dépôt de Mange Garri, Usine d’alumine de Gardanne) sur cette pollution particulaire.

. Les particules PM 10 peuvent pénétrer dans l’appareil respiratoire et les particules 2,5 s’introduire dans les alvéoles pulmonaires.

. La charge en particules de l’air est aggravée par les vents et notamment par l’envol de poussières par vents forts.

. Les particules peuvent être chargées en métaux, notamment par l’aluminium, ce qui n’est évidemment pas étonnant pour une usine qui fabrique de l’alumine.

Des contradictions préfectorales alarmantes.

Récemment, 2000 tonnes de déchets industriels de Mange-Garri ont été transportés jusqu’à Bayonne et entreposés sur le port, pour utilisation par l’aciérie de Celsa.

Comment se fait-il que le préfet des Landes et celui des Pyrénées atlantiques aient non seulement refusé l’utilisation de ces déchets industriels, en raison de leur radioactivité et de leur charge en polluants et ordonné leur retour à Gardanne et que le préfet des Bouches-du-Rhône le tolère ?

Epilogue.

Si le rejet en mer n’a aucun impact comme le déclare l’industriel, on se demande pourquoi on ne le supprime pas ? On éviterait ainsi un gaspillage considérable. En effet, ces eaux « inoffensives », au volume considérable, pourraient servir utilement, sur place, à l’irrigation et à la recharge des nappes phréatiques, dans le cadre de la raréfaction de l’eau liée au changement climatique annoncé.

 En fait, comment peut-on encore tolérer qu’un industriel empoisonne la vie marine d’un Parc national avec la complicité des autorités responsables. Comment peut-on bafouer les règlements, les lois et les accords internationaux jusqu’à discréditer l’Etat français, alors qu’il suffirait de mettre en place une station d’épuration performante !

Comment tolérer les dépôts à terre de déchets industriels pollués à proximité des habitations alors que les techniques existent pour s’en débarrasser !

Faudra-t-il avoir recours à d’autres actions en justice et à d’autres démonstrations musclées ?

 

Henry Augier                                                              Michel Mazzoleni

Président d’UCL                                  Chargé de mission, représentant UCL à la CSS

BOUES ROUGES :COMMISSION PLÉNIÈRE DU 25/02/2019 – INTERVENTION UCL.

10 Fév

Le jugement du tribunal administratif de Marseille, du 20 juillet 2018, confirmé par la Cour administrative d’appel du 11 janvier 2019, a réduit de deux ans la dérogation des 6 polluants majeurs dépassant les normes européennes, soit à la fin 2019 au lieu de fin 2021.

Cette décision vient conforter notre plainte contre l’Etat français, déposée le 11 janvier 2017 auprès de la Commission Européenne mettant en exergue les infractions à 6 directives européennes signées par la France. « De nouveaux échanges avec les autorités françaises sont requis « suivant mail reçu le 07/02/2019. La décision ne devrait plus tarder.

A noter le signalement au Parquet National Financier concernant les modalités et conditions d’achats du minerai de bauxite chez Halco Mining/CBG.

Face au silence, sinon au mutisme, des autorités gouvernementales malgré les risques encourus par nos fonctionnaires au titre de l’article 40 Loi n° 2004-204, la justice parait être le seul recours pour UCL.

Les Préfets des Landes et des Pyrénées Atlantique ont signé un arrêté inter préfectoral n° 2019 -62 le 25/01/2019 pour le chantier CELSA de Bayonne, son article 1 décision « Dans ce cadre la Sté CELSA stoppe tout apport de bauxaline sur son site et toute utilisation de la bauxaline déjà présente sur le site. »

Le texte de l’arrêté, les motifs liés à la réglementation française sont disponibles.

Un retour cinglant à l’envoyeur, dont une communication glorifiant cette action qui doit être abordée à l’ordre du jour de la Commission Plénière du 25/02/2019.

Seul le préfet des Bouches du Rhône persiste et signe dans son analyse à ne pas caractériser ce résidu, utiliser ce déchet pour dépolluer (sic) un « crime ».

Dans cette optique, il est possible que les autorités françaises du 13 envisagent d’accorder une nouvelle dérogation pour des paramètres qui ne pourraient pas être respectés par Alteo dans ce délai.     UCL s’y oppose formellement et demande le respect de la décision de justice. L’usine d’alumine de Gardanne a eu plus de 50 ans pour arrêter les rejets en mer…maintenant ça suffit !

Il convient de rappeler, à ce sujet, que seuls 6 polluants ont été pris en compte par la justice, en fonction de leur concentration importante dans le rejet.

Or l’inventaire en a relevé 83 au total, dont de nombreux d’une grande toxicité à faible dose pour les écosystèmes marins. De plus, aucune étude n’a mis en évidence, le côté additif de ces polluants en mer et leurs propriétés de se concentrer le long des chaines alimentaires et des réseaux trophiques.

L’extrême sensibilité à la pollution des stades juvéniles (gamètes, œufs, larves, juvéniles, etc.) des poissons et autres organismes marins a également été laissée de côté. Les performances des techniques de dépollution mises en place ou programmée par l’industriel ne prennent pas en compte non plus ces aspects de « terrain ».

On voit par-là, qu’il y a encore matière à saisir la justice pour arrêter le scandale de l’empoisonnement de la vie marine dans un Parc national !

Dans l’éventualité où l’usine se trouverait, dans quelques temps, dans l’obligation d’arrêter ses activités, il est capital de se préoccuper, dès à présent, de la capacité de l’industriel à faire face à ses obligations de remise en état sur le site de l’usine et celui des dépôts de résidus industriels.

En effet, malgré les déclarations de ses dirigeants, Alteo Gardanne d’après ses comptes sociaux publics est en grave difficultés malgré des propos rassurant. La reconstitution du capital social de 60 millions d’euros après les pertes de 2013 à 2017 est obligatoire.

Or les comptes sont plombés par les coûts logistiques d’importation du minerai de bauxite de Guinée. Par ailleurs l’usine devra faire face aux usines d’alumine qui se construisent sur place, avec le minerai à portée de main et bénéficiant d’une main d’œuvre bon marché.

On doit, dès à présent, exiger d’Alteo Gardanne, la constitution d’une provision pour dépollution et remise en état des sites avec une augmentation de capital correspondante. Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg avait chiffré cette dépense à 200 millions d’euros, en 2014. Cette somme est certainement à revoir à la hausse !

Il ne s’agit pas, en effet, que la collectivité paie les coûts de démantèlement et de dépollution des sites et des conséquences de 120 ans d’exploitation sans contrainte, en lieu et place des actionnaires successifs.

La responsabilité d’Alteo Gardanne est immense, il ne faut jamais l’oublier. Même si elle arrivait à effacer ses nuisances terrestres, elle ne pourra jamais réparer l’immense bouleversement de la vie marine sous les gigantesques dépôts des boues rouges !

Concernant les bilans budgétaires, nous disposons des documents officiels, acte notarié du 31/07/2012, traité cession partielle d’actif du 29/05/2012, les comptes sociaux de 2013 à 2017 certifications par les Commissaires aux comptes.

Il serait d’ailleurs salutaire qu’Alteo précise à la CSS, la rubrique de l’acte notarié du 31/07/2012, « Rio Tinto Alcan après le 01/01/2026 « et pour avant Alteo. Ce qui fait l’objet d’un acte sous seing privé dont nous ignorons le contenu, à priori l’objet, les modalités et transferts de fin d’activités.

Imposer une garantie « appelable à première demande » parait du domaine du raisonnable, pour une firme si irrespectueuse des richesses de notre patrimoine environnemental.

Marseille le 10 février 2019.

Professeur et Président d’UCL       Représentant d’UCL à la Commission.

Henry Augier.                                                         Michel Mazzoleni.